Production de plastique, inertie citoyenne et dictature sanitaire : un lien piquant mais évident

 Production de plastique, inertie citoyenne et dictature sanitaire : un lien piquant mais évident

Pour illustration/123.RF

Les confinements n’ont pas fait baisser la production mondiale de plastique. Du fait des restrictions brutales de libertés dans le monde entier, on aurait pu s’attendre à une baisse de la production. Mais il faut croire que l’industrie pétro-chimique (laquelle ne fait qu’une avec l’industrie pharmaceutique, rappelons-le) n’a pas été concernée par l’ordre de cesser son activité habituelle. Sans doute les gouvernement l’ont-elle considérée comme une activité essentielle.

Pour le rappel d’un concept malheureusement incrusté massivement dans notre organisation, les plastiques actuels sont un mélange de combustibles fossiles (lesquels sont un mélange d’hydrogène et de carbone, comme ça vous avez la boucle entière) avec d’autres composés facultatifs influençant le rendu final comme le chlore, l’azote ou l’oxygène. Cette fusion de l’hydrocarbure raffiné avec d’autres molécules donne une résine solide qui est taillée en petits pellets qui sont finalement vendus aux fabricants d’objets.
En 1860 à peu près un américain du nom de famille Hyatt invente un plastique tiré de la cellulose des végétaux (une énorme molécule d’hydrates de carbone, donc de l’eau – hydrogène et oxygène – et du carbone) qui sera appelé « celluloïde ». Mais cette dernière est, nous dit-on, trop inflammable. À cette époque l’on fabriqua également un précurseur du plastique en partant de la caséine qui est la principale protéine du lait des ruminants.

En 1907 sort le premier véritable plastique fabriqué à partir d’hydrocarbures et qui porte le joli nom de « bakélite ». Était-il moins inflammable ou les raisons qui firent supplanter le plastique végétal par du plastique à base de pétrole sont-elles plus obscures que cela ? Peu après suivent le polyester, le nylon et le vinyle. La gargantuesque campagne de diabolisation du chanvre commence à cette époque et n’a rien à voir avec ses éventuels effets psychotropes mais avec la résistance et la versatilité de ses fibres textiles qui ne laissait pas de place sur le marché pour l’introduction des fibres textiles synthétiques à base de plastique.

Puis arrive la 2ème guerre mondiale et là, une majeure partie des pièces d’équipements furent fabriquées en plastique. Après la guerre, cette énorme industrie s’est vite reconvertie dans les objets domestiques de la vie quotidienne. Le plastique n’est pas moins cher à produire que le verre, mais par contre résulte bien moins cher et plus commode à transporter du fait de son poids et sa flexibilité.

Il nous semble utile de rappeler ici que le bioplastique et le plastique bio-dégradable ne sont pas la même chose. Le « bioplastique », c’est la celluloïde du tout début, tirée de la cellulose végétale. Certains bioplastiques actuels ne seraient pas bio-dégradables. Les plastiques bio-dégradables sont de leur côté composés à partir d’hydrocarbures et sont censés se décomposer dans le temps d’une vie humaine. Mais : ils ne se dégradent quasiment pas du tout à l’air libre, et requièrent pour ce faire des conditions assez précises de compostage. De plus, leur décomposition génère du méthane qui est l’un des principaux gaz incriminés dans le réchauffement climatique. C’est pourquoi les pouvoirs publics et privés devraient recycler à fond. Il faut aussi à mon sens que le consommateur boycotte systématiquement tous les emballages inutiles.

Entre 1950 et 2017, 9 milliards de tonnes de matières plastiques auraient été produites, dont seuls 9 % ont été recyclés, et 12 % ont été incinérés*. Plus d’un tiers de la production est destinée aux emballages. Presque la moitié des produits en plastique seraient jetés moins d’un mois après leur acquisition. La quantité de plastique accumulée sur Terre pourrait selon wikipedia atteindre 25 milliards de tonnes d’ici à 2050. Il s’agit-là d’une hécatombe sanitaire que nous prenons tous avec un calme exemplaire depuis maintenant beaucoup de temps. Pourtant, une grande partie du pouvoir et de l’emprise que le lobby pharmaceutique possède aujourd’hui sur la politique, contre lesquels tant s’indignent à juste titre, n’est que la conséquence directe de notre passivité individuelle chronique face aux envies de l’industrie pétro-chimique.

* La combustion de matières plastiques produit de grandes quantités de fumées toxiques.

Xelnaga

5 commentaires

  • jules vallés

    Le capitalisme est un fait social total…on ne peut pas séparer le problème du plastique de TOUT les autres problèmes, environnementaux, sociaux, politiques, économiques…
    La voie pour une (ou des) solution de la pérennité de la présence de l’homme sur Terre ne pourra commencer qu’avec l’éradication du capitalisme…
    Comment faire ? Alors là, j’avoue que je suis un peu sec !https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_unsure.gifhttps://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_unsure.gif