Inde : gigantesque grève générale contre une loi travail et pour une sécurité sociale universelle

Un an, quasiment jour pour jour, india_city_agra_taj_mahal_architecture_marble_domes_minarets_cloudy_day_sky_clouds_59156_602x339après le grande grève générale du 2 septembre 2015, au moins 150 millions de travailleurs indiens ont de nouveau paralysé le pays et massivement manifesté le 1er septembre dernier, à l’appel de dix organisations syndicales.

Encore un pays où le gouvernement veut à tout prix remettre en cause la législation du travail. Dans le cas de l’Inde, il s’agit de faciliter les licenciements et de limiter la liberté syndicale. Les organisations syndicales revendiquent au contraire « la stricte application, de toutes les lois du travail, sans aucune exception ni dérogation » et que toute infraction fasse l’objet de « sévères sanctions »,

Autres revendications : une hausse de 280% du salaire minimum et l’arrêt des privatisations et de la sous-traitance

Les syndicats exigent également un contrôle des prix et une augmentation conséquente du salaire minimum, jugeant encore insuffisante celle annoncée par le gouvernement en dernière minute pour tenter de désamorcer la mobilisation. Alors que les syndicats veulent un salaire minimum mensuel de 18 000 roupies (242 euros), le gouvernement a proposé de l’augmenter à 9 100 roupies (au lieu de 6 396 roupies actuellement).

Ils réclament également des pensions de retraite pour tous qui ne puissent être inférieures à 3 000 roupies par mois.

Dans un pays où 90% de la main d’œuvre travaille dans le secteur informel

Dans un pays où 90% de la main d’œuvre est employée dans le secteur informel et se trouve donc dépourvue de droits et de protection sociale, l’exigence d’une sécurité sociale universelle est également au cœur du conflit.

De nombreux journaliers, employés de maison et petits vendeurs ont d’ailleurs rejoint le mouvement.

Les travailleurs du secteur public étaient aussi dans l’action pour s’opposer aux privatisations et à la sous-traitance.

« Le gouvernement indien devrait entendre le message de la grève générale », souligne la CSI

Les organisations syndicales demandent aussi que les investissements étrangers soient exclus des secteurs stratégiques comme les chemins de fer et la défense.

Enfin, elles exigent que le gouvernement ratifie les normes fondamentales de l’OIT (Organisation internationale du travail) sur la liberté syndicale (convention 87) et sur la négociation collective (convention 98).

« Le gouvernement du Premier ministre indien Narendra Modi devrait prêter attention au message très clair envoyé par la grève générale » souligne la CSI (Confédération syndicale internationale), dont la secrétaire générale, Sharan Burrow, a déclaré : « … Les propositions du mouvement syndical contribueront non seulement à combattre la pauvreté endémique, elles stimuleront aussi une croissance durable et équitable en augmentant le pouvoir d’achat des gens ordinaires ».

Source: Force-ouvriere.fr

 

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