Vents violents, neige, froid: un SDF mort, deux disparus et dommages en série (mise à jour)

La météo est actuellement catastrophique en France et ailleurs, mais le principal n’est pas de savoir si telle région est touchée ou non, ni de savoir combien de temps cela va durer, le principal, c’est de se souvenir que dehors il y a des personnes qui dorment en plein froid, qui tentent de survivre, de manger, de résister dans l’indifférence la plus totale. S’il vous plait, si vous avez quelque chose à donner, une vieille couverture, une tasse de café, un peu de soupe, n’oubliez pas que cela peut être perçu comme étant plus beau que tous les rayons de soleils réunis et que vous pouvez soulager quelqu’un durant quelques minutes, quand cela ne sauve pas tout simplement une vie…

Un SDF mort probablement de froid à Paris, et dans le quart sud-est deux disparus, un ferry qui prend l’eau, plus de 50.000 foyers sans électricité et des voitures bloquées par la neige: le bilan des intempéries s’alourdissait dimanche alors que six départements restaient en vigilance orange.

Un sans domicile fixe (SDF) a été découvert mort, probablement de froid, vers 08h20, dans une rue du XVIIème arrondissement de Paris après une nuit où des températures inhabituellement basses pour la saison ont été enregistrées dans la capitale.

Un enfant britannique de 12 ans parti à vélo samedi vers 18h00 est porté disparu sur l’île de Porquerolles (Var) balayée par de fortes rafales de vent. Seul son vélo a été retrouvé.

Dans l’Hérault, un véliplanchiste de 26 ans a disparu près d’une plage de Sérignan depuis samedi. Le périmètre de recherches a été agrandi en raison des fortes rafales de vent et des forts courants qui ont pu l’entraîner loin.

Vendredi, deux étudiants étaient morts emportés par les eaux dans un canal souterrain situé sur le campus de l’université de Toulon, à la suite de fortes pluies.

Dimanche matin, un navire de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), sans passager à bord, prenait l’eau dans le port de Marseille après avoir rompu ses amarres dans la nuit, sous la pression d’un vent violent, et heurté un quai.

Ce ferry, le Napoléon Bonaparte, plus gros navire de la compagnie en terme de capacité de transport (2.650 passagers et 708 voitures) n’était pas en exploitation donc sans passager à l’intérieur.

Le choc a ouvert une brèche qui a provoqué l’inondation de deux compartiments étanches. Le navire est désormais tenu à quai à l’aide d’un remorqueur, où il penchait légèrement à tribord, selon la compagnie.

Dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, les sapeurs-pompiers ont effectué des centaines d’intervention, notamment pour des chutes d’arbres et de poteaux sur la voie publique.

Des pointes en rafale à 130 km/h ont été relevées à Murs (Vaucluse), 122 km/h à Marignane et 116 km/h à Istres, dans les Bouches-du-Rhône, selon Météo France.

Météo France souligne que ce type d’épisodes de vents violents se produit en moyenne 3 fois tous les dix ans.

Conséquence aussi de vents violents, plus de 50.000 foyers étaient privés de courant dans la région Rhône-Alpes, auxquels se sont ajoutés la neige pour les départements alpins. Les branches des arbres alourdies par le poids de la neige tombent ensuite sur les fils électriques et les cassent.

Dimanche matin, 17.000 clients étaient sans électricité en Haute-Savoie, 7.000 en Isère et 5.000 en Savoie. Dans la Drôme et l’Ardèche, quelque 23.000 foyers étaient également privés de courant, selon ERDF, filiale d’EDF.

Près de 5.000 familles l’étaient également dans les Bouches-du-Rhône, selon la préfecture qui a activé une cellule de suivi.

Les intempéries affectent aussi la circulation. Une quarantaine d’automobilistes ont été bloqués en Isère par des chutes de neige inhabituellement abondantes. Les véhicules, qui n’étaient pas équipés de pneus neige, n’ont pas réussi la nuit dernière à emprunter la rampe de Laffrey, qui relie Gap à Grenoble. La mairie de la commune a ouvert un gymnase pour recueillir les naufragés de la route.

Météo France a maintenu dimanche matin six départements en vigilance orange jusqu’au soir: l’Ardèche, la Drôme et l’Isère, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et les Pyrénées-Orientales.

L’alerte a été levée en revanche dans le Var car le mistral s’est légèrement atténué même si le vent continue de souffler.

En Isère, les chutes de neige étaient importantes en montagne, notamment sur les massifs de la Chartreuse et du Vercors où l’on relève déjà de 40 cm à 50 cm de neige fraîche.

En Ardèche et dans la Drôme, le vent était violent en plaine atteignant 110 km/h à Aubenas et 105 km/h à Montélimar. Une accalmie n’était pas prévue avant la nuit.

Source: Agence de presse via Romandie

Une petite mise à jour sur le sans domicile fixe qui a perdu la vie dans une grande indifférence:

Des SDF dans une rue à Paris, le 27 octobre 2012

Des SDF dans une rue à Paris, le 27 octobre 2012 (Photo Kenzo Tribouillard. AFP)

Un bouquet de chrysanthèmes a été déposé dimanche sur le trottoir de la rue Kellner, à Paris (XVIIe). C’est là qu’est mort dans la nuit, probablement de froid, Bernard, un SDF de 59 ans, ancien légionnaire dont la santé s’était détériorée, se souviennent les habitants du quartier.

« C’est un coup de froid. Moi j’ai rien vu », reconnaît son dernier compagnon d’infortune, Florent, qui a passé la nuit à côté de lui devant le numéro 14, dans le renfoncement d’immeuble où ils s’étaient installés depuis au moins deux ans, sans se douter du drame qui se jouait.

Florent ne savait presque rien de lui, sauf qu’il avait perdu sa femme à un moment donné et que cette dernière fumait beaucoup. « Je sais pas d’où il venait, mais il était gentil. Des fois, il buvait un peu trop », dit le SDF, petit et mal rasé, enfonçant son bonnet sur sa tête.

Bernard ne voulait pas aller en centre d’hébergement, se souvient Jean-Luc, un fonctionnaire qui dit le connaître depuis 45 ans et venait le voir régulièrement dans ce quartier populaire du nord de Paris. « Je l’ai connu légionnaire. Un grand bonhomme comme ça, en galon, ça marque. Mais il a plongé dans l’alcool, comme d’autres », raconte-t-il.

C’est Jean-Pierre, un autre habitant du quartier, qui a découvert le décès: « Je suis passé ce matin, J’ai dit +bonjour+, personne n’a bougé. Je suis repassé plus tard. Là Florent a bougé, mais Bernard, il avait un visage bizarre, tout blanc. J’ai demandé à un monsieur d’appeler les pompiers ».

Source: Libé

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