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Instit’ depuis 24 ans, je suis venu vous dire que je démissionne (MàJ)

Réduction des effectifs, des moyens, suppression de la carte scolaire, modification des manuels avec en prime suppression de certaines grandes figures et dates de l »histoire, l’éducation est mise à mal depuis plusieurs années déjà et on peut comprendre de ce fait le raz le bol de bon nombre d’enseignants. Cet enseignant là en a marre, il a décidé de démissionner et voici sa lettre:

http://retraitbaseeleves.files.wordpress.com/2008/12/cancres.jpg

Source de l’image: retraitbaseeleves

Un ancien directeur d’école nous a fait parvenir la lettre de démission qu’il vient d’envoyer à l’inspecteur d’académie de l’Essonne. Il y explique ne plus avoir sa place au sein d’un système éducatif qui n’a que faire d’une pédagogie respectueuse de l’enfant

Je souhaite par ce courrier, monsieur l’inspecteur, vous présenter ma démission. Depuis la fin des années 80, je n’ai pu qu’assister à la dégradation de la liberté éducative et pédagogique de l’enseignant, et à l’appauvrissement du champ éducatif à l’école.

Sous couvert d’un « recentrage » perpétuel vers l’acquisition de « fondamentaux », de socle, l’école primaire s’est appauvrie, s’est repliée sur elle-même ; elle s’est coupée des ressources de son environnement naturel, à la fois urbain, familial et social.

Le temps et le champ de l’enseignement se sont retrouvés de plus en plus quadrillé d’objectifs, d’injonctions et de contrôles. Les possibilités pour les enseignants comme pour les élèves, de faire preuves d’initiative et d’autonomie sont progressivement et toujours plus rognées par des injonctions dans tous les domaines et une inflation de règlementations dissuasives.

Restriction de la liberté éducative

Le plan Vigipirate, l’alourdissement des procédures d’autorisation de sortie, ou d’intervention de tiers, la règlementation des activités physiques […] ont constitué autant d’entraves au développement d’un climat éducatif souhaitable, dans les classes et dans les écoles.

Qui peut encore en effet, dans sa classe et dans son école, sortir en toute simplicité, faire la cuisine, utiliser les transports en commun, faire participer les parents au quotidien de la classe, faire une sortie vélo avec ses élèves ou organiser un séjour avec eux ?

Sans que l’on y prenne garde, c’est toute la liberté éducative nécessaire à l’apprentissage de l’autonomie et au développement des relations éducatives de base qui se sont retrouvées progressivement rejetée hors de l’école.

Inflation des évaluations en tous genres

A la place, nous avons connu une inflation des évaluations en tous genres, nationales, de circonscription ou exceptionnelles, qui prennent de plus en plus de temps, de plus en plus de place et qui déterminent lourdement le quotidien des élèves, comme celui des enseignants.

Cette tendance est allée si loin, que l’on peut se demander si l’enseignement à l’école n’est pas en train de perdre tout sens en se réduisant à la simple préparation… de ses propres évaluations.

En vingt-quatre ans, je n’ai observé également aucun progrès dans la formation ou l’accompagnement des jeunes enseignants.

La formation éducative, l’accès à une formation consistante dans les domaines de la connaissance du développement psycho-affectif de l’enfant, de la connaissance des réalités sociales et contraintes des familles les plus précaires, sont toujours refusés aux jeunes enseignants qui subissent de plein fouet les peurs, les préjugés, auxquels les expose leur impréparation.

Des relations d’autoritarisme et de servilité

Membre de l’Icem pédagogie Freinet [pédagogie fondée fondée sur l'expression libre des enfants, ndlr] de longue date, j’aurais souhaité contribuer à l’intérieur de l’Education nationale au développement d’une pédagogie respectueuse de l’enfant, de ses besoins et de ses aspirations.

Je suis malheureusement aujourd’hui forcé de constater que de telles pratiques pédagogiques n’ont plus de place dans l’Education nationale, telle qu’elle est devenue.

Les sanctions, ou plus banalement les brimades et dénis de reconnaissance pleuvent sur nos collègues et camarades qui, partageant nos principes, refusent les modes d’évaluation néfaste, l’absurdité du » soutien scolaire » obligatoire, ou le fichage des enfants dans Base Élèves.

La relation avec la hiérarchie s’est tellement dégradée qu’il n’y a plus de place aujourd’hui dans notre institution que pour des relations d’autoritarisme et de servilité qui empêchent le développement de toute créativité nécessaire à l’acte d’éduquer. Aujourd’hui, Monsieur l’Inspecteur, il devient clair que c’est en dehors de l’école que peuvent se développer de véritables innovations pédagogiques et éducatives.

Mon attachement profond à l’éducation et à la pédagogie

C’est pour cette raison, que dans le cadre de l’action associative, je contribue à promouvoir de nouvelles formes de travail éducatif qui, répondant à des besoins sociaux pressants, ne trouvent pas de place à l’école.

C’est également pour cette raison que dans le cadre de la formation professionnelle, je contribue à développer des actions de formation propres à aider les éducateurs d’aujourd’hui à devenir les véritables promoteurs et ingénieurs de leur pratique professionnelle et éducative.

Constatant que ces objectifs n’ont plus aujourd’hui de place dans l’Education nationale, je vous prie donc de prendre en compte ma démission. Dans cette perspective, je vous prie de croire en mon attachement profond à l’éducation et à la pédagogie.

Source: rue89.com

Un petit rajout qui est le bienvenu, le niveau de notre système scolaire passé en revue avec un bilan très lourd: 40 000 illetrés/an! Et on reste dans le sujet…

dossiers du contribuable enseignement public

Septembre : la rentrée scolaire et les grèves… La gabegie et la chienlit minent notre enseignement public qui fabrique 40 000 illettrés par an.

Dans ce n°3 des Dossiers du Contribuable, nous révélons le rapport coût efficacité de notre enseignement public. Il est déplorable, comme le montrent les indicateurs internationaux.

Le classement 2009 de l’enquête PISA (Programme for International Student Assessment, en français : programme international d’évaluation des élèves) réalisée tous les trois ans auprès de jeunes de 15 ans dans les 34 pays membres de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et dans de nombreux pays partenaires, mesure leur niveau de connaissances en lecture, mathématiques et sciences. La dernière enquête remonte à 2009. La France n’y brille pas : en légère baisse depuis 2006, elle végète dans la moyenne des pays de l’OCDE.

En tête : les Chinois (de Shanghai, Hong-Kong, Taiwan et Singapour), les Sud-Coréens et les Japonais. En Europe, les Finlandais talonnent les Chinois et les Sud-Coréens.

La prochaine enquête PISA, l’année prochaine, confirmera sans doute le déclin français. Notre enseignement public fabrique 40 000 illettrés par an…

87 milliards de budget

Pourtant, l’ensemble géré par le ministère de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche absorbe la plus grosse dépense de l’État : 87 milliards d’euros sur un budget total de 363 milliards, à quoi s’ajoutent les contributions financières des collectivités locales.

L’enquête PISA montre que les pays les plus performants ne sont pas les plus dépensiers par élève, mais ceux où règne la discipline scolaire. Hélas, une relative minorité d’élèves non éduqués ou encouragés par leurs parents propagent l’anarchie dans notre enseignement public, saccageant l’efficacité pédagogique : réduction du temps effectif de travail, stress des enseignants et des autres élèves…

19% des étudiants sans diplôme

Une enseignante des collèges nous a décrit cet enfer, anonymement, par crainte de sa hiérarchie. Pour tenir une classe indisciplinée, il faut en réduire la taille. De 1995 à 2009, le nombre des élèves a diminué, celui des enseignants augmenté. L’indiscipline contribue à faire de l’élève français du secondaire l’un des plus coûteux de l’OCDE.

La tâche des enseignants du secondaire est d’autant plus   lourde que de plus en plus d’enfants leur arrivent du primaire sans savoir lire, écrire et compter. Certains appellent de leurs vœux un rétablissement des méthodes traditionnelles d’apprentissage à l’école. Au terme du secondaire, le bac, presque donné (86% de réussite), ouvre automatiquement les portes de l’université. Conséquence : 19% des étudiants en ressortent sans diplôme. Coût de cet échec : un milliard d’euros. Et le niveau des préparations aux grandes écoles descend.

Notre dette souveraine exorbitante et notre croissance économique en berne (0% au deuxième trimestre, selon l’INSEE) imposent d’améliorer la productivité de notre enseignement public. Pour cela, il faut rétablir la discipline, développer l’e-learning (l’apprentissage par Internet et DVD), et déléguer à des sociétés privées la gestion des établissements scolaires. À noter que l’enseignement public coûte à la collectivité nationale (État, collectivités locales, familles, entreprises) entre 30 et 40% plus cher que le privé sous contrat pour des résultats scolaires identiques, voire meilleurs dans le privé…

Source: lecri.fr

11 réponses à Instit’ depuis 24 ans, je suis venu vous dire que je démissionne (MàJ)

  1. Hello,

    France ou Belgique, même combat sauf qu’en Belgique il n’est plus possible d’aller encore plus bas, on a déjà touché le fond depuis bien longtemps. Comparativement, la qualité de l’enseignement français permet encore une reconnaissance des diplômes à l’étranger, ce qui est loin d’être le cas avec le belge. Essayez d’immigrer au Canada avec le même titre, le belge n’est pas accepté que le français, l’est.

  2. « les pays les plus performants ne sont pas les plus dépensiers par élève, mais ceux où règne la discipline scolaire »
    « Notre dette souveraine exorbitante et notre croissance économique en berne (0% au deuxième trimestre, selon l’INSEE) imposent d’améliorer la productivité de notre enseignement public. »
    quand ces tristes clowns comprendront ils que traiter des enfants comme des variables d’ajustements n’est pas digne d’un être humain?
     
    « Hélas, une relative minorité d’élèves non éduqués ou encouragés par leurs parents propagent l’anarchie dans notre enseignement public, saccageant l’efficacité pédagogique »
    ordure!

  3. A l’école primaire, on est censés enseigner l’histoire des arts à des gamins de 8 ans qui ne savent ni lire ni écrire correctement !!
    Franchement, y’a peut-être plus efficace à faire! A chaque ministre sa réformette qui rajoute une couche de bric à brac supplémentaire à nos programmes, sans tenir compte du fait que les enfants apprennent moins vite, sont plus vite fatigués et distraits qu’il y a 10-15 ans. Et ne parlons pas des écoles qui font théâtre, épanouissement, activités en tout genre pour plaire aux enfants, mais ce n’est pas ça qu’on fait des études!!
    Je suis peut-être réac, mais comme le démissionnaire, ça me fait mal au coeur de voir sacrifiée notre culture française sur l’autel de la démagogie et de la mode.

  4.  
    En ce qui me concerne, j\’ai pour projet de retirer mes enfants de ce système scolaire car j\’ai pu constater amèrement que ce dernier se dégrade à une vitesse grand V, et j\’ai également eu la douleur d\’assister à la bêtification de nos pauvres gosses ! Il suffit ! :evil:  Je refuse que l\’on tronque l\’histoire de france, le français, la géo, etc… Et ne parlons pas de l\’orthographe… de la grammaire, de la conjugaison bref… Sortons nos enfants de ce bourbier ! M. Luc Chatel honte à vous de laisser nos enseignants dans la mouise, nos enfants dans un brouillard total avec pour seul futur un néant absolu !
    Pfuittt, j\’arrête là autrement j\’y passerais la nuit :( et je deviendrais sacrément virulente ! :twisted:

  5. le constat est affligeant
     
    je suis juste critique quand a la conclusion de la 2eme partie, qui se basant sur une realité propose des solutions qui ne feront qu’empirer les choses.
    voir le conférences de Franck lepage (notament « Inculture II » sur l’education)
    que l’on peut trouver ici : http://www.scoplepave.org/conferences-gesticulees (de l’or en barre promis) sur base de spectacle comique. A voir, c’est un régal.

  6. y a pas vraiment de surprise.
    avec un ministre de l’education nationale qui ne sait pas faire une regle de trois,on est tout à fait en ligne.

  7. 40 000 illettrés par an?

    Et le nombre de nouveaux immigrants par an c combien?

    Sans doute aucun rapport…

    Après avoir alphabétiser les gens, ils veulent nous re-bêbêtiser!!! Pourvu que les prochains iPad soient pourvu d’une voix aidant les nouveaux abrutis à lire vos fabuleux articles! 8O

    bééé
    – i’m not a robot, i’m a moutmout -

  8. La rentrée en chiffres, ça vous tente?

    Douze millions d’élèves de la maternelle à la terminale, et en face d’eux, huit cent cinquante mille professeurs, soit seize mille de moins qu’en 2010 : sur le tableau de la rentrée – très noir pour l’opposition, les syndicats et les associations de parents d’élèves -, ce sont les seuls chiffres auxquels on peut se fier. Car pour le reste, dans la guerre de statistiques scolaires que se livrent traditionnellement le ministre de l’Éducation et les syndicats, les écarts sont très surprenants de la part de ceux qui sont censés apprendre à compter à nos enfants !

     

     

    Première surprise, le ministre Luc Chatel faisant sa rentrée sur France Inter parle de ces « 180 000 élèves par an qui quittent le système éducatif sans qualification »… Soit 30 000 de plus, rien que ça, que le chiffre que droite et gauche s’envoient régulièrement à la figure dans les débats sur notre système scolaire… Si on est aujourd’hui, comme le déplore le ministre lui-même, plus près des 200 000 élèves en situation d’échec scolaires que des 150 000 affichés jusqu’à présent, la période est-elle bien choisie pour dégarnir les rangs des professeurs rentrée après rentrée ? Oui, affirme Luc Chatel sûr de lui, « puisqu’il y a aujourd’hui beaucoup moins d’élèves qu’il y en avait il y a vingt ans ». En cette rentrée 2011, il y aurait selon ses calculs 500 000 élèves de moins qu’en 1991 et 35 000 professeurs de plus.

    Oui mais, en cette même rentrée, il y a dans le secondaire 4 800 professeurs de moins pour 40 000 élèves de plus que l’année dernière selon le ministère, 80 000 selon le SNES-FSU.

    Quand ce genre de grand écart entre gouvernement et syndicat porte sur le nombre de manifestants dans la rue, on peut en sourire. Mais là, on s’interroge.

    Et lorsque Luc Chatel place la rentrée sous le signe de la « personnalisation » c’est-à-dire d’un meilleur suivi individuel de chaque élève, on se demande comme il pourra concilier cette bonne intention avec la diminution constante du nombre de professeurs, conseillers pédagogiques et assistants… À un mois et trois jours du premier tour de la primaire socialiste, la copie des candidats pour cette rentrée scolaire brille aussi par ses imprécisions. Si tous, avec un bel ensemble, condamnent les 66 000 suppressions de postes de professeurs depuis le début du quinquennat, aucun ne se risque à remplir la colonne créations de postes dans son programme pour 2012.

    Arrêter « l’hémorragie » de postes et redéployer les moyens en fonction des besoins, voire rouvrir le débat sur les heures de présence des professeurs, ce sont aujourd’hui les seules promesses faites par les favoris de la primaire socialiste. S’agissant du premier budget de l’État…

    Source: http://www.lavoixdunord.fr/France_Monde/actualite/Secteur_France_Monde/2011/09/06/article_la-rentree-des-chiffres.shtml

  9. Ben oui, moi aussi, ex-instit, j’ai quitté l’enseignement  après 15 ans de service… Ras le bol de voir que ce qui nous est demandé est de fabriquer des moutons incultes, analphabètes et sans esprit critique…
    Vive la méthode Freinet qui fait des adultes, pensants et responsables!Et bien sûr cette méthode n’est pas encouragée, quel gouvernement véreux voudrait de ce genre de « sujets » à gouverner??
    Et même la « pédagogie traditionnelle » qui a aussi fait ses preuves dans les mains des instits, subit des entraves en permanence.
    Pendant nos études, on nous disait « la plus grosse erreur que vous puissiez commettre est de passer au dessus de la tête de vos élèves, dans votre métier, il ne suffit pas de posséder une matière, il faut surtout être capable de la transmettre aux enfants. »
    Où sont les Joseph Pagnol, où sont les vrais instits de France?? Depuis quand confie t-on les enfants du primaire à des professeurs de lycée ou de collège qui n’ont pas la pédagogie requise pour enseigner à ce niveau et pour transmettre leur savoir?
    L’enseignement est une honte!! Mais rassurez-vous, c’est voulu!! :twisted:

  10. Dommage… l’instruction n’est pas l’intelligence mais un peuple instruit est un peuple fort. Et puis par les temps qui court il faut bien trouver de l’argent quelque part. Au final, c’est une pierre deux coup… « on » s’enrichi et on fait de nos enfants des futures moutons illettrés et facilement manipulables. Ne dit-on pas qu’un enfant qu’on respecte aujourd’hui est un homme qu’on gagne demain?
    Les masques vont bientôt tomber…