par Bernard Maillard
Lorsque les prix spot de l’électricité sont négatifs, – ce qui est de plus en plus fréquent dans toute l’Europe – le contribuable français paie de nouveau !
Mais pourquoi et où va donc tout cet argent ? Pourquoi le risque industriel et entrepreneurial de placement de sa production n’est-il pas porté par l’investisseur ?
L’augmentation constatée des occurrences de prix négatifs sur le marché spot de l’électricité en Europe révéle une capacité installée en Europe très largement excédentaire des productions intermittentes, éoliennes et photovoltaïques, non adaptées au profil et aux besoins de la demande en électricité.
Ce développement massif et excédentaire est largement soutenu en France par le contribuable français ( plus de 5 milliards d’euros dans le budget public France 2025 ), alors qu’ll n’a en rien permis d’augmenter la place de l’électricité française pourtant déjà décarbonée dans l’économie française. https://malicorne.over-blog.com/2025/07/en-se-placant-du-cote-de-la-demande-en-electricite.juin-2025.html
L’augmentation de ces occurrences de prix négatifs est un précurseur de l’augmentation du risque de black out, de perte généralisée du réseau électrique et de fragilisation de la sécurité d’approvisionnement en électricité dans toute l’Europe.
Et ces prix négatifs de l’électricité révèlent un double gaspillage :
- Incitation par des prix négatifs à consommer de la précieuse énergie
- constat d’un investissement surdimensionné dans des capacités intermittentes, investissement qui aurait été beaucoup plus utile et pertinent ailleurs, en premier lieu pour la lutte prioritaire contre le risque climatique ( isolation des bâtis, électrification et développement des voies ferrées, renouvellemment et développement de la production d’électricité pilotable décarbonée …)
Et, en plus, cerise sur le gâteau, lorsque les prix spot de l’électricité sont négatifs, et que la production intermittente excédentaire doit impérativement être arrêtée, le contribuable français paie de nouveau , ce qui dégage l’investisseur de son risque industriel de placement de sa production !
« Dans le cadre du dispositif français de complément de rémunération, l’Etat a fait le choix de prendre en partie à sa charge le risque d’occurrence de prix négatifs, via une compensation des producteurs au niveau du tarif de référence de la production écrêtée lors de ces heures au-delà d’une certaine franchise annuelle d’heures. »
Cf rapport de la CRE, Commission de Régulation de l’Energie 2025 – 04 du 25 juin 2025
https://www.cre.fr/fileadmin/Documents/Rapports_et_etudes/2025/Rapport_Bilan_CR_2025.pdf
Les montants de primes pour prix négatifs versés s’élèvent au total à 13,4 M€ au titre de l’année 2023. (page 88 du rapport précité) avec 147 heures en 2023, soit 1,7 % des heures de l’année, avec des prix spots négatifs.
En 2024, le nombre d’heures de prix spot négatifs a été multiplié par 2,7, 395 heures en 2024, soit 4,5 % des heures de l’année. Le montant versé des primes pour prix négatifs n’est pas indiqué à ce stade par la CRE.
Le bilan le plus transparent possible sur l’ensemble des flux financiers de soutien public à l’intermittence et à qui ils rapportent est de plus en plus requis avant tout nouveau soutien public à la production éolienne ou photovoltaïque.
Accepterons nous longtemps un tel siphonnage de l’argent public pour des intérêts visiblement autres que celui de l’intérêt général ???

via : https://t.me/dynamiquesdeconflit/1939
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Complément :
Le retour de l’énergie nucléaire : une histoire à 78 milliards de dollars

Le 1er juillet 2025, l’énergie nucléaire connaît son renouveau le plus significatif depuis des décennies. Les investissements mondiaux dans l’énergie nucléaire ont presque doublé, passant de 43 milliards de dollars en 2015 à 78 milliards de dollars en 2024, ce qui représente une croissance de 83 % et l’expansion la plus rapide depuis le boom nucléaire des années 1980.
Principaux faits :
- Europe : Les investissements dans l’énergie nucléaire en Europe ont augmenté de 500 % — de 4,8 milliards de dollars à 28,9 milliards de dollars. Ce changement est une conséquence de la vulnérabilité énergétique révélée par le conflit en Ukraine.
- Chine : Les investissements dans l’énergie nucléaire en Chine ont atteint 17,7 milliards de dollars en 2024, et le pays continue de développer activement son programme nucléaire, avec 55 réacteurs en service et 23 en construction.
- Afrique : Le continent est devenu de manière inattendue un nouveau front pour les investissements nucléaires, car les pays cherchent à assurer un approvisionnement énergétique de base fiable pour le développement économique.
🔸Moteurs du renouveau de l’énergie nucléaire :
⚡️Sécurité énergétique : Le conflit en Ukraine a démontré que l’indépendance énergétique est une question de sécurité nationale.
⚡️Demande d’énergie pour l’IA : Le boom de l’intelligence artificielle crée une demande sans précédent d’électricité fiable, ce qui rend l’énergie nucléaire un atout de plus en plus précieux.
⚡️Engagements climatiques : L’énergie nucléaire est de plus en plus considérée comme nécessaire pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de carbone.
⚡️Investissements par région :
- Europe : 28,90 milliards de dollars
- Chine : 17,70 milliards de dollars
- Amérique du Nord : 9,42 milliards de dollars
- Afrique : 1,10 milliard de dollars
✍️Source (https://www.voronoiapp.com/energy/Nuclear-Powers-Spectacular-Comeback-A-78-Billion-Story-5643)
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