Agression masquée en guerres civiles…

C’est malheureusement le constat. Il y aura encore beaucoup de victimes de ces guerres, que l’on nous vend pour « humanitaires et démocratiques » simplement pour que nous soutenions ces tueries. Proposé par Françoise G. Partagez !

Si l’on veut bien prendre un peu de recul, on constatera que les différents conflits qui ont ensanglanté depuis seize ans tout le Moyen-Orient élargi de l’Afghanistan à la Libye n’ont pas été une succession de guerres civiles, mais l’application d’une stratégie régionale. Rappelant les objectifs et les tactiques de ces guerres depuis le « Printemps arabe », Thierry Meyssan observe la préparation des suivantes.


Fin 2010, débutait une série de guerres initialement présentées comme des soulèvements populaires. Successivement, la Tunisie, l’Égypte, la Libye, la Syrie et le Yémen étaient emportés par ce « Printemps arabe », réédition de la « Grande révolte arabe de 1915 », initiée par Lawrence d’Arabie à la seule différence qu’il ne s’agissait plus cette fois de s’appuyer sur les Wahhabites, mais sur les Frères musulmans.

Tous ces événements avaient été minutieusement planifiés par le Royaume-Uni à partir de 2004, ainsi qu’en attestent les documents internes du Foreign Office révélés par le lanceur d’alerte britannique Derek Pasquill [1]. À l’exception du bombardement de Tripoli (Libye), en août 2011, ils ressortaient non pas uniquement des techniques de déstabilisation non-violentes de Gene Sharp [2], mais aussi de la guerre de 4ème génération de William S. Lind [3]

Mis en œuvre par les armées US, le projet britannique de « Printemps arabe » se superposa avec celui de l’état-major états-unien : la destruction des sociétés et des États à une échelle régionale, telle que formulée par l’amiral Arthur Cebrowski, popularisée par Thomas Barnett [4], et illustrée par Ralph Peters [5].

Les événements semblaient s’apaiser au second trimestre 2012, de sorte que les États-Unis et la Russie convenaient ensemble à Genève d’un nouveau partage du Moyen-Orient, le 31 juin.

Pourtant les États-Unis ne respectaient pas leur signature. Une seconde guerre débutait en juillet 2012, en Syrie, puis en Irak. Aux petits groupes et aux commandos succédaient de vastes armées de Terre composées de jihadistes. Il ne s’agissait plus d’une guerre de 4ème génération, mais d’une classique guerre de position, adaptées aux techniques d’Abou Bakr Naji [6].

Cette fois, conformément aux travaux de Robin Wright [7], la volonté de prévenir la réouverture de la « route de la soie » se superposa aux deux objectifs précédents lorsque la Chine dévoila son ambition.

Les événements semblèrent à nouveau s’apaiser au dernier trimestre 2017 après la chute de Daesh, mais les investissements dans ces conflits avaient été tels qu’il paraissait impossible pour les partisans de la guerre de renoncer sans atteindre leurs buts.

On assista alors à une tentative de relance des hostilités avec la question kurde. Après un premier échec en Irak, ce fut un second en Syrie. Dans les deux cas, la violence de l’agression avait poussé la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie à s’unir contre l’ennemi extérieur.

En définitive, le Royaume-Uni a décidé de poursuivre son objectif initial de domination via les Frères musulmans et vient de constituer pour cela le « Petit groupe », révélé par Richard Labévière [8]. Cette structure secrète comprend l’Arabie saoudite, les États-Unis, la France et la Jordanie.

De leur côté, les États-Unis, appliquant le « Pivot vers l’Asie » de Kurt Campbell [9], viennent de décider de concentrer leurs forces contre la Chine. Pour cela, ils reforment avec l’Australie, l’Inde et le Japon, le Quadriennal Security Dialogue.

Pendant ce temps, l’opinion publique occidentale croit que l’unique conflit qui a déjà dévasté tout le Moyen-Orient élargi, de l’Afghanistan à la Libye, est une succession de guerres civiles pour la démocratie.

 

 

Thierry Meyssan pour Réseau Voltaire

 

[1] When Progressives Treat with Reactionaries. The British State’s flirtation with radical Islamism, Martin Bright, Policy Exchange, September 2004. “I had no choice but to leak”, Derek Pasquill, New Statesman, January 17, 2008.

[2] Making Europe Unconquerable : The Potential of Civilian-based Deterrence and Defense, Gene Sharp, Taylor & Francis, 1985.

[3] “The Changing Face of War : Into the Fourth Generation”, William S. Lind, Colonel Keith Nightengale, Captain John F. Schmitt, Colonel Joseph W. Sutton, Lieutenant Colonel Gary I. Wilson, Marine Corps Gazette, October 1989.

[4] The Pentagon’s New Map, Thomas P.M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004.

[5] “Blood borders – How a better Middle East would look”, Colonel Ralph Peters, Armed Forces Journal, June 2006.

[6] The Management of Savagery : The Most Critical Stage Through Which the Umma Will Pass, Abu Bakr Naji, 2005. English version translated by William McCants, Harvard University, 2006.

[7] “Imagining a Remapped Middle East”, Robin Wright, The New York Times Sunday Review, 28 septembre 2013.

[8] « Syrieleaks : un câble diplomatique britannique dévoile la « stratégie occidentale » », par Richard Labévière, Observatoire géostratégique, Proche&Moyen-Orient.ch, 17 février 2018.

[9] The Pivot : The Future of American Statecraft in Asia, Kurt M. Campbell, Twelve, 2016.

4 commentaires

  • Bormes

    Thierry Meyssan, toujours aussi excellent dans ses articles et analyses,

  • SANTE

    Voltigeur, pas besoin d’aller en Syrie ou en Ukraine:
    un ou des incendies par jour en Rhône Alpes et Drôme Ardèche

    http://www.ledauphine.com/actualite/recherche?page=1
    Les pompes des pompiers ne sont prévues pour le gel (Lozere) ou ils ne mettent pas d’antigel deans leur citernes(Drôme)
    Occupons nous déà de chez nous avant de nous retrouver dans la même situation.
    Les assurances ne remboursent pas dans de telles situations.

    • Bormes

      Je suis ben d’accord, mais pour cela comme pour tout en France, il faut du budget,

      Or toutes les possibles marges budgétaires passent dans les intérêts des dettes et dans l’armée,

      Au fur et a mesure que la France paie les banquiers et le militaire pour toute l’europe et pour les US via l’OTAN, nous rognons tout ce que l’on peut sur l’éducation, les acquis sociaux et les services publics.

      Et pourtant la solution est assez simple,
      3 actions simples restaurent beaucoup de marges de manoeuvre budgétaire…

      • Bormes

        Voltigeur, si tu juges que cela trop lourd enleve le.
        Je pense que cela mériterais peut être un article débat complet sur la dette et sur la capacité de la France a restaurer sa souveraineté, et a mener le monde vers une nouvelle voie globale.

        Dette public:
        http://www.dettepublique.fr/

        https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/files/documents/ressources_documentaires/documentation_budgetaire/chiffres_cles/Chiffres_cles_budget_Etat_2017.pdf

        PIB de la France env 2300. Milliards d euro.
        Le PIB aurait augmenté de 1,1% en 2017
        Dette de la France env 2300 Mds. ( cout 2017 de 42Mds)
        Recette du budget de l ETAT, 306 Mds dont redistribution de 44 Mds pour les collectivités locales, et 18 Mds pour l UE.
        RESTE 247 Mds de RECETTE
        Dépense du budget de l ETAT, 322 Mds

        Déficit 74 Mds, dont 42 Mds de charge de la dette.

        Les dépenses de l état représente donc 15% du PIB,
        Le déficit représente 3% du PIB

        Equilibrer le budget signifierait, soit augmenter les impots de 74 Mds (30%), donc de baisser d autant le pouvoir d achat, donc l economie, soit de baisser les dépenses de 74Mds (25%) donc de baisser le PIB et de passer en récession, ou une proportion des 2.

        C est juste infaisable sans un changement radical de vision politique.

        Tout remboursement de la dette ou baisse des dépenses de l état impacte directement le PIB et nous approche de la récession.
        Toute augmentation des impôts et de charges impacte directement la croissance, et nous approche de la récession.

        Le programme de Macron est le même que ses prédécesseurs, c est a dire respecter les obligations européennes, les GOPE, qui sont ordonnées par les Multinationales, car ce sont elles qui contrôlent l Europe.
        Pour rappel, c est De Gaulle qui avaient mis en place ces acquis.

        Nous suivons le même chemin que la Grèce et les grecques mais de manière plus douce,
        Augmentation de la dette.
        Privatisation de toutes les infrastructures.
        Destruction des acquis sociaux,
        Baisse des retraites,
        Baisse de l assurance maladie
        Baisse de la prise en charge du chomage,
        Etc,
        Baisse indirecte des salaires, donc du pouvoir d achat en n augmentant pas les salaires de l inflation REELLE.
        Bref, c est un retour en arrière vers une société archaïque, sans structure, comme en Afrique, peuple démerde toi pour survivre.
        J exagère un peu, mais on y va…

        Le problème c est la croissance !!
        En réalité, aujourd hui il n y a plus de croissance mondiale, OR nous sommes dans un modele économique mathématique qui ne fonctionne qu en croissance, c est bien la le problème de fond !!

        Le monde est fini, et ses ressources aussi, la population mondiale ne peut pas vivre comme la population occidentale, il va donc falloir des ajustements.

        Le problème est également la mondialisation a marche forcée, sans adapter les pays dans cette démarche, mais bien de faire le contraire pour le plus grand profit de ceux qui n ont pas de pays, et ne payent pas d impôts.

        Tous les pays Européens sont en concurrence, ils détruisent leurs acquis sociaux d après guerre, sur demande de l Europe et sans gros résultats sur leur économie puisque ça ne résous pas le problème de fond, et toujours pas plus de croissance…

        Macron ne PEUT pas appliquer une politique de préservation de l emploi sans précariser et appauvrir les travailleurs et le peuple.
        Il ne PEUT pas redonner de l air aux entreprises PME PMI sans augmenter les impôts et les charges des particuliers, ce qu il fait, même en détruisant les acquis, ce qu il fait.

        Macron est dans une impasse pour la France car il n est PAS libre de faire la politique qu il faudrait, c est a dire relancer l économie en redonnant du pouvoir d achat, car le budget ne le permet pas, donc pas de croissance monétaire, donc ca ne marche pas ! C est mathématique.

        Toutes ces politiques sont utilisées depuis le 1er choc pétrolier de 1974 par les pays occidentaux. Ca ne marche pas !

        En réalité, la seule croissance possible se fait au détriment d autres pays, ou entreprises, c est la croissance externe particulièrement utilisée par les USA et les traités de libre échange et par les Multinationales qui détruisent et/ou absorbent leurs concurrents.
        Il est facile d etre compétitif lorsque l on ne paye pas d impôts ou très tres peu.
        Ex l Allemagne au détriment des autres pays Européen et avec l appauvrissement des travailleurs allemands, ca sert a quoi ?
        Ex les GAFFA qui suppriment des millions d emplois a travers le monde sans contribuer aux fonctionnement économique des structures ce même monde, ca sert a quoi ?

        Le problème est de refaire tourner l économie France correctement, puis de changer de modele vers un modele sans croissance.

        Pour la 1ère étape ce n est pas très compliqué, il suffit juste de traiter quelques points simples, en retrouvant notre pouvoir régalien, en libérant les énergies de NOS entreprises et en rééquilibrant les impots, ce qui je pense peut se faire en 1 quinquennat ( qui devrait être un septennat unique )

        Avoir un budget largement positif:
        Retrouver le contrôle de sa monnaie et de sa dette en empruntant a sa banque centrale comme le font les banques commerciales. ( gain env 40Mds)
        Supprimer quasiment TOUTES les niches fiscale, elles ne servent a rien. ( env 80 Mds)
        Imposer les Multinationales sur leurs chiffres d affaire réalisés en France. (env 60 a 80 Mds)
        Soit env 180 Mds de gain budgétaire.

        Et en réduisant les impôts en:
        Supprimant l ISF ou son remplaçant immobilier.
        Baissant les tranches d impôts sur le revenu de 25% (cout env 20 Mds)
        Baissant les impôts sur les sociétés Françaises de 33% (donc de 33% a 22% ) ( env 10Mds)

        Ensuite, il reste encore pas mal de marge pour modifier notre modele.

        Du coup, on récupère 2% de PIB en impôt sur les MULTI, sans mettre en péril notre PIB, et on relance le pouvoir d achat des particuliers et l investissement des entreprises de 30 Mds, soit 1,5 point de croissance, ce qui baissera l emploi, et réduira les charges sociales de l état, le chômage, les retraites, la sécu, etc.

        Et on arrête d être dépendant des financiers qui contrôlent notre dette, nous tiennent par les couilles et nous dictent la politique de le France.

        Réduire la dette a moins de 50% du PIB en 10 ans, en ayant une inflation controlé de 5% du PIB, si besoin par création monétaire au service du remboursement des intérêts de cette même dette.

        On equilibre les comptes, on est même largement positif.
        On peut revoir la politique des charges sociales des salaires.
        On respecte nos engagements financiers.
        On ne fait pas défaut sur notre dette.
        On relance la croissance et l investissement.
        On change de modele.

        Il y a juste un problème ! cela est interdit par l Europe, forcement !

        Si les taux d intérêt sont si bas, c est parceque l on est au bord du désastre, de l effondrement économique systémique mondiale, et que les principales banques centrales du monde inondent les marchés et les banques de liquidité pour vendre de l argent pas cher (des credits) pour faire tourner la machine encore un peu, sinon c est mort !

        Si notre dette est passé de 1200 a 1800 Mds (+50%) en 5 ans sous sarko, c est pour éponger les erreurs des banques de la crise de 2007 avec les produits dérivés.
        Privation des profits, nationalisation des pertes, ca fct très bien !

        Et après avoir pris leurs pertes et sauvé les banques, on leurs paye des intérêts a ces même banquiers, c est beau la finance !

        Ca donnera quoi le cout des intérêts de la dette lorsque les taux d emprunt de la France augmentera de 1%
        Ca fera 23 a 25 Mds de plus a trouver,…pour chaque % supp.

        On fera quoi ??? GRECE ! Non on est trop gros !

        Pas de solution dans le carcan actuel, il faut changer les règles, puis de modele, sinon KRACK.

        J arrête la, c est déjà très très lourd.

        SI vous m’avez lu jusque la Bravo,