Des députés réclament une hausse significative des prix du tabac

C’est classique, dès qu’il y a un besoin d’argent, on tape sur le consommateur en général! Plusieurs choses à ce sujet:

  • Les politiques sont réellement malhonnêtes quand ils accusent le tabagisme de causer 200 décès/jour en France, car si le nombre n’est pas inexact (je n’ai pas vérifié, excusez-moi du peu), dire que les infections pulmonaires sont systématiquement dues au tabagisme est faux. Combien de pathologies dues à la pollution industrielle? Aux pollutions domestiques? Ou encore à l’alimentation?
  • La méthode « taxer pour réduire le nombre de fumeurs » est d’une stupidité sans bornes. Non seulement l’efficacité d’une telle mesure n’est que réduite, mais on pourrait alors se demander pourquoi ne pas s’attaquer directement aux cigarettiers qui mettent tout et n’importe quoi dans leurs cigarettes. L’empoisonnement est complètement légal et n’a jamais été condamné, cherchez l’erreur…

Un rapport parlementaire, rendu public jeudi 28 février, dénonce une « remontée préoccupante » de la consommation de tabac, à l’origine de 200 décès par jour en France

Les députés préconisent une hausse « significative » des prix et demandent une application stricte de l’interdiction de vente aux mineurs

Se dirige-t-on vers une hausse significative des prix du tabac ? C’est en tout cas ce que préconise un groupe de députés qui a rendu public, jeudi 28 février, un rapport (1) sur « l’évaluation des politiques publiques de lutte contre le tabagisme ». 

Un document percutant et déjà salué par les associations de lutte contre le tabac. « La consommation de tabac constitue aujourd’hui, et de loin, la première cause de mortalité évitable en France avec environ 73 000 décès chaque année, soit 200 morts par jour », rappelle le rapport, en s’inquiétant d’une « remontée préoccupante » de la consommation, en particulier chez les femmes et les jeunes.

En 2010, les fumeurs réguliers représentaient 29,1 % de la population des 15-75 ans contre 27 % en 2005. « On est clairement en retard par rapport à nos voisins européens. Aujourd’hui, une personne sur trois fume en France contre une sur cinq en Angleterre », constate un des deux rapporteurs, Jean-Louis Touraine, député socialiste du Rhône.

Une hausse des prix de 15 % tous les trois ans

Pour faire baisser la consommation, les députés jugent nécessaire de privilégier un relèvement de la fiscalité des produits du tabac en vue d’une « augmentation significative » des prix. « L’arme du prix est efficace à condition qu’elle soit bien utilisée », indique Jean-Louis Touraine.

« Cela ne sert pas à grand-chose d’augmenter les prix de 5 % chaque année car les fumeurs s’adaptent et ne modifient pas leur comportement. Il vaut mieux une hausse de 15 % tous les trois ans. Car une telle augmentation peut servir de déclic et inciter les fumeurs, qui aimeraient bien arrêter, à passer à l’acte », poursuit le député.

Selon lui, cette hausse significative devrait s’accompagner d’une plus grande aide financière à l’arrêt du tabac. « Aujourd’hui, il existe un forfait de 50 € pour les personnes qui s’engagent dans un sevrage. C’est trop peu car, bien souvent, les fumeurs n’arrêtent pas à la première tentative. Il faudrait rembourser intégralement les substituts nicotiniques », estime Jean-Louis Touraine, convaincu que, financièrement, la collectivité serait gagnante au bout du compte.

« Aujourd’hui, le coût social du tabagisme s’élève à 47 milliards d’euros en France. On entend partout qu’on ne peut pas agir sur le tabac en France parce que cela rapporte des taxes à l’État. Or, les taxes, c’est 15 milliards d’euros chaque année. Au final, donc, le tabac coûte trois fois plus qu’il ne rapporte ».

Une interdiction stricte de la vente aux mineurs

Autre priorité pour les députés : la lutte contre le tabagisme chez les jeunes. « L’âge moyen de la première cigarette est de 14,1 ans dans notre pays. C’est vraiment quelque chose qui doit nous faire réfléchir. Car la précocité du tabagisme favorise l’installation d’une dépendance forte.

Tout doit être fait pour dissuader les jeunes d’allumer leur première cigarette », estime Jean-Louis Touraine. Selon les députés, il convient de faire vraiment appliquer la loi d’interdiction de vente aux mineurs. « Il faut appliquer une règle stricte, qui est en vigueur chez nos voisins anglais : demander systématiquement une pièce d’identité à tout jeune qui souhaite acheter du tabac. Aujourd’hui, trop de buralistes n’appliquent pas cette règle », estime le député.

Une meilleure sensibilisation des femmes enceintes

Ces parlementaires jugent aussi nécessaire de mieux faire appliquer la loi d’interdiction de fumer dans les lieux publics, trop souvent contournée à leurs yeux. Ils réclament que l’interdiction s’applique aux terrasses qui ne sont pas « totalement en plein air ». Ces dernières années, en effet se sont multipliées des « terrasses fumeurs » parfois encloses de vitres ou de bâches.

« Certains lieux apparaissent par ailleurs insuffisamment protégés, comme par exemple, les tribunes des stades semi-ouverts », constate le rapport, en préconisant l’extension de l’interdiction de fumer à l’ensemble des enceintes sportives.

Enfin, Jean-Louis Touraine réclame des campagnes de sensibilisation plus développées en direction des femmes enceintes. « En France, entre 17 % à 18 % des femmes continuent à fumer durant leur grossesse, un record en Europe ! Il faut vraiment qu’on insiste sur l’information à destination de ces femmes. Parce qu’attendre un bébé, c’est aussi un formidable moment pour arrêter de fumer ».

(1) Rapport du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques présenté par Denis Jacquat et Jean-Louis Touraine

Source: la-croix.com

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