[Mobilisation!] Aéroports de Paris : peut-on privatiser la première frontière de la France ? ..

Le gouvernement a lancé un recueil de signatures pour (enfin !) demander l’avis du peuple sur la vente de l’Aéroport de Paris. À tous ceux qui demandent le RIC, c’est déjà un petit pas. Il est important de ne pas passer à côté de l’opportunité qui nous est offerte de donner notre avis. La privatisation de notre patrimoine pour des intérêts financiers, vaut bien cet effort. N’oublions pas que les barrages, EDF, les portions de routes nationales payantes, la Française des Jeux, etc.. sont dans les « projeeeets » de la macronie. Ne laissons pas vendre notre pays à la découpe. Il faudra 4,7 millions de signatures, servez-vous des informations qui sont sur votre carte d’électeur et votre carte d’identité. MOBILISATION ! Partagez ! Volti

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Par Barnabé Binctin pour BastaMag

CC Mic Mac

Le dispositif de recueil de signatures est lancé depuis le 13 juin. Il faudra le soutien de 4,7 millions de citoyens et citoyennes, soit 10% du corps électoral, pour demander l’organisation en France du premier « référendum d’initiative partagée » (RIP), sur la question de la privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP). Démarche inédite et enjeu d’ampleur. Cette privatisation controversée semble cristalliser les oppositions à la politique gouvernementale. De la transition écologique à la justice sociale, voici cinq arguments de ceux qui se mobilisent pour empêcher la privatisation du groupe aéroportuaire.

C’est une première en France. L’étape décisive vers un « référendum d’initiative partagée » (RIP) est lancée depuis ce 13 juin. Objectif : obliger le gouvernement à consulter les citoyens sur la privatisation, ou non, du groupe Aéroports de Paris. La première étape a été initiée il y a deux mois par 248 parlementaires de tous bords politiques, puis validée par le Conseil Constitutionnel [1]. Inscrite dans la Constitution en 2008, la procédure n’a pour l’heure jamais été utilisée. Cette grande première est déjà une bonne nouvelle en soi, veut croire l’historien Patrick Weil : « Le RIP est une occasion pour les Français de débattre et de prendre en main leur destin sur un sujet qui les concerne. Cela permet de rééquilibrer les institutions de la Vème République qui concentrent tous les pouvoirs dans les mains d’une personne élue tous les cinq ans, et de rappeler que la souveraineté appartient au peuple aussi par le référendum. »

Pour que ce référendum advienne, 10% du corps électoral doit lui donner son assentiment, sous forme de signatures. Soit un peu plus de 4,7 millions de Français. Les initiateurs disposent d’un délai de neuf mois, jusqu’au 13 mars 2020, pour les récolter. Une gageure qui constituerait aussi un record : avec 2,1 millions de signatures récoltées en décembre dernier, « l’Affaire du siècle » constitue pour l’heure la pétition la plus suivie dans l’Histoire française. Ce record devra être largement battu, et les signatures plus que doubler, pour contraindre le président de la République, Emmanuel Macron, à organiser le référendum, en vertu de l’article 11 de la Constitution. À condition que le dispositif fonctionne concrètement : la plateforme en ligne destinée au recueil les signatures, gérée par le ministère de l’Intérieur, a multiplié les bugs lors de son lancement. La procédure pour signer est également contraignante [2].

L’enjeu est de taille : avec 6680 hectares d’infrastructures et de terrains – l’équivalent des 2/3 de la superficie de Paris – et une valorisation estimée à 10 milliards d’euros, Aéroports de Paris (ADP), qui regroupe les trois grands aéroports parisiens – Roissy, Orly, Le Bourget – ainsi qu’une dizaine d’autres aérodromes en Ile-de-France et un héliport, serait « la plus importante privatisation jamais envisagée en France, la troisième dans l’histoire du monde », selon différents experts [3].

Cette privatisation, inscrite dans la loi Pacte promulguée en avril, est contestée depuis le début : « Généralement, une privatisation se justifie par l’ouverture à la concurrence, qui est censée faire baisser les prix. Or, ADP est de facto en situation monopolistique, les autres aéroports pouvant se substituer à son activité étant trop loin ou trop petits. La concession à un opérateur privé ne changera rien à la situation, si ce n’est laisser des marges de manœuvre au futur propriétaire pour moduler ses tarifs auprès d’une clientèle captive et s’enrichir à bon compte », rappelait en mars un éditorial du Monde, prenant clairement position sur la question (« Aéroports de Paris, une privatisation contestable »). Parmi les nombreux arguments plaidant contre cette cession aux contours encore très incertains, en voici au moins cinq.

1. L’argument économique : 200 millions de recettes publiques perdues chaque année …/….
2. La justice sociale : « Ce serait un transfert d’impôts des plus aisés – ceux qui prennent l’avion – vers le reste de la population » …/….
3. La transition écologique : « On ne peut pas confier les clés d’ADP aux intérêts des pollueurs » …/…
4. L’emploi : « Dès lors qu’il faut rémunérer les actionnaires, on va prioritairement taper sur le personnel » …/…
5. L’argument de la sécurité : « Privatiser, ce serait amplifier le risque d’une baisse de contrôle » …/…
« Un agenda ultra-libéral à peine caché visant à dépouiller les pays de leur richesse »

Le dossier ADP peut-il être un point de bascule dans le quinquennat ? Beaucoup veulent y croire, arguant qu’après l’hôpital public, Emmanuel Macron fendrait définitivement l’armure en se révélant, une bonne fois pour toute, comme le grand défenseur des privatisations et de la prédation généralisée des services publics par des intérêts privés. « C’est la même stratégie que son projet « Santé 2022 » : on réduit le budget des hôpitaux, on met les personnels soignants dans des situations exsangues, et une fois appauvris, on critique ces services publics en expliquant qu’ils ne sont plus fonctionnels, justifiant ainsi de privatiser. C’est une logique mortifère de dérégulation, qui s’inscrit dans un agenda d’ultra-libéralisme à peine caché visant à dépouiller les pays de leur richesse », analyse Claire Nouvian.

Les prochains mois diront si un front politique se met effectivement en place autour de ce dossier. En ralliant face à lui l’ensemble du reste de l’échiquier politique, Macron prend en tout cas le risque de l’isolement. Quitte à offrir à la gauche ce qu’elle n’est pas parvenue à faire d’elle-même ? Mardi, quelques jours après une autre alliance de circonstance sur l’interdiction des vols intérieurs, une tribune dans Le Monde appelant à une « épidémie de pétitions » a ainsi réuni François Ruffin (La France insoumise), Claire Nouvian (Place Publique), David Cormand (EELV) et François Boulo, l’avocat « gilet jaune ». Trop tôt pour dessiner un nouvel arc politique, mais suffisant pour dégainer de premières flèches.

Barnabé Binctin pour BastaMag

 Pour soutenir l’organisation du référendum, c’est ici : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/initiatives_encours

 Le site des organisateurs de la campagne pour le référendum : https://signons.fr/

Note Volti ! Les passages soulignés en gras, sont de mon fait.

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