France: Eh Youpla, voici la carte interactive des projets des Mega-fermes-usines à venir…

Alors que le véganisme séduit de plus en plus de français, même si ce n’est qu’un début, l’horreur est en marche dans nos régions, avec l’implantation de gigantesques fermes-usines. Merci Marabout.

Fermez les yeux, et imaginez plus d’un million de volailles entassées dans une seule exploitation. 11 000 porcs serrés les uns à côté des autres. 120 000 agneaux engraissés dans un même lieu. Non, ce n’est pas un cauchemar, mais les différents visages de l’industrialisation de notre agriculture. Voici la carte qui recense ces dérives industrielles.

La Confédération paysanne publie aujourd’hui une carte de France de ce phénomène sans précédent. Le syndicat recense une trentaine de « projets phares », témoins d’un dévoiement dangereux du modèle productiviste. « C’est une agriculture destructrice d’emplois, incompatible avec la préservation de notre environnement et prédatrice d’une agriculture à taille humaine », explique le syndicat paysan.

Que nous révèle cette carte ? « Nous avons voulu montrer une dérive lourde du système actuel, dont le symbole est la ferme-usine », explique Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne. La ferme des 1000 vaches dans la Somme n’est qu’un des avatars de cette industrialisation tous azimuts. Une tendance à la concentration et à l’hyper-spécialisation qui touche tous les types d’élevages, mais aussi les cultures maraîchères.


Comme ces 25 ha de serres de tomates hors sol à Echillais (Charente-maritime), chauffées par un méga incinérateur… pour produire 50 tonnes de tomates par jour. Un phénomène souvent porté par des grands groupes industriels, mais aussi par des agriculteurs. « En Aveyron, un paysan engraisse plus de 120 000 agneaux, et nous ne cautionnons pas cette pratique juste parce qu’elle est portée par un paysan », précise Laurent Pinatel.

Une tendance nocive ? Le gouvernement ne semble pas de cet avis. « Ceux qui disent qu’on peut se passer d’une agriculture industrielle se mentent à eux-mêmes. » Mercredi 17 février, Stéphane Le Foll a une nouvelle fois mis les pieds dans le plat. « Pas de faux débats », a-t-il précisé à nos confrères du Parisien. « On a besoin d’une industrie agroalimentaire, et on a aussi besoin, pour la production de certains aliments, d’une production suffisamment industrialisée pour qu’elle soit accessible. » Alors qui a raison ?

Qu’entend-on par industrialisation de l’agriculture ?

« Il s’agit d’appliquer à l’agriculture des processus qui ont fait leurs preuves dans l’industrie : produire toujours à plus grande échelle pour produire au moindre coût monétaire », explique l’agronome Marc Dufumier. Mécanisation, robotisation, augmentation de la taille et concentration des exploitations.

Pourtant, « l’idée que l’on va faire des économies d’échelle avec des grands troupeaux est fausse », dit André Pfimlin, spécialiste des élevages laitiers. « Aux États-Unis, des chercheurs ont montré que ces grands troupeaux, nécessitant des équipements nouveaux, avaient des coûts par tonne de lait plus élevés et étaient plus vulnérables aux variations du prix du lait et de l’aliment. Leur rentabilité provenait du recours à de la main d’œuvre bon marché, souvent immigrée. »


Malgré tout, la marche de l’agriculture vers l’industrialisation se poursuit, poussée par les grands groupes agro-industriels. Pour la Confédération, « ce sont eux qui captent la valeur ajoutée, et on les retrouve derrière la plupart des projets de ferme-usine. » Reporterre a mené l’enquête sur le plus tentaculaire de ces groupes : Avril-Sofiprotéol


Cette industrialisation est-elle inévitable ?

Pour André Pfimlin, l’élevage industriel est inacceptable : « Ces feedlots sont en compétition directe avec l’alimentation humaine car gros consommateurs de grains… Ils sont destructeurs de l’environnement, parce qu’ils sont en partie responsables de la déforestation pour faire de la monoculture industrielle de maïs ou de soja, et ils sont de gros producteurs de gaz à effet de serre. »

Surtout, ces méga-projets détruisent des emplois, des marchés locaux et la vie rurale. « Dans un contexte de chômage massif et de désertification de nombreuses régions rurales, l’industrialisation de l’élevage est injustifiable, même sur le seul plan socio-économique », conclut-il.

Un avis partagé par Pablo Servigne, chercheur agronome : « L’agriculture industrielle est un modèle toxique, qui se coupe l’herbe sous les pieds, en détruisant les écosystèmes. » Un système nocif et condamné. « Comme il dépend du pétrole, des minerais et d’autres ressources fossiles, c’est un système déjà mort. »

Un mort-vivant alors, car les fermes-usines sont en plein essor. « Il y a une grande inertie du système », affirme Pablo Servigne. En cause, le verrouillage socio-technique : « Nous héritons de techniques inventées dans le passé, comme les pesticides, les OGM, qui ne sont plus efficaces, mais qui sont très intégrées dans nos usages et nos modes de pensée. » Lui appelle donc à de « grands déclics imaginaires », pour changer de paradigme.

« Nous sommes au moins d’accord avec la FNSEA sur un point », admet Laurent Pinatel. « Le système actuel est à bout de souffle. Eux proposent d’y remédier par les fermes-usines, nous par l’agriculture paysanne, orientée vers un marché local. » Agroécologie, circuits courts, culture biologique. D’autres modèles existent.

« Partout dans nos campagnes, il y a des paysans qui sont déjà entrés dans l’ère post-pétrole », estime Pablo Servigne. « L’exode urbain a déjà commencé, les néo-ruraux sont de plus en plus nombreux, c’est un énorme mouvement qui n’a pas encore conscience de lui-même. » Chercheur agronome de formation, il s’est lui-même installé en Ardèche et formé à la permaculture. « L’effondrement inéluctable de la civilisation industrielle va permettre l’épanouissement de nouvelles pousses », dit-il. « Et ces jeunes pousses sont déjà là. »

Voir la carte complète

Source © Reporterre via Nature-Alerte

Pour mieux comprendre :

Végétarisme : régime alimentaire qui exclut toute chair animale (viande et poisson). Le lait et les oeufs sont autorisés.

Végétalisme : régime alimentaire qui exclut tout produit animal, ou ayant été produit par un animal (viande, poisson, oeufs, lait et miel).

Véganisme : extension du végétalisme à tous les domaines de la vie quotidienne. Il s’agit donc d’un régime alimentaire végétalien, couplé à l’exclusion de tout produit issu de l’exploitation animale (aucun vêtement fait à partir d’animal -cuir, soie, laine…-, aucun produit testé sur les animaux, refus de l’exploitation animale dans les cirques, animaleries, zoos…).

Pescétarisme ou pesco-végétarisme : régime alimentaire qui exclut la viande ‘terrestre’. Le poisson est autorisé.

16 commentaires

  • Natacha Natacha

    http://www.youtube.com/watch?v=xc2Ln2wYwi0

    « L’effondrement inéluctable de la civilisation industrielle va permettre l’épanouissement de nouvelles pousses »
    « Et ces jeunes pousses sont déjà là. »

  • Enki13

    actuellement on parle de dédommagement pour la Shoah ou l’esclavagisme entre autre.
    et si moi je suis l’avocat de la nature ,
    combien je devrait demandé a l’humanité ?

    http://www.youtube.com/watch?v=IEexx5BR5eY

  • dereco

    Ces fermes utilisant plein d’OGM pour les animaux pas chers vont continuer à nous empoisonner à petit feu, avec le Roundup cancérigène :
    http://naturalsociety.com/researcher-scientists-have-warned-for-years-that-monsantos-roundup-causes-cancer/
    http://naturealerte.blogspot.fr/2014/06/22062014sante-lien-certifie-entre.html
    avec plein de maladies nouvelles dues à cet univers de camps de concentration à animaux, avec des sols stérilisés artificiels !!

    Et l’épidémie d’obésité, de diabète et cancers, explose, coûtant une fortune en sécurité sociale, qu’il faudrait faire payer par ces entreprises, alors plus du tout rentables, plombées par les maladies de leurs produits.

    Personnellement je ne mange plus de produits industriels complexes à composition secrète, 90% de ce qui est proposé sur les rayons, et donc que bio .

  • ATTENTION : dans les supermarchés, le bio vient principalement de chine et pays de l’est qui n’ont pas les mêmes normes et donc … sont pas forcement bio !! Mais vendus comme bio en France. A leur décharge dans ces pays il y a eu moins de pesticides dans l’agriculture car ils avaient moins les moyens de se les payer.
    Si tu veux vraiment du naturel, va dans les toutes petites fermes familiales (eh oui!, il y en a encore en France), ces petites fermes n’utilisent pas d’engrais ou OGM pour les plantes ou anti bio pr les animaux pour les mêmes raisons que les pays sus nommés.
    Le bio en supermarché = 20 % de bio de france (varie selon le dir du supermarché). Le bio en France, c’est avant tout du marketing.

  • dek

    Supprimer la viande rouge? Certainement!.
    Supprimez le blé aussi ( autre débat ), ne mangez que des oeufs, volaille fermière, des légumes et fruits hors des repas.
    Quant à l’ idéologie du véganisme, qui d’ abord, se préoccupe du bien-être de l’ animal alors là il faut vraiment aller se faire soigner.
    Ceux- là n’ ont rien compris à la vie ou chaîne alimentaire qui devrait s’ auto réguler.
    Donc résumons;
    Vous mangez de la viande rouge et tous les dérivés du blé? Alors il ne faut
    pas vous plaindre que la planète va si mal!.

  • dek

    J’ évite de consommer des produits animaux et légumes en provenance de la Belgique car c’ est l’ anarchie et il y a un laisser-aller volontaire de la part
    du gouvernement.

  • Enki13

    si il y avait une justice ,
    le bio ne serait pas taxer vis a vis des produit chimique qui serait eux surtaxé.
    donc le bio serais moins cher que le chimique.
    et la surtaxe du chimique serait redistribué pour les soins de la nature.
    et au bout de quelques temps ont mangerait tous bio…
    et il faudrait mètre hors taxe aussi tous les paysans français bio qui veulent vendre encore moins cher sans passer par des intermédiaire en vendant devant leurs champ.

    • fautoubenner

      Si nos gouvernants étaient des « gens qui nous veulent du bien »c’est ce qu’ils devraient faire …mais ce n’est hélas pas le cas !

  • Yanne Hamar

    Encore une fois : si ces bêtes n’étaient pas mangées, elles ne seraient pas élevées. Le jour où le consommateur prendra conscience de son pouvoir les choses changeront très vite.

  • C’est bien triste de voir mon pays se faire avaler par la dictature capitaliste nord-américaine. Ce n’est qu’un prélude eu TAFTA, avant ce sigle concernait un tissu, maqintenant il ne désigne que la merde américaine dans le domaine alimentaire, pour ne citer que celui là. Quand ceux qu’on appelle américains qui, en réalité sont des sionistes déguisés )les khazars – lire Arthur Koestler) au pouvoir des États-Unis et des pays européens (voir le parlement juif européen), des gens qui n’ont rien à voir avec le peuple américain profond, le vrai, fait d’esclaves noirs et de peaux rouges exterminés), ni avec aucun autre peuple européen Mon pays doit tout faire pour se débarrasser de cette racaille qui ose dire MON ENNEMI C’EST LA FINANCE alors qu’ils sont cul et chemise.

  • Grand marabout Grand marabout

    http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2015/05/14/Porcherie-de-Luzay-une-autorisation-contestable-2328295

    Trois ans et demi après avoir obtenu une autorisation préfectorale, les six éleveurs promoteurs du projet de maternité porcine de Parnay, sur la commune de Luzay, s’attendent à subir une grave déconvenue devant le tribunal administratif.
    Le projet se situe en plein relief karstique, truffé de dolines et de gouffres, dans lesquels on imagine mal voir des hectolitres de lisier se déverser.
    Cette insuffisance de l’étude d’impact n’a pas permis à la population de s’exprimer sur le sujet, ni au préfet de prendre une décision éclairée. La décision du tribunal devrait être rendue dans quinze jours.

  • confucius

    Bonjour,

    80% de la production de céréales mondiale sert à nourrir le bétail.
    Bravo !