Paris et Alger se disputent les débris du vol Air Algérie

Selon le quotidien algérien « El Watan », des juges français ont refusé de remettre à leurs homologues algériens des prélèvements effectués par des militaires français sur le site du crash du vol AH 5017 d’Air Algérie, le 24 juillet, au Mali.

La France empêcherait-elle Alger d’enquêter sur le crash du vol AH 5017 d’Air Algérie survenu le 24 juillet dans le nord du Mali ? Selon le quotidien « El Watan », la justice française aurait opposé une fin de non recevoir aux magistrats algériens souhaitant disposer de copies des prélèvements effectués par des experts militaires français sur la scène de l’accident. Citant des sources judiciaires, le journal indique que les deux juges d’instruction françaises, Raphaëlle Agenie-Fecamp et Sabine Kheris, ont catégoriquement refusé « toute remise ou transfert » des pièces à conviction dont elles disposent. Raison invoquée : la loi française l’interdit…

La « chute brutale » du vol AH 5017 d’Air AlgérieLe vol AH 5017, qui devait relier Ouagadougou à Alger, s’est écrasé le 24 juillet dans le nord du Mali, environ 32 minutes après son décollage, avec 116 personnes à son bord qui ont toutes péri.

Parmi les passagers se trouvaient, notamment, 54 Français (dont trois binationaux), 28 Burkinabè, six Algériens, six Espagnols, six Libanais, cinq Canadiens et quatre Allemands.

Selon un pré-rapport rendu public en septembre par le BEA, l’enregistreur des données de vol montre que l’appareil, un McDonnell Douglas MD-83, a effectué une « chute brutale » après un « ralentissement de ses moteurs » et serait arrivé entier au moment de percuter le sol.

Ce n’est pas la première fois, rappelle « El Watan », que l’Algérie se voit ainsi écartée de l’enquête. Peu après le crash, les experts de la compagnie Air Algérie et ceux de l’aviation civile n’avaient pu accéder au site de l’accident. D’après les sources du quotidien algérien, ces derniers « avaient été empêchés par les militaires français de s’approcher du périmètre de sécurité, situé à près de 800 mètres de l’épave. Ils n’ont pu avoir accès aux pièces récupérées par les Français, qui étaient les premiers à arriver sur place. La compagnie Air Algérie et l’aviation civile ont été déboutées dans toutes leurs actions visant à les associer aux enquêtes. »

Plusieurs enquêtes

De fait, les investigations actuellement en cours comprennent deux volets distincts. L’un, technique, qui relève du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), autorité française à qui le Mali a délégué l’enquête chargée de faire la lumière sur les circonstances du crash. L’autre est judiciaire et incombe aux magistrats des pays ayant ordonné l’ouverture de procédures (le Mali, la France, le Burkina Faso et l’Algérie). Or, comme le disposent les normes établies par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), seule la commission d’enquête mise en place par le pays où a eu lieu le crash, en l’occurrence le Mali, est tenue de fournir les éléments dont elle dispose aux autres États concernés par la catastrophe. En somme, rien n’oblige les juges françaises à coopérer avec leurs homologues algériens.

>> À voir sur France 24 : « La chute du vol AH 5017 a été ‘vertigineuse’, selon Ouagadougou »

Si ces derniers s’intéressent aux pièces dont dispose la justice française, c’est parce qu’elles pourraient révéler, entre autres, la teneur des conversations qu’a tenues l’équipage avant le crash. En septembre, les deux magistrates françaises ont effectivement confié à un expert de la gendarmerie nationale le soin de « faire parler » l’une des boîtes noires, l’enregistreur de cockpit.

Source et article complet sur France24.com

 

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