L’armée condamnée à vendre puis à relouer ses navires et ses avions

Ils vont finir par détruire complètement l’armée française telle que nous l’avons connue pour n’avoir plus qu’une société militaire privée, des mercenaires comme il en existe notamment aux États-Unis avec les psychopathes d’Academi (ex-blackwater). Au départ, c’est donc la multiplication des livres blancs visant à réduire les effectifs et les budgets qui est utilisé comme stratégie. On continue d’affaiblir les corps d’armée en réduisant toujours plus les budgets et en passant à la location, et avec le traité transatlantique puisque nous en revenons toujours à cela, les sociétés militaires privées vont enfin pouvoir s’imposer, et effectuer des missions destinées à l’armée régulière en général avec les états-d’âme en moins…

Nos politiques vendent la France morceaux par morceaux, sans limite aucune, dans l’indifférence générale…

Humour armée

Le ministre de la Défense travaille sur la création de sociétés de leasing de matériel militaire, comme l’A400M ou les frégates FREMM. Ce projet ambitieux a mis le feu à Bercy et contraint l’Elysée à trancher.

La France va-t-elle bientôt revendre ses frégates et autres avions de transport A400M pour les relouer immédiatement ? Incongru il y a quelques années, le scénario de ces sociétés de leasing militaires, annoncé début octobre par le ministère de la défense, est en train de prendre forme. Jean-Yves Le Drian a mis un coup d’accélérateur sur la création de sociétés de projets, ou SPV (Special Purpose Vehicle), dont le capital serait abondé par des cessions de participations de l’Etat. Leur mise en place est envisagée dès mi-2015.

Derrière ce montage un rien baroque, l’idée est simple : faire entrer au plus vite les 2,1 milliards d’euros de ressources exceptionnelles (REX) qui manquent à l’appel pour boucler le budget de défense 2015 (31,4 milliards d’euros). L’hôtel de Brienne avait longtemps compté sur la vente de la bande de fréquences dite des 700 Mhz, la « fréquence en or » aujourd’hui propriété des armées, pour atteindre ce chiffre, mais le calendrier de mise aux enchères ne permettra pas de boucler l’affaire en 2015. Il fallait donc dégainer une autre idée, un « financement innovant » en novlangue ministérielle, sous peine de devoir gérer un trou béant dans le budget militaire dès 2015.

Objectif : renflouer les caisses

Jean-Yves Le Drian a donc sorti de son chapeau le projet de leasing de matériel. Pas totalement une nouveauté : l’idée avait déjà été évoquée en 2003 par la ministre de la défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie, qui avait étudié des solutions de leasing de frégates multi-missions (FREMM). Le scénario des SPV, jugé trop risqué à l’époque, avait été à nouveau étudié il y an au ministère de la défense, où le cabinet Earth Avocats de Yves-René Guillou l’avait présenté en détail.

L’intérêt ? La société de projet rachète des équipements à l’armée, une substantielle et immédiate rentrée d’argent à la clé ; puis la société reloue immédiatement le matériel aux forces, ce qui permet de lisser la dépense, avec des loyers annuels relativement modestes. Le ministère assure voir dans ce dispositif  l’arme fatale, au-delà des 2,1 milliards à trouver en 2015, pour combler tous les besoins de ressources exceptionnelles d’ici à 2017, soit 5,5 milliards d’euros. Le leasing serait réservé à des équipements à vocation logistique (avions de transports A400M, CASA C-235 etc), ou des matériels non directement exposés au combat (hélicoptères de patrouille maritime, voire frégates…), ce qui exclurait les chasseurs Rafale, les sous-marins nucléaires ou les missiles.

Sapin est contre, Macron est pour

Le problème, c’est que l’idée est loin de faire l’unanimité. Le chantier des SPV a même mis le feu à Bercy, où le ministre des Finances Michel Sapin et une bonne partie de ses équipes freinent des quatre fers sur le sujet, quand le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, y est favorable. Les opposants s’appuient sur un rapport conjoint de la DGA, du Contrôle général des armées et de l’inspection des Finances, remis en juillet à Brienne et à Bercy et dévoilé par Challenges le 13 novembre, qui jugeait le projet de SPV aléatoire, complexe et coûteux, et assurait que le montage serait comptabilisé en dette publique, mais aussi que les frais de gestion et d’assurance risqueraient de déraper.

Selon nos informations, François Hollande a sifflé la fin de la récréation : une lettre du secrétaire général de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet a explicitement chargé Emmanuel Macron de prendre en main, aux côtés de Jean-Yves le Drian, la mise en place des SPV. Une procédure rare qui met sur la touche -en théorie- Michel Sapin et ses équipes, au grand soulagement de l’hôtel de Brienne.

Source et article complet sur Challenges.fr

Et ce n’est pas nouveau, déjà en 2010 les médias en parlaient (mais tout doucement, sans trop faire de bruit…):

Souvent assimilés à des mercenaires, les agents de sociétés militaires privées (SMP) sont de plus en plus nombreux. Le Journal de l’Intelligence économique vous emmène en République Tchèque, suivre une formation de « contractors » organisée par la SMP française SECOPEX.

Hervé, Saïd, Cyril… tous souhaitent se former au métier de contractors. Objectif : se qualifier pour réaliser des missions de protection rapprochée et de sécurité en zone déstabilisée. Au programme, 120 heures de stage, réparties sur trois semaines. C’est au sein de la société française SECOPEX que ces hommes ont décidé de faire leur apprentissage. Créée en 2003 par Pierre Marziali à Carcassone (Languedoc-Roussillon), SECOPEX a ouvert pour la première fois ses portes à des caméras de télévision.

Qui sont ces futurs contractors ? 90% des agents de SECOPEX sont d’anciens militaires. Et du côté des stagiaires, on retrouve les mêmes proportions. Saïd a été pendant cinq ans sous-officier de l’armée de terre. Originaire de Haute Provence et à tout juste 31 ans, Saïd est aujourd’hui chef d’entreprise, à la tête d’une boulangerie. L’esprit de camaraderie des rangs militaires lui manque, mais il préfère le métier de contractor, plus concret selon lui, que celui de soldat : « Des fois, on baigne dans l’absurde lorsqu’on est à l’armée. Là, vu qu’il y a un intérêt économique à la fin, il y a un but certain c’est d’aller chercher quelqu’un qui a payé un service pour aller le chercher. Donc il doit y avoir un retour logique sur un investissement économique de base. Là oui, ça devient un peu plus cohérent. »

Hervé, 41 ans, est originaire de Toulouse. C’est le plus expérimenté des stagiaires. Il a été pendant onze ans parachutiste-militaire. Il a ensuite enchaîné les petits jobs (chauffeur, livreur…) avant de suivre un stage d’agent de protection rapprochée. Il a déjà été envoyé par les Etats-Unis en Irak en tant que contractor, pendant un mois. La formation de SECOPEX lui offre une remise à niveau et lui permet, à nouveau, de manipuler les armes. Il ne cache pas non plus, qu’être contractor apporte des avantages… financiers : « C’est mieux payé. »

Cyril est un peu l’exception : il n’a jamais été militaire. Il est informaticien et électricien. Il a également une licence de tir depuis plus de deux ans. Ce stage réunit ses deux passions : les armes et les voyages. « Le métier de contractor c’est un métier qui permet d’être très mobile partout dans le monde, c’est un métier d’arme », dit-il. Un de ses collègue se demande d’ailleurs si ce manque d’expérience de terrain, n’est pas dangereux…

La privatisation de la guerre n’est pas un phénomène nouveau. Les Américains et les Britanniques ont saisi depuis longtemps l’opportunité de ce « marché de la guerre ». La présence de ces sociétés privées dans les zones de conflits est importante. En Irak, en 2007, on pouvait compter environ un agent civil privé pour un soldat. Cependant, certaines dérives ont amené l’opinion publique et les médias à assimiler ces contractors à des mercenaires. En 2007, par exemple, à Bagdad, dix-sept civils ont été tués par des agents privés de la société américaine Blackwater Worldwide, -qui s’est renommée discrètement et suite à cette affaire, Xe-. La société britannique Aegis Defense Services est également une des nombreuses SMP actives en Irak. A elle toute seule, elle regroupe 20 000 agents. Elle a reçu un mandat des Etats-Unis de 300 millions de dollars et un mandat de l’ONU en 2005, pour les élections irakiennes.

Au milieu de cette économie de la guerre, la France compte bien elle aussi avoir sa part du gâteau. La législation française semble être sur le point d’évoluer en la matière pour faciliter le recours à ses prestations privées.

Pierre Marzali, PDG de SECOPEX, reste confiant sur l’avenir des SMP françaises : « la France a réduit son budget de la défense ainsi que ses effectifs militaires. Mais les missions sont toujours de plus en plus nombreuses. » Les sociétés françaises visent notamment les contrats de sécurité de l’Union Européenne, détenus notamment pour le groupe britannique Hart Security Page Group. A voir, dans quelques années, si la France réussit ou pas à rattraper son retard et à s’imposer sur ce marché de la sécurité privée.

Source: France24

14 commentaires

  • robertespierre

    L’armée….l’armée …..l’armée

    Y’a plus d’armée
    Que des ploucs qui ne savent pas défendre leur pays

    • engel

      Cela s’appelle des « carriéristes arrivistes »… aussi dénommés « officiers supérieurs ».
      Et tous ceux que j’ai côtoyé(de loin), pendant plus de 20 ans, rentraient dans cette catégorie.

      Espérons malgré tout,
      qu’il reste un Helie-denoix-de-St-Marc , voir un de-Gaulle en herbe dans cette boutique en perdition!

      • robertespierre

        engel
        On a plus de chance de trouver des graines de De Gaulle chez les ME que dans un « Grand Corps Malade »
        L’Uniforme cache des « pouilleux du cerveau »
        Quand un Général de Gendarmerie (3ème dans la hiérarchie) veut redonner une Âme à la Gendarmerie
        Il est aussi tôt massacré par ses pairs couards
        Les collabos des années 40 ont fait des petits qui longeaient les murs sous De Gaulle
        mais chassez le naturel,il revient au galop
        Il faudra raser…coupe d’incorporation
        mais couper ….plus bas http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_mail.gifhttp://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gifhttp://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

      • Grognard

        Il y en a des bons.
        Ceux là partent que très rarement à la retraite avec le grade de commandant.

        Seules les situations exceptionnelles révèlent les hommes exceptionnels.
        Cela s’applique à toutes les organisations.

  • article 35

    « Ils vont finir par détruire complètement l’armée française telle que nous l’avons connue pour n’avoir plus qu’une société militaire privée, des mercenaires comme il en existe notamment aux États-Unis avec les psychopathes d’Academi (ex-blackwater).  »
    Ben c’est pas ce qui est prévu ?
    La mondialisation à la Friedman c’est bien ça si je ne me trompe ?
    Au final tout devient privé et l’état( les zélites)n’est plus là que comme entité directive pour s’en foutre plein les poches .
    Cela dit quand on voit l’usage qui est fait de notre armée je ne suis pas contrarié de la voir disparaitre . Allez foutre la pagaille à l’autre bout de la planète pour le plus grand bénéf des multinationales je ne trouve pas ça cool. Et puis je ne parle pas du prix que ça nous coute :
    http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2013/10/28/ou-passent-nos-impots-une-arme-combien-cela-coute-pour-larmee-francaise-thierry-lamireau-lesoufflecestmavie-unblog-fr/
    Quant à assurer la sécurité du pays, il y a longtemps qu’elle n’en est plus capable.

  • Comme ça ce sera plus facile pour que Poutine nous libère ! lol

  • Grand marabout Grand marabout

    ouais mais bon

    même quand tu perd,on t’envoie la marseillaise
    ça fait léger comme avantage..RIP MC

    moi je dirai comme article 35

    des gars qu’ils font embaucher,les 6 premiers mois ils font de la garde et du contrôle de fafios dans le RER
    et après mali libye etc
    tout ça sur du matériel obsolète

    défendre quoi ? le fric le blé de tous les lobbys qui arrosent les politiciens

    nettoyer la ***** des yankkee qui putréfie cette planète

    tous ceux qui sont dans l’armée devrait le comprendre et en prendre acte,les politiciens n’obligeront personne à commettre pour eux,si au final,il n’y a pas ou plus assez de fantassins..

    « A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s’accroître en compensation.

    Et le dictateur (à moins qu’il n’ait besoin de chair à canon et de familles pour coloniser les territoires vides ou conquis) fera bien d’encourager cette liberté-là.

    Conjointement avec la liberté de se livrer aux songes en plein jour sous l’influence des drogues, du cinéma et de la radio, elle contribuera à réconcilier ses sujets avec la servitude qui sera leur sort. »

    – Aldous Huxley, préface de l’édition de 1946 du Meilleur des mondes

  • Grognard

    Le jour ou des gus de blackwater ou une boite dans le même genre débarque dans mon pays; ils ont intérêt de venir avec leurs sacs plastiques perso.
    Ils en auront besoin.

  • Maverick Maverick

    Voilà la solution pour le « Mistral » !! On le livre à la Russie, mais on le loue pour les empêcher de s’en servir !
    :-)

  • Nrico Nrico

    Est-ce que c’est faisable de renverser un pouvoir en place sans l’aide de l’armée?
    Perso, je pense que ça ne fait partie que d’un seul et même processus, entamé il y a bien longtemps, qui prends forme doucement, mais insidieusement, et qui aboutira sur la toute puissance du 1%…
    Si l’armée venait à devenir privée, elle se vendrait au plus offrant, et donc le 1% = plus aucun moyen de renverser quoi que ce soit…
    Ceci étant dit, en regardant un peu plus globalement on s’aperçoit:
    Délocalisation = obligation d’importer = rendre impossible toute autosuffisance nationale.
    Vente des services publics = diminuer la charge salariale de l’état (on bouche les trous quoi) = déresponsabilisation faite au préalable en vue d’éviter toute manœuvre à l’encontre de l’état (non assistance à son peuple en danger…) = rendre impossible toute rébellion populaire
    Vente de biens nationaux = argent de poche
    Le tout enrobé d’un fond de commerce basé sur la maladie et ses « remèdes », une éradication progressive de l’Histoire remplacée par de la prose pour bisounours, et la création d’un nouvel ordre mondial en undercover…
    Tout y est.
    Ça ne me fait penser qu’à une chose en définitive: un élevage d’êtres humains…

  • ErJiEff

    Academi pourrait accepter d’acheter les deux Mistral ?

    On risque de ne plus savoir qu’en faire