« Trichet ancien président de la BCE: » l’or est la liquidité suprême » !!! » L’édito de Charles SANNAT

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Charles Sannat pour Insolentiae

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Jean-Claude Trichet est un grand mamamouchi français à la carrière parfaite ! Il est l’archétype du haut fonctionnaire et coche absolumment toutes les cases !

Diplômé de Science Po, puis de l’ENA, il commence sa carrière comme inspecteur des Finances. En 1978, il est conseiller technique à l’Élysée, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. En 1986, il est directeur de cabinet d’Édouard Balladur au ministère des Finances. Entre 1987 et 1993, il est directeur du Trésor. En 1993, il devient gouverneur de la Banque de France.

Le 1er novembre 2003, succédant à Wim Duisenberg, il devient le deuxième président de la Banque centrale européenne.

Ce n’est donc pas n’importe qui Jean-Claude Trichet, et, même si aujourd’hui notre Jean-Claude est rangé des voitures monétaires, sa parole reste toujours importante.

Elle est surtout le fruit d’une expérience de décennies passées au plus haut niveau.

Dans sa dernière intervention dans le quotidien économique La Tribune il avait éreinté le Bitcoin en particulier et les crypto-monnaies en général.

Il préfère d’ailleurs le terme anglais crypto-asset à crypto-monnaie. Crypto-asset pourrait se traduire par crypto-actif. Oui, pourquoi pas.

Le Bitcoin n’est en effet pas une monnaie, le qualifier d’actif est donc plus juste dans la mesure où il répond effectivement à la définition d’un actif « financier » qui dans son acceptation la plus simple donne l’explication suivante : « un actif financier est un titre ou un contrat, généralement transmissible et négociable (par exemple sur un marché financier), qui est susceptible de produire à son détenteur des revenus ou un gain en capital, en contrepartie d’une certaine prise de risque« .

Va donc pour crypto-asset ou crypto-actif pour nous qui voulons bien parler le français !

La charge de Trichet contre le Bictoin a donc largement été relayée, par mes soins également, mais un petit commentaire de sa part est tout de même franchement passé inapperçu et je souhaitais que l’on s’y arrête aujourd’hui.

« La liquidité suprême demeure l’or »

« Il y a une bulle évidente à mes yeux. C’est une bulle qui ressemble à celles des tulipes néerlandaises. C’est un peu désolant et c’est la marque d’une évolution mondiale très inquiétante. Certains diraient que c’est la même chose pour l’or. Or ce n’est pas tout à fait pareil. Il y a une certaine régulation, il y a une consommation industrielle de l’or. Dans une perspective stratégique, dans le cadre d’une guerre mondiale, la liquidité suprême demeure l’or. »

La liquidité suprême demeure l’or !

Ce n’est pas rien comme déclaration.

Alors chez nous autres les « goldeux » de la première heure, les goldeux génétiques, c’est une évidence que l’or soit la liquidité suprême !

Les crypto-assets aussi séduisants soient-ils technologiquement parlant et nous en reparlerons sans doute autrement lorsque les ordinateurs quantiques permettront de « tricher » dans la blockchain ou lorsque nous ferons le « bilan » énergétique de ces trucs-là, n’existent pas et sont donc une convention imaginaire, virtuelle.

Pour aller un poil plus loin, on peut dire qu’en cas de panne d’électricité ou de gros problèmes sur le réseau informatique mondial il y aura sans nul doute quelques difficultés majeures pour accéder à ses crypto-assets fussent-ils un peu monétaires. Ils seront surtout dans les limbes du « claoud »!

L’or est la liquidité suprême car l’or ne s’oxyde pas, qu’il ne fond qu’à haute température, qu’il se déplace facilement dans son volume poid/valeur, qu’il est négociable dans le monde entier et qu’il a une existence physique. Il ne s’agit-là que de quelques-unes de ses caractéristiques et de ses qualités.

L’or n’est pas juste une monnaie.

Comme le dit Jean-Claude Trichet, il est la liquidité suprême.

Il est ce qu’il reste quand plus rien ne fonctionne.

Il est ce qui survit quand toutes les convenances et les conventions s’effondrent.

Quand Jean-claude Trichet vous parle du risque de guerre en disant « dans le cadre d’une guerre mondiale« , il ne vous parle pas de l’or par petits temps.

Il vous parle de la grande Histoire, celle qui construit et détruit des fortunes, mais des vies surtout.

Il vous ne vous parle pas des moyennes sur lesquels tous les modèles sont construits.

L’Histoire de l’humanité n’est jamais la somme des moyennes ! Elle est le fruit de ruptures violentes, de changements soudains, d’accidents.

L’or est la liquidité suprême, il est l’assurance suprême, l’assurance ultime de votre patrimoine.

Le Bitcoin ne sera jamais autre chose qu’une convention basée sur des croyances collectives plus ou moins sérieuses.

Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas gagner des fortunes avec les crypto-assets.

Cela veut simplement dire que quand soufflent les vents de l’histoire, la liquidité suprême reste l’or.

C’est l’ancien patron de la seconde plus grande banque centrale du monde qui le dit.

C’est aussi la raison pour laquelle les banques centrales du monde entier achètent et détiennent des milliards en or.

Alors que l’inflation menace, l’or, plus que jamais doit se frayer une place de choix dans votre stratégie patrimoniale. Regardez à ce sujet l’article dans l’édition du jour, consacré à la chute de la livre turque.

Restez à l’écoute.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

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2 commentaires

  • ben, pour une fois, je suis bien d’ accord avec toi, mon brave Charles…et avec cette truffe de Trichet qui devait être bien bourré quand il a fait cette déclaration…!!!
    Cela me rappelle cette blague :
    Deux types complètement ivres sortent d’ un bar, et , dans la rue, se mettent à tâter le toit des voitures .
    Arrive la police , qui leur demande ce qu’ ils font et pourquoi ils tâtent le toit des voitures .
     » On cherche notre voiture et la nôtre, elle a un gyrophare ! « 

  • Avatar Sully-Morlandimus

    L’or, pour les banques centrales ok, mais pas pour le clampin moyen…..
    Je le rappelle pour la nième fois, c’est en ratissant l’or physique des détenteurs particuliers aux USA entre le décret du 11 mai 1933 et le fameux  » Gold Reserv Act » de janvier 1934 que le réarmement de l’Allemagne a été financé. Le transit des fonds se fit par le canal de certaines banques helvètes, bataves et italiennes. Tarif de départ en 33 : 10 dollars 65 l’once , tarif d’arrivée en janvier 1934 : 35 dollars l’once. C’était officiellement pour financer le New Deal, officieusement c’était la première étape pour abolir l’étalon-or par FD Roosevelt et en sous-main ( le timing l’indique bien) c’était pour relancer la guerre en Europe. Sources :  » Les ressources du national-socialisme : 3 conversations avec Adolf Hitler » de Sydney Warburg !! !! !! !!
    Owen Young Pdt de General Electric ( appartenant à JP MORGAN) principal soutien financier dans la United European ( Ltd fondée par Roosevelt..) fonda la BRI (Banque des Règlements Internationaux). C’est par cette BRI que138 milliards de dollars ( de l’époque) transitèrent des USA vers Allemagne normalement à 100% dédiés aux remboursements envers la France et le Royaume Uni. ces derniers ne perçurent sur la période ( 1924-1931) QUE 52 milliards. Ceci avant l’arrivée des Nazis au pouvoir en 33 !
    Les importantes quantités d’or ratissées aux USA entre 33 et 34 furent déposées en Allemagne et ces stocks servaient de caution pour l’émission de dollars par la FED…….
    En voyant avec le recul le genre de magouilles auxquelles s’adonnaient les bankster de l’époque accompagnés de l’aréopage des politiques à leur seule solde et avec des objectifs de guerre bien précis, on ne peut que s’amuser des histoires pour enfants que les uns et les autres super spécialistes en économie nous content depuis quelques décennies !

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