Fin de l’apostrophe, arrivée du FALC. Idiocracie mondiale.

On creuse encore un peu, on finira bien par se retrouver enterrés sous une montagne de stupidités, à défaut d’avoir une idée de génie. Partagez ! Volti

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Charles Sannat pour Insolentiae

Le mouvement est mondial, et si l’ajustement des salaires et autres normes sociales se fait bien vers le bas, il en va aussi de la langue, des langues même et de l’ambition intellectuelle pour le plus grand nombre.

Nous abandonnons notre ambition collective.

Ce n’est plus à l’individu de fournir l’effort pour se hisser au niveau de la langue, mais à la langue de se simplifier pour s’adapter à la paresse devenue valeur, la paresse devenue normalité.

Ici, il n’y a pas pire condescendance et mépris de classe que de croire que l’on ne pourra pas faire des gilets jaunes des polytechniciens comme le disait Laurent Alexandre. Il faut au contraire avoir l’ambition de permettre à chacun d’atteindre son plus haut niveau et cela passe par l’ambition d’élever les individus.

C’est ainsi qu’était conçue l’école de Jules Ferry, et il y avait autant d’imbéciles en 1905 qu’aujourd’hui, et de forts en math…

En Grande-Bretagne donc, les défenseurs de l’apostrophe baissent les bras. « Après près de deux décennies de combat pour défendre un usage correct de l’apostrophe dans la langue anglaise, les défenseurs les plus farouches de ce signe de ponctuation ont décidé de baisser les bras, découragés par « la paresse et l’ignorance ». La Société britannique pour la protection de l’apostrophe va cesser ses activités, a annoncé son président John Richards, 96 ans. Ce dernier l’avait fondée en 2001 afin de préserver le correct usage de « ce signe de ponctuation trop souvent maltraité ».

En France au même moment, la mode qui se développe est celle du FALC, le facile à lire et à comprendre.

Pour s’exprimer en FALC, il faut faire au plus simple

Au départ tout cela part, comme toujours, d’un bon sentiment, puisqu’il s’agit de rendre accessible y compris à ceux qui souffrent d’un handicap mental des textes.

Pourtant, je peux vous assurer que le FALC d’aujourd’hui, n’est pas si éloigné que cela des règles dites de SEO (pour être bien référencé par Google et autres moteurs de recherche) que l’on demande aux sites internet de respecter.

Aucune phrase ne peut avoir plus de 17 mots.

Aucun texte ne doit dépasser 1 500 caractères (un caractère étant une lettre et pas un mot) ce qui fait très court. Twitter avait poussé le bouchon encore plus loin avec ses sms à 140 caractères.

Quelle pensée peut-on développer en FALC ? Une pensée pauvre. Forcement. Sans nuance. Quelle pensée développe-t-on dans un tweet ? Dans un billet « court » car sinon les gens ne « lisent pas »… d’ailleurs il faut faire des vidéos… car les gens ne lisent plus. Mais des vidéos courtes, sinon les gens ne regardent pas… et c’est vrai.

Durée moyenne d’attention ? 10 minutes.

S’il est évident qu’inclure le plus grand nombre est une excellente chose, il ne faut en aucun cas que cette volonté d’inclusion devienne la base d’un abaissement généralisé, parce que c’est tout simplement la facilité qui l’emporte toujours.

C’est assez logique.

Faire des efforts c’est fatigant.

Dire qu’Apostrophe était le nom d’une émission littéraire.

Charles SANNAT

« Ceci est un article « presslib » et sans droit voisin, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

4 commentaires

  • Avatar Montet

    On en revient ainsi indirectement à la féminisation verbiageuse à outrance de la langue française.
    Cette mièvrerie de mode pour boboïsants va-elle survivre à la tendance « facile à lire et à comprendre » ?
    Y aura-t-il 2 langues françaises dans le futur. La langue des Zélites et celle du bas-peuple ? Comme le mandarin, l’arabe littéraire ?

    • Avatar mianne

      Pourquoi parlez-vous de « féminisation » de la langue française et non du « politiquement correct  » , de la langue de bois mièvre et pleine de circonvolutions qu’adoptent les politiques et les journalistes mâles, cette mièvrerie qui étouffe la pensée et qui n’a rien de féminin car les femmes qui prennent la parole sont bien plus directes .?

  • Avatar userseb

    Nickel ce truc,
    Pour l’immigré qui ne parle pas notre langue c’est un plus…
    On va pouvoir limiter les cours de français à l’école aussi…

    Cela ne suffit plus de changer les mots. Ils vont imposer l’image

  • Avatar ticheval

    Un point de vue nuancé et interessant:

    « Nous avons été prof de français. Sommés de nous offusquer des fautes d’orthographe, nous avons été pris pour les curés de la langue. Nous avons écrit pour dédramatiser, pour réfléchir ensemble et puis aussi parce qu’on a toujours pensé que l’Académie Française avait un vrai potentiel comique. »

    *La faute de l’orthographe | Arnaud Hoedt Jérôme Piron | TEDxRennes*

    https://www.youtube.com/watch?v=5YO7Vg1ByA8

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