Trading de pages Facebook : comment ils vous manipulent pour de l’argent….

Quand c’est gratuit, c’est vous le produit…

Pixabay

Chaque détenteur d’un compte facebook se voit régulièrement, si ce n’est plusieurs fois par jour, proposer à sa vue des contenus de pages aux titres évocateurs. « C’est OUF », « TopiBuzz », « La vie est trau belle » ou autres « J’encaisse, j’observe, je ne dis rien mais fais GAFFE j’ai une très bonne MÉMOIRE », autant de pages qui apparaissent comme du divertissement bon-enfant mais qui occupent une grande place dans nos actualités. Mais en réalité, les stratégies marketing que déploient souvent ces pages Facebook font de l’internaute un simple produit dont il faudrait accaparer un maximum de temps de cerveau disponible.

La vente, fusion et acquisition de pages Facebook

Le piège peut prendre de très nombreuses formes. Petites phrases pseudo-philosophiques sur fond arc-en-ciel, image de personne cancéreuse réclamant une prière, posts qui vous encouragent vivement à identifier vos amis sur un clip trop drôle, vidéo à très fort potentiel de buzz grossièrement copiée-collée depuis Youtube… Tout ceci fait maintenant partie de notre quotidien. Ce qu’on sait moins, en revanche, c’est que la plupart des pages à l’origine de ces posts sont loin d’être gérées par des utilisateurs lambda qui voudraient nous amuser par altruisme. Il s’agit désormais d’un véritable business organisé qui permet de créer de l’argent à partir de nos likes, et ce, sans générer aucun contenu original, sans investissement personnel ni travail.

Le média Fier-Panda explique en détails, dans un coup de gueule contre Facebook, comment ce juteux business détruit nos actualités avec cette conclusion parlante : « Facebook ne s’adapte plus, il nous adapte. » Mais pourquoi vouloir capitaliser du « like » sur des pages qui ne vendent rien et ne créent rien ? C’est simple : il existe du trading de page facebook, donc un marché avec des vendeurs et des acheteurs de pages. En effet, il est depuis un certain temps possible de fusionner des pages, et donc de capitaliser les utilisateurs d’autres pages. Ainsi, des marques vont vouloir gonfler fictivement leurs fans en rachetant des pages, ces fameuses pages aux contenus racoleurs. Et ces likes ont une valeur toute particulière, car contrairement aux faux comptes Facebook, il s’agit ici de vraies personnes, de potentiels consommateurs de produits : Vous.

La stratégie de rachat de pages Facebook est simple : grâce à des contenus creux et autres vidéos de buzz, l’entreprise capitalise des milliers (millions ?) de fans sur une page au nom bidon. Puis cette page « bidon » est revendue à prix d’or sur des sites de trading spécialisés. Un client rachète la page, la fusionne avec son entreprise et capitalise les fans. Parfois, c’est un même média qui pratiquera la technique multipliant les pages quasi similaires pour les fusionner ensuite. Ainsi, un utilisateur lambda peut soudainement se retrouver à suivre la page d’une entreprise dont il n’a jamais entendu parler. Et voilà comment en quelques clics, avec un peu d’argent, une marque peut gagner 50 000 ou 100 000 fans de plus et se prétendre une des plus grosses communautés de France. Reste ensuite à faire du placement de produits pour générer des milliers d’euros sur le dos des utilisateurs floués sans jamais avoir créé de richesse physique ou intellectuelle de son existence.

La marchandisation de tout et de tous

Cette pratique, loin de toute éthique élémentaire, banalise un nouvel état de fait : l’utilisateur du réseau social se transforme en simple marchandise qui s’échange et se vend. Pire encore, les personnes les plus enclines à « liker » des contenus « funs et légers » se voient catégorisées dans les consommateurs potentiels idéaux et soumises à des stratégies marketing de plus en élaborées. Une personne ayant du recul critique sur ce qu’il soutient sur Internet, via ses likes, aura par opposition plus de retenue en matière de consommation, ce qui n’en fait pas nécessairement un bon client (sauf si son « besoin » est ciblé à travers la capture d’informations privées, ce qui est encore un autre problème).

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Conclusion:

Fier-Panda terminera son coup de gueule par ces mots : « Fermez la porte au capitalisme, il entre par la fenêtre. Comme notre intérieur ne lui plaît pas, il change le papier peint et il nous envoie la facture. » Plus que jamais, activons nos neurones et apprenons à pouvoir dire No pasarán tant que nous le pouvons encore.

Source Mr-Mondialisation

Voir:

Le Petit Guide des Alternatives citoyennes d’aujourd’hui et de demain

Le journal télévisé : symbole du déni collectif dans lequel nous vivons ?

3 commentaires

  • nahash nahash

    Fermez vos comptes, ça devrait être fait depuis longtemps.

  • Grand marabout Grand marabout

    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/etes-vous-frustres-par-facebook_1213244.html

    Quand Facebook rime avec frustration. Une étude menée par deux chercheurs allemands, le Dr. Hanna Krasnova et le Dr. Peter Buxmann, révèle que le réseau social Facebook rendrait ses membres malheureux, jaloux voire aigris.

    Sur les 584 férus du réseau social interrogés, une personne sur trois se sent plus malheureuse après s’être connectée. En cause: la vie sociale trépidante de ses amis. Les photos de vacances des « amis » sont les premières à être sujettes à comparaison (19,3%).
    Loin derrière arrive le nombre de messages de bon anniversaire à 6,3%, puis ceux de bonne année, de bonne fête, le nombre de « j’aime »… Au final, pour ces utilisateurs, Facebook est principalement une plateforme de comparaisons et de créations de frustrations.

  • Comme je e dis souvent la connerie est bien la chose la mieux partagée sur terre.
    Mais il y en a certains qui prennent la part des autres.