Pénurie d’anti venin?…

On sait bien que les labos ne sont pas des entreprises altruistes, mais là, ce sont des centaines de gens qui risquent de mourir faute de sérum anti-venin. Sous nos latitudes c’est assez rare, à part les vipères (?) mais pour les africains, il y a danger. Les serpents mordent environ 5 millions de personnes chaque années dans le monde.

Une vipère péliade – Lee Brady

L’OMS s’alarme du manque de sérum Fav-Afrique depuis l’arrêt de la production par le laboratoire Sanofi…

Il n’est jamais très conseillé de croiser l’une des 600 espèces de serpents venimeux dans le monde. L’évidence prend encore plus de sens depuis l’alerte de Médecins Sans Frontières (MSF), dénonçant une pénurie de sérums anti venins dans les quatre années à venir. Notamment en Afrique où les morsures de serpent tuent 30.000 personnes chaque année (sur 100.000 décès dans le monde). Peu de sérums bloquaient jusque-là plusieurs venins, parfois mortels, à la fois. Le Fav-Afrique en est un, mais le laboratoire Sanofi a stoppé sa production. La pénurie guette désormais, suscitant quelques interrogations…

Pourquoi une telle situation ? Parce que Sanofi a pris la décision de ne plus produire le sérum en 2010. La production a été arrêtée en 2014, ce qui provoquera une rupture de stocks en 2016. Voilà pour l’échéancier. Par la voix de son porte-parole Alain Bernal, le laboratoire justifie cette décision en raison des prix affichés par des produits concurrents en Asie, en Amérique latine et en Afrique. « Sanofi Pasteur ne peut s’aligner » et a entrepris de se concentrer sur la production d’un antirabique pour lequel la demande est croissante et planifiable. » Le laboratoire précise qu’il « regrette » cette décision, et qu’il a « sensibilisé depuis plusieurs années les autorités internationales de santé » sur ce problème.

Existe-il d’autres sérums ? Pour MSF, le Fav-Afrique est le seul sérum « certifié sûr et efficace » en 2014. Un transfert de technologies a été effectué pour qu’un autre laboratoire produise le sérum. Mais les premiers échantillons ne sortiront des labos qu’en 2019. Aucun produit de remplacement ne sera donc disponible jusque-là en raison des délais de fabrication du médicament. Pour le produire, le venin doit d’abord être extrait du serpent. Il est ensuite injecté dans des chevaux dont le système immunitaire produit des anticorps, récupérés pour le sérum. Après deux ans de purification, les doses seront prêtes.

Peut-on parler de défaillance de marché ? Oui. Sanofi le reconnaît, d’ailleurs. Cette situation démontre clairement comment la pression sur les prix conduit à faire des choix au détriment de la fiabilité de l’approvisionnement avec un impact sur la santé publique. Pour Claude Le Pen, économiste de la santé, il est nécessaire de rappeler que le médicament « relève d’une industrie et qu’un laboratoire n’est pas une association à but non lucratif »……

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Source 20Minutes

 

 

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