Croissance française: gare à l’affichage!

En se focalisant sur la croissance du PIB au 2e trimestre, on peut se réjouir de la sortie de récession de l’économie française. Mais l’emploi a continué de se dégrader tout comme la production. Et l’investissement des entreprises, indispensable pour relancer l’activité et faire baisser le chômage, est orienté à la baisse.

Devant Goodyear Amiens, juin 2013. La fermeture de l'entreprise américaine va se traduire par la perte de 1.200 emplois environ. REUTERS/Benoit Tessier

– Devant Goodyear Amiens, juin 2013. La fermeture de l’entreprise américaine va se traduire par la perte de 1.200 emplois environ. REUTERS/Benoit Tessier –

On trouve tout, dans les statistiques. Ce qui peut donner lieu à des interprétations contradictoires. Ainsi, l’augmentation de 0,5% du PIB (produit intérieur brut) en France au 2e trimestre 2013 annoncée par l’Insee le 14 août a été copieusement saluée et abondamment commentée dans les médias après que Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, se soit réjoui de ce «très net rebond» qui «confirme la sortie de récession de l’économie française».

Le PIB progresse mais l’emploi continue de se dégrader

Toutefois, le même jour, cet institut produisait une autre estimation qui, toujours sur le 2e trimestre, indiquait un nouveau recul de l’emploi de 0,2% dans les secteurs marchands non agricoles, soit un repli trois fois supérieur à celui observé au 1er  trimestre. Pas de quoi pavoiser: sur un an, d’après le ministère du Travail, 118.200 emplois salariés ont encore été perdus.

La fameuse sortie de récession au deuxième trimestre n’aura donc pas permis d’inverser la tendance. Rappelons que, en France métropolitaine, près de 3,28 millions de personnes étaient inscrites fin juin comme demandeurs d’emplois, soit 11,2% de plus qu’un an plus tôt.

Ainsi, selon que l’on considère la statistique du PIB ou celle de l’emploi, publiées le même jour, on aura une vision bien différente de la situation de l’économie française. Cette divergence s’explique: pour que l’emploi redémarre, il faut d’abord que l’activité reprenne. La progression du PIB semblerait donc annoncer de prochaines tendances plus favorables pour l’emploi, et on pourrait espérer être entré dans un cercle vertueux.

Pas de rebond de la production

Mais là encore, l’analyse est complexe. Car pour qu’une économie crée de l’emploi, il faut que la croissance soit de toute façon supérieure à 1%, voire 1,5%. L’économie française en est encore loin. D’autant que si l’on considère la production manufacturière, elle a continué à réculer et a baissé de 0,4% en juin.

Certes, sur le 2e trimestre, elle aurait un peu augmenté (de 1,5%) par rapport aux trois premiers mois de l’année, mais elle se situerait toujours en dessous de son niveau du 2e trimestre 2012. Pas très réconfortant.

Ainsi, même si toute bonne nouvelle est bonne à prendre, l’économie française apparaît encore bien loin de retrouver un rythme de croisière susceptible de lui assurer une croissance qui permettrait de résorber le chômage, objectif prioritaire du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Même si les dernières recommandations du FMI (fonds monétaire international) conseillent à la France de modérer sa politique d’austérité pour ne pas asphyxier la reprise, donnant quitus à la stratégie de François Hollande, le pays n’est pas encore sorti de la crise. Et il ne faudrait pas, sous prétexte d’amélioration tendancielle, réduire les efforts nécessaires pour améliorer la compétitivité de l’économie avant même qu’ils commencent à produire leurs effets.

La France loin des meilleurs élèves européens

D’autant que la France est loin de faire partie des meilleurs élèves de l’Europe.  Certes, au 2e trimestre, elle affiche une progression supérieure à celle de 0,3% de l’Union européenne par rapport au 1er trimestre, selon Eurostat. Mais elle est devancée par l’Allemagne, le Royaume Uni, la République tchèque ou la Finlande…  Et sur douze mois, l’économie française avec 0,3% de progression du PIB n’arrive qu’en dixième position dans l’Union européenne.

Le constat est identique pour la production industrielle. Selon les critères d’Eurostat, elle aurait progressé de 0,7% en juin par rapport à mai dans l’Union pour l’ensemble de l’industrie, mais aurait reculé de 1,5% en France. Un bien mauvais score comparé à l’Allemagne (+2,5%) ou à la Pologne (+3,1%) sans même parler de l’Irlande (+8,7%).

Source: slate.fr

17 commentaires

  • Nevenoe Nevenoe

    Il y a longtemps que le PIB est sans intérêt.
    Il n’indique en rien la redistribution de la richesse produite

  • Christiane

    *1- http://www.jovanovic.com/blog.htm
    *2- http://olivierdemeulenaere.wordpress.com/
    *3- http://leblogalupus.com/
    un regard hagard sur l’Economics et ses Finances.
    *4- http://www.solidariteetprogres.org/ – Jacques CHEMINADE.
    *5- http://attention-crash-mondial.blogspot.fr/

    Grosso modo, on peut se faire une première idée générale… en plus, il y a 28 pays…

  • suzanna

    Mc Do -> morgellon

    bon appétit.

    http://youtu.be/-fuL-E2hPlc

  • delaney

    moi j’ai une entreprise, et depuis le mois de juin, c’est la dégringolade. Juillet et aout, n’en parlons pas. J’attends le mois de septembre pour voir si ça repart un peu, mais quand je les entends dire que la croissance repart, ça me fait bien rigoler !!

    • carlusmagnus carlusmagnus

      Faut que ce soit auto-réalisateur. En France, la croissance c’est la consommation. Si les moutons pensent que c’est bon, ils vont recommencer à consommer,à s’endetter, donc croissance en hausse.

  • rouletabille rouletabille

    La CROISSANCE EXISTE et est visible ,des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres,il y a croissance des deux.

  • odin29

    Oser parler de ” croissance “!… Quel culot! Comment se faire une idée de la situation réelle? On ne peut pas se fier aux chiffres puisqu’ils sont truqués. Mille chômeurs de plus chaque jour qui passe… mais on est prié d’y croire à la croissance, à la relance, à la sortie de la crise. Quel foutage de gueule!!!

    • rouletabille rouletabille

      La croissance est la bible de l’asservissement,,pas de croissances nous crevons,bcp de croissance,nous crevons,ils s’enrichissent.

    • voltigeur voltigeur

      Ils ont un de ces culot…plus que monstrueux ♥♥
      La France idéale de 2025 selon les ministres

      • rouletabille rouletabille

        juste un petit ♥,suis de mauvaise humeur car mes 2 filles ont décider de venir faire le ménage,nettoyer,vider les fonds de grenier etc etc,c’est l’ENFER.
        elle avaient mis un édredons en plumes d’oies sur un container,et quand ils ont vus mes réserves ils m’ont traités de FOU,(je les adore et elle aussi ) mais 3 jours et bon ,c’est au dessus de mes forces,j’ai payer un restaurant à toute la smala et après une glace et ,bon.J’EN SUIS QUITTE.
        C’est normal de péter les plombs quand même..
        bisous..
        PS
        LES CHATS,un traumatisme TOTAL.

  • Grand marabout 2.0 Grand marabout 2.0

    la croissance se fait surtout au milieu du séant,ainsi le changement passe de mieux en mieux.
    la croissance de l’exaspération,par contre,elle,est bien visible.
    “La croyance que rien ne change provient soit d’une mauvaise vue, soit d’une mauvaise foi
    La première se corrige, la seconde se combat.”
    Friedrich Nietzsche

  • derdesders

    Le PIB pris comme indicateur de croissance est une aberration mathématique, pour la simple raison que le négatif est comptabilisé comme positif !

    Pour simplifier , brulons le pays pour le sauver ….

    Nuit de la St Sylvestre (Saint qui devrait être patron des constructeurs automobiles , déjà reconnu d’utilité publique par nos gouvernants successifs pour sa capacité à gonfler le PIB )