Un petit génie démonte une étude reliant dette élevée et récession

C’est donc prouvé, la récession n’est pas la solution! C’est juste un moyen utilisé pour mettre à genou une population, pour faire plier les gouvernements et leur faire accepter des méthodes plus que discutables pour tenter de résoudre les problèmes, alors qu’au final, les solutions sont simple: arrêter d’entretenir les banques et remettre la finance à sa place. Maintenant, pour connaître la ou les vérités, il suffit de suivre « la piste de l’argent » et de voir à qui cela peut profiter, qui à quelque chose à y gagner

Manifestation contre l'austérité à Paris le 11 octobre 2011.
Manifestation contre l’austérité à Paris le 11 octobre 2011. / Crédits : LCI

ConjonctureEn 2010, l’étude de deux économistes de renom concluait qu’une dette élevée s’accompagne d’une récession. Un étudiant du Massachusetts, avec deux de ses professeurs, a révélé qu’elle est truffée d’erreurs. Ils appellent à revoir les politiques d’austérité.

Une dette élevée s’accompagne-t-elle nécessairement d’une récession? C’était la conclusion à laquelle deux économistes renommés de Harvard étaient arrivée en 2010. Mais leur étude influente vient d’être mise à mal par les travaux de trois universitaires américains, qui démontrent « qu’elle est truffée d’erreurs ».

Dans leurs travaux publiés en 2010, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff -ancien chef économiste du Fonds monétaire international entre 2001 et 2003- avaient conclu que les périodes où la dette publique des pays riches avait dépassé 90% de leur produit intérieur brut correspondaient, en moyenne, à des récessions de l’ordre de -0,1%. Publiée en plein coeur de la crise de la zone euro, cette étude a été abondamment commentée et a notamment servi de référence explicite à l’élu américain Paul Ryan, ancien vice-candidat républicain à la présidence.

Dette publique à 90% et croissance à +2,2%

La semaine dernière, coup de tonnerre sur le dogme de l’austérité : trois économistes du Massachusetts publient leurs travaux qui, en reprenant les données de l’étude de 2010, aboutissent à une conclusion radicalement différente : en étudiant la même période (des données collectées entre 1946 et 2009), ils estiment que la croissance économique des pays avec une dette publique supérieure à 90% a été, en réalité, de +2,2%.

« Tout cela est parti du travail d’un de nos étudiants qui n’arrivait pas aux mêmes résultats que Rogoff et Reinhart. Nous avons travaillé dur sur la question pour finir par découvrir qu’ils avaient commis une série d’erreurs », a expliqué Michael Ash, professeur d’économie à l’Université Amherst du Massachusetts. Cet étudiant, c’est Thomas Herndon, 28 ans. Lors d’un exercice d’économétrie, il reprend les calculs qui sous-tendent l’étude de 2010 et tombe sur une série de fautes. A commencer par une erreur de formule dans leur tableur Excel.

Cinq pays oubliés

Les trois universitaires accusent également leurs collègues d’Harvard d’avoir procédé « à un tri des données » : cinq pays -Australie, Autriche, Canada, Danemark et Belgique- sont passés à la trappe dans leur panel. Et leur méthode de pondération est jugée contestable. Les chercheurs du Massachusetts estiment que leurs conclusions doivent conduire à revoir « les objectifs d’austérité » défendus en Europe ou aux Etats-Unis. « Ce serait vraiment une très mauvaise décision pour un gouvernement d’utiliser ce seuil de 90% », estime Michael Ash.

Mis en cause, Mme Reinhart et M. Rogoff ont admis, dans le Wall Street Journal, l’erreur de formule Excel mais pas les autres reproches. Pour eux, les résultats de cette nouvelle étude étaient du « même ordre » que leurs propres conclusions s’agissant des données pays par pays. Sur son blog, le Prix Nobel d’économie Paul Krugman a renoncé à prendre leur défense en jugeant leur réponse « vraiment très mauvaise ».

Source: lci.tf1.fr

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