La vidéo choc de Greenpeace sur les méthodes des pêcheurs de thon…

On sait déjà que les méthodes pour fournir la nourriture, ne sont pas des plus étiques. Mais en tuant tout et n’importe quoi, sans distinction, on peut présager que la raréfaction va suivre à vitesse grand V. Nous sommes confrontés à un dilemme kafkaïen, oublier le thon pour leur laisser le temps de se reproduire et grandir, ou pêcher à outrance, et éradiquer tous les poissons. Les dommages collatéraux de certaines méthodes de pêche sont prouvés.  Il y a de la demande, donc l’offre doit suivre.. Jusqu’à quand? On ne va pas jeter la pierre à la société mise en cause, car elle n’est pas la seule. Il serait plus simple que tous les consommateurs se motivent, et accepte de changer de comportement. Il faut savoir que ce qu’il y a dans les boites de thon, n’est pas toujours du thon rouge, réservé aux sushis qui sont appréciés par les japonais et maintenant chez nous. On met en boite une autre espèce,  la « bonite » qui est abondante, ou de l’albacore. Quant au prix, ceux qui font les courses, sont au courant du prix élevé des boites de « thon ». S’il n’y a pas demande, il ne peut y avoir d’offre, on ne fabrique pas, ce qui ne se vend pas.

Depuis septembre, la pêche au thon est dans le viseur des écologistes. Orchestrée par Greenpeace, la campagne « Que cache votre boîte de thon? » atteint son apogée ce mardi 21 octobre avec la mise en ligne de vidéos choc tournées par des pêcheurs à bord de leurs propres bateaux battant pavillon français et espagnols, et diffusées en avant-première sur le HuffPost (voir ci-dessus).

Ces images décrivent par le menu une des techniques de pêche les plus destructrices. Ici, ce sont effectivement les dispositifs de concentration de poissons (DCP), disséminés dans l’Océan indien, qui sont pointés du doigt. On découvre dans la vidéo toutes les espèces prises dans les filets des pêcheurs, du requin baleine (espèce protégée), à la raie, en passant par les thons trop jeunes pour être pêchés et les requins soyeux (qui s’associent souvent au thon). Quelques tortues font même partie des « victimes collatérales » de cette méthode…

« Blessés ou parfois déjà morts, ces animaux n’ont quasiment aucune chance de survie une fois pêchés, explique Hélène Bourges, chargée de campagne pour Greenpeace. Ils sont relâchés tels quels dans l’océan, au mépris de toutes les règles de sauvegarde des espèces menacées ou protégées ».

Si Greenpeace a décidé de diffuser ces images à travers plusieurs médias (cette vidéo est effectivement publiée au même moment dans plusieurs pays en Europe et le sera quelques heures plus tard aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande), c’est parce qu’elles accréditent sa thèse selon laquelle ces dispositifs de concentration de poissons sont extrêmement dangereux pour l’écosystème.

Le but est de faire avancer la demande que l’ONG lance à Petit Navire: prendre l’engagement public d’arrêter la pêche avec DCP.

Une demande que Petit Navire n’apprécie guère. Son directeur général, Amaury Dutreil, estime que la campagne de Greenpeace est « simplificatrice, réductrice et ne prend pas en compte les très bons critères de Petit Navire comme la transparence mise en place au quotidien vis-à-vis du consommateur ». Il admet cependant que deux tiers de la pêche de Petit Navire est effectuée avec les DCP.

Il explique également travailler à des méthodes de pêche moins invasives, mais utilisant toujours les DCP. « Nous avons formé dans certains filets de pêche des trous que seuls les requins peuvent trouver, les thons ne réagissant pas de la même manière face à un filet. La science et la technologie travaillent beaucoup sur ces dispositifs. Elle est en train de développer des sonars permettant aux marins de savoir quelle population se trouve sous les DCP. C’est une aide à la décision pour nos pêcheurs. »

Rares images

En juillet dernier, le magazine National Geographic diffusait déjà sur sa chaîne Youtube un reportage de quelques secondes décrivant l’action du gouvernement des îles de l’archipel de Palau et de l’ONG Greenpeace pour démanteler les DCP égrenés dans l’océan Pacifique sans autorisation.

Mais ce reportage est sans commune mesure avec les images auxquelles Greenpeace a eu accès. Ces photos et vidéos ont été capturées par les marins eux-mêmes à bord des bateaux entre 2008 et 2013, puis envoyées en toute discrétion à l’ONG par l’entourage de ces marins, lanceurs d’alerte d’un jour.

Pourquoi ces vidéos intéressent-elles le marché français du thon?

Toujours selon Greenpeace, les traceurs de ces navires auraient enregistré plusieurs arrêts dans des ports des Seychelles où sont installées les conserveries IOT (Indian Ocean Tuna Limited), celles-là même appartenant au groupe MW Brands qui détient la marque française Petit Navire et d’autres marques de boîtes de thon que l’on retrouve dans les rayons des supermarchés Leclerc et Casino. Voici pourquoi Greenpeace somme Petit Navire de revenir à une pêche plus traditionnelle. « Nous savons qu’il est difficile pour les marques d’abandonner rapidement les DCP, ils garantissent à peu de frais et en peu de temps d’immenses prises, accorde Isabelle Philippe, la chargée de communication de Greenpeace France. C’est pourquoi nous ne leur demandons pas de revenir exclusivement à la pêche à la ligne, même si c’est la meilleure des solutions. Il existe aussi la pêche à la senne qui permet d’utiliser un grand filet, mais sans DCP, et avec l’obligation de suivre les bancs de thons. » Les équivalents britannique et italien de Petit Navire ont déjà décidé d’abandonner ces DCP.

Petit Navire, lui, dit « partager les objectifs de la flotte française présente dans l’Océan indien qui consistent à limiter le nombre de DCP par bateau ». Une limitation que Greenpeace aimerait voir évoluer.

Auteur pour huffingtonpost

Voir aussi:

» Que cache votre boîte de thon?

» Le top 10 du thon en boîte

» Petit Navire, gros dégâts !

Et cet article de consoglobe qui nous donne l’état des Océans, (Vous croyez que le désastre de Fukushima a été pris en compte?)

L’Ocean Health Index indique un état des océans stable

Déforestation dans le monde en 10 données clées

 

 

Un commentaire

  • Mehdi

    C’est sûr que la pêche intensive c’est mauvais.

    Mais concernant le thon rouge, à ce qu’il parait, les stocks actuels, après des années d’interdiction de pêche, sont 5 fois supérieurs aux réserves de 1950.

    Il existe encore des pêcheurs qui pêchent le thon rouge à la ligne =)