Selon les premiers résultats, le « oui » au référendum d’autodétermination de l’est de l’Ukraine aurait recueilli entre 94 % et 98 %

Selon les premiers résultats, le « oui » au référendum d’autodétermination de l’est de l’Ukraine aurait recueilli entre 94 % et 98 %. L’Union Européenne pourrait prendre de nouvelles sanctions contre Moscou en l’absence de nouvelle désescalade.

Les résultats du référendum organisé par les pro-russes commencent à tomber au fur et à mesure du dépouillement des bulletins d’un scrutin largement dénoncé par la communauté internationale. Selon l’agence russe Ria-Novosti, et sur la base des données recueillies auprès de 28 commissions électorales territoriales (sur 32), entre 94 et 98 % des suffrages dépouillés jusqu’à présent se sont exprimés en faveur du « oui ». Toujours selon ces mêmes sources, le « oui » l’a emporté avec 96,2% des voix au référendum d’autodétermination organisé dimanche dans la région de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine. Dans la région de Donetsk, où les séparatistes ont proclamé début avril une « république populaire de Donetsk », le « oui » est arrivé en tête avec 89,07% des voix.

Suite à ces résultats, le porte-parole de « l’armée du Sud-Est », Vassili Nikitine, a déclaré que la république auto-proclamée populaire de Louhansk a l’intention de demander à l’ONU la reconnaissance internationale, tandis que sa population n’a pas l’intention de participer aux élections présidentielles ukrainiennes qui se tiendront le 25 mai prochain.

D’un point de vue plus général, selon l’agence russe Ria-Novosti qui cite ce lundi matin les organisateurs, le taux de participation oscille entre 75 et 95% selon les districts. Les bulletins de vote ne contenaient qu’une question : « Soutenez-vous l’acte d’indépendance respectivement des républiques populaires de Donetsk et de Louhansk ? »

Kiev dénonce une « farce propagandiste », Moscou respectera le résultat des urnes

Kiev et Moscou ont, sans réelle surprise, réagi à ce scrutin. Le président ukrainien par intérim Alexandre Tourtchinov a ainsi réaffirmé que ce référendum n’avait aucune valeur juridique et qu’il s’agissait d’une « farce propagandiste » qui n’aura « aucune conséquence juridique sauf une responsabilité pénale pour ses organisateurs. » Mais c’est la réaction du président russe Vladimir Poutine qui était la plus attendue. «  Nous respectons à Moscou l’expression de la volonté des populations des régions de Donetsk et Lougansk et partons du principe que la mise en oeuvre pratique du résultat des référendums se fera de manière civilisée, sans aucune récidive de violence, par le dialogue entre les représentants de Kiev, Donetsk et Lougansk », a déclaré le Kremlin dans un communiqué. Le ministre russe des Affaires étrangères s’en est violemment pris à la réaction de Kiev, jugeant que le gouvernement de transition faisait preuve d’un manque « criminel » de préparation au dialogue.

Un peu plus tôt dans la matinée, interrogé par le quotidien russe Kommersant, Dmitri Peskovle, porte-parole de Vladimir Poutine avait indiqué que le président russe formulerait sa réaction aux référendums d’indépendance dans l’est de l’Ukraine « en fonction du résultat ». Tout en soulignant qu’il était « difficile de prévoir à l’avance » quelle serait cette réaction. Interrogé sur cette réaction du refus des séparatistes prorusses ukrainiens de reporter les référendums comme l’avait réclamé Vladimir Poutine la semaine dernière, il souligne que le président russe n’avait « pas demandé (le report) mais avait fait une recommandation ». Vladimir Poutine avait en effet appelé le 7 mai les séparatistes à reporter leurs référendums, dans un signe apparent d’apaisement, qui n’a cependant pas été suivi d’effet. « Il était difficile de s’y plier, même en prenant en compte l’autorité qu’exerce le président de la Russie », ajoute-t-il. «  Compte tenu des actions armées qui sont menées, les habitants (de l’est de l’Ukraine) étaient contraints d’agir selon leur propre plan et en prenant en compte la situation », poursuit Dimitri Peskov.

La « République populaire » de Donetsk demande son rattachement à la Russie

Le chef de la « république populaire » autoproclamée de Donetsk, Denis Pouchiline, a demandé lundi à Moscou d’étudier la possibilité de rattacher cette région sécessionniste de l’est de l’Ukraine à la Fédération de Russie. « Nous appuyant sur la volonté populaire et le rétablissement d’une justice historique, nous demandons à la Fédération russe d’envisager l’absorption de la république populaire de Donetsk au sein de la Fédération russe », a déclaré Pouchiline lors d’une conférence de presse à Donetsk. « Le peuple de Donetsk a toujours fait partie du monde russe. Pour nous, l’histoire de la Russie est notre histoire. »

Par ailleurs, il a annoncé lundi que l’élection présidentielle prévue le 25 mai en Ukraine « n’aura pas lieu dans la république populaire de Donetsk », ajoutant que les insurgés ne prévoyaient pas la tenue la semaine prochaine d’un second référendum sur un rattachement à la Russie, comme la rumeur en avait couru auparavant.

Source et article complet sur Le Monde

 

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