Crise des subprimes: le Français Fabrice Tourre jugé à New York

Notez une chose, ce procès fait la Une des journaux, mais celui des grandes banques américaines? Il n’y en a pas eu, elles ont toutes payé pour échapper à la justice, la corruption institutionnalisée à l’américaine! Et pourtant, elles font partie des pires de la planète comme vous pourrez le (re-)lire dans ce sujet:

Le Français Fabrice Tourre, à New York le 15 juillet 2013 ( AFP / Stan Honda)

Le procès du Français Fabrice Tourre, un ex-courtier de la banque américaine Goldman Sachs, s’est ouvert lundi à New York, dans une affaire jugée révélatrice des excès de la finance ayant conduit à la crise.

Fabrice Tourre, également connu sous le surnom de « Fab le fabuleux » et aujourd’hui âgé de 34 ans, est jugé pour « fraude » lors de la vente d’un placement financier complexe début 2007, peu avant l’éclatement de la bulle des emprunts hypothécaires à risque (« subprime ») aux Etats-Unis.

Grave, vêtu d’un costume noir et d’une chemise blanche égayée par une cravate orangée, il est le seul accusé du procès qui s’est ouvert dans la matinée devant un tribunal de Manhattan.

Son ancien employeur, Goldman Sachs, également visé par la plainte initiale de la SEC, a payé 550 millions de dollars en 2010 pour solder à l’amiable les poursuites à son encontre.

Une grosse partie du début de l’audience a été consacrée à la sélection des jurés. Ce sont 5 femmes et 4 hommes qui auront à trancher à l’issue des débats, que la juge Katherine Forrest a dit vouloir boucler d’ici « environ trois semaines ».

Les avocats de l’accusation (le gendarme boursier américain SEC) et ceux de la défense ne commenceront à exposer leurs arguments qu’à la reprise de l’audience, prévue à 17H30 GMT, avant le début de l’audition des témoins parmi lesquels doit notamment figurer l’investisseur John Paulson.

Avant même d’entamer la sélection des jurés, la juge a toutefois demandé aux avocats d’être le plus didactique possible lors de leurs arguments. « Je vous demande d’avoir du coeur », leur a-t-elle lancé, avant de leur demander d’éviter les termes financiers trop techniques comme « swaps », « collatéral » ou encore « synthétiques », ou au moins de les expliquer s’ils doivent les employer.

Dérives de la finance

Le courtier français Fabrice Tourre (G), à New York le 15 juillet 2013 ( AFP / Stan Honda)

« Ne considérez pas pour acquis que tout le monde sache ce que fait une banque d’investissement », a-t-elle ajouté.

Mme Forrest a aussi promis de ne pas appeler l’accusé « Fab le Fabuleux ».

Fabrice Tourre avait conçu début 2007 pour Goldman Sachs un placement basé sur des dérivés d’emprunts immobiliers à risque et baptisé « Abacus ». Sans préciser par la suite aux acheteurs que le fonds spéculatif Paulson en avait influencé le contenu et spéculait à la baisse dessus.

Parmi ces acheteurs, figuraient notamment la banque IKB, première victime en Allemagne de la crise des subprimes, et sa consoeur néerlandaise, ABN Amro.

Au moment de la révélation de l’affaire en avril 2010, la presse américaine avait fustigé l’attitude arrogante et suffisante du Français, qui avait refusé de s’excuser lors d’une audition au Congrès.

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3 commentaires

  • J’avais vu son interrogatoire devant le congrès, très sûr de lui, mais avec les conseils des avocats de Goldman Sachs, qui ne doivent plus être là pour sauver le lampiste !!!!!!

  • Maverick Maverick

    Avec Mickael Milken (inventeur des Junk Bonds) et Bernard Madoff, ils sont maintenant trois; il ne leur en manque plus qu’un pour faire une belote ou bridge …

  • ANARCHE66

    J’adore le style distant de la désinformation française (AFP!): le type est un courtier, un trader, pourquoi pas un agent d’entretien qui vidait les poubelles.. En fait il dirigeait les activités de marché depuis Londres. Est-ce qu’on laisse un simple « trader » construire un produit structuré engageant la banque sur des Mds de dollars US, et négocier avec Paulson himself, gérant du + gros hedge fund américain? Encore un peu, et il serait accusé de simple non respect de déontologie comme l’agent d’assurance du coin de la rue. Selon la fiche Wikipédia il devait être a priori le n° 3 ou 4 de la banque.