Japon: débat d’experts sur la culture animale d’organes humains

Un groupe d’experts japonais a été constitué mardi pour débattre des règles d’encadrement de recherches consistant à « cultiver » des organes humains dans le corps d’un animal pour une greffe ultérieure. ( Toshifumi Kitamura )

Un groupe d’experts japonais a été constitué mardi pour débattre des règles d’encadrement de recherches consistant à « cultiver » des organes humains dans le corps d’un animal pour une greffe ultérieure.
Des chercheurs japonais souhaiteraient en effet obtenir la permission de transplanter une cellule souche humaine dans un embryon animal, afin de créer un « embryon chimérique » à implanter dans l’utérus d’une truie.

L’objet de cette manipulation serait de vérifier si cette cellule souche pourrait alors se développer en organe humain fonctionnel – un rein ou un foie, par exemple – au fur et à mesure de la croissance de l’animal.

L’organe d’origine humaine ainsi formé pourrait ensuite être prélevé et utilisé pour une transplantation dans le corps d’une personne en attente de greffe.
Les experts choisis(scientifiques, journalistes, juristes), qui ont tenu une première réunion mardi, « vont étudier les tenants et aboutissants de telles recherches », en particulier au regard des questions d’éthique et de dignité humaine, a expliqué à l’AFP un fonctionnaire du gouvernement.
Leurs recommandations seront transmises le mois prochain à un comité gouvernemental chargé de fixer le cadre des recherches embryonnaires au Japon.


Contrairement à celui d’autres pays, le public japonais est plutôt ouvert aux travaux sur les embryons, avec une couverture médiatique nationale très positive sur les avancées médicales de ce type d’expérimentations, sans beaucoup s’étendre sur les problèmes éthiques et idéologiques.
Au Japon, les scientifiques ont déjà la possibilité de développer des embryons chimériques pendant deux semaines dans des éprouvettes, mais la règlementation actuelle leur interdit d’implanter ces embryons dans l’utérus d’un animal, a précisé le responsable interrogé par l’AFP.
L’équipe dirigée par Hiromitsu Nakauchi de l’Université de Tokyo souhaiterait pourtant franchir cette nouvelle étape en implantant dans le ventre d’une truie un embryon chimérique conçu à partir d’un ovule de truie fécondé et d’une cellule souche pluripotente induite (iPS) d’origine humaine.
« Les porcs ont des organes qui sont semblables à ceux de l’homme, tant en taille qu’en forme », justifie M. Nakauchi.
Les cellules souches pluripotentes induites (iPS), ainsi nommées par leur concepteur, le professeur japonais Shinya Yamanaka (prix Nobel en 2012), sont quant à elles créées à partir de cellules adultes ramenées à l’état quasi embryonnaire en leur faisant de nouveau exprimer 4 gènes (normalement inactifs dans les cellules adultes) pour qu’elles retrouvent une nouvelle immaturité et la capacité de se différencier dans tous les types cellulaires.

Source: Le Parisien

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