Euro : le ton monte entre la Bundesbank et la BCE

Cela continue de bouger au niveau économique, le mode « panique » est enclenché même si peu le voient (ou acceptent de le voir), et dans les semaines à venir, il risque d’y avoir du mouvement, quel que soit le sens… Depuis plusieurs de semaines déjà, nous nous intéressons à un éventuel défaut de paiement de la Grèce qui de toute manière est inévitable, et au fait que celle-ci ne pourra jamais rembourser les banques, la faillite ne sera alors plus uniquement grecque et de gros dominos devraient tomber… La panique est totale, mais encore une fois, dormez tranquilles braves gens, il y a encore du foot à la télé, cela montre bien que tout va bien non?

Jens Weidmann, président de la Bundesbank.
Jens Weidmann, président de la Bundesbank. Crédits photo : TOMAS  BRAVO/REUTERS

Si la zone euro devait s’effondrer, l’institution de Francfort craint de ne jamais revoir une partie de l’argent qui représente les créances de toutes les banques de la zone euro à son égard.

500 milliards d’euros font trembler la Bundesbank. Cette somme record représente les créances de toutes les banques de la zone euro à son égard, telles qu’elles apparaissent dans le système de paiement européen Target, qui relie entre eux l’ensemble des établissements financiers européens. Si la zone euro devait s’effondrer, l’institution de Francfort craint de ne jamais revoir une partie de cet argent. Et elle juge les 17 banques centrales de la zone euro, solidaires dans ce type d’éventualité, incapables de porter un tel fardeau.

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, s’en est ouvert auprès du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, dans une lettre qui -fort opportunément- a fuité cette semaine dans la presse allemande.

Officiellement, M. Weidmann s’inquiète des règles encadrant les collatéraux, ces garanties déposées par les banques auprès des banques centrales en échange de liquidités. Les conditions d’acceptation de ces collatéraux ont été dernièrement assouplies, au point que certains crédits accordés aux entreprises sont désormais éligibles. La Bundesbank exige des garanties supplémentaires pour se protéger de défauts en cascade.

Un statut de créancier prioritaire

Pour Jörg Krämer, chef économiste à la Commerzbank, la Bundesbank est «dans son bon droit» avec ces revendications. Il suggère plusieurs pistes, notamment le dépôt auprès du FMI de devises ou d’or. «L’Italie en possède pour 134 milliards d’euros. Cela couvrirait 70% du montant des créances», signale l’analyste. Il propose également de donner un statut de créancier prioritaire à la Bundesbank ou de ralentir l’injection de liquidités dans les pays surendettés. Mais les pays débiteurs étant majoritaires au Conseil des gouverneurs de la BCE, M. Krämer ne croit pas que la Bundesbank obtiendra gain de cause. D’autant que Berlin semble plutôt isolé, ses inquiétudes n’étant pas partagées côté français.

Derrière son aspect technique, cette polémique traduit, au plan politique, une escalade supplémentaire dans les dissensions entre le monde financier allemand et la BCE dans la gestion de la crise de la dette. L’an passé, l’ex-économiste en chef de la BCE, Jürgen Stark, et l’ex-patron de la Bundesbank, Axel Weber, avaient quitté leurs fonctions sur fond de désaccord sur la voie choisie, pas assez rigoureuse à leur goût.

Justement, la lettre de la Bundesbank a été publiée au lendemain de la nouvelle opération illimitée de prêt à trois ans de la BCE, qui a accordé mercredi 530 milliards d’euros à 800 banques. Du côté de la Bundesbank, on estime que cette opération initiée par Mario Draghi, et qui a permis de stabiliser les marchés financiers, porte en elle les germes d’une future crise et pourrait dissuader les gouvernements de poursuivre leurs efforts de consolidation budgétaire. Sur la défensive, la BCE laisse désormais entendre qu’il n’y aura pas de nouveau prêt de ce genre alors que jusqu’à présent, la porte était ouverte pour une troisième opération au printemps. La chancelière allemande, Angela Merkel, a fait savoir qu’elle n’y était pas favorable, en l’état. Une manière de voler au secours du patron de la Bundesbank.

Source: Lefigaro.fr

11 commentaires

  • Maverick Maverick

    Ca m’énerve. Les Allemands sont apparemment les seuls qui ont compris que les banques américaines sont en train de piéger l’Europe. Elles veulent un clone européen de la FED (MES, FESF & Cie), ça leur ferait une nouvelle presse à billets et un nouveau gisement de déficit. Les Allemands ne veulent pas que l’Europe finisse comme les USA, avec des déficits et une dette astronomiques et une crise budgétaire par an.

    • Nevenoe Nevenoe

      les Allemand ont surtout peur de ne plus revoir leur argent …
      Et puis ces 500 milliards de fausse monnaie, dans quelles conditions ont ils été prêtés ? Est ce que ce sont des fonds qui ont été prêtés afin de régler une dette comme on le voit actuellement lorsque l’Espagne ou le Portugal empruntent pour payer leurs intérêts ?

      En fait on fait de la dette avec de la dette, c’est absurde …

      Le vrai courage serait de tout remettre à plat, de décréter comme nulles  les dettes de TOUS les états de l’UE.
      L’UE mettrait en place un nouveau système financier européen avec des règles claires et surtout équitables, mais tant que les banquiers tireront les ficelles ça ne se produira pas …

    • voltigeur voltigeur

      En voilà un qui a tout compris…..malheureusement, peine perdue, ils ont voté oui !!
      Intervention de J-P Brard député apparenté Pcf sur le MES
      Député de Seine-Saint-Denis
      Mécanisme européen de stabilité
      Motion de rejet préalable
      http://lefilrougeromanais.over-blog.com/article-intervention-de-j-p-brard-depute-apparente-pcf-sur-le-mes-99942592.html

      • babs

        bonne question,
        « Et puis ces 500 milliards de fausse monnaie, dans quelles conditions ont ils été prêtés »
        reponse :
        se sont les 3 lingot d’or qui reste … de la banque de france !
        c’est un braquage, y a pas d’autre mot !!!
         

      • hopix

        Au risque de paraître un peu lourdingue, je remets ici un lien indispensable à consulter. 

        Indispensable en ce sens qu’il est démontré dans ce texte qu’aucun de ces traités n’a la moindre valeur
        La contrainte, on la subit parce qu’on le veut bien. Si on n’en veut plus, ben… reste à apprendre à être libres.

        Et de trois : après la Bolivie et l’Équateur, le Venezuela quitte le CIRDI !

  • néo coralie

    après l’or de la grèce c’est celui de l’italie qui est visé !

  • mémé

    Toujours très pragmatiques, les Allemands. En voilà qui ne passent pas leur temps au pays des Bisounours comme certains candidats que je ne nommerai pas…

  • Nevenoe Nevenoe

    le Parisien est décidément impayable …

    Comment peut on faire confaince à la presse après des titres pareils …

    La zone euro voit s’éloigner la crise de la dette


    Les responsables européens ont peu ou prou proclamé cette semaine la fin de deux années de phase aiguë de crise de la dette et de craintes autour de la survie de la zone euro, même si la Grèce va rester un problème durable à gérer pour l’Union monétaire.
    « Nous ne sommes pas sortis de la crise économique, mais nous sommes en train de tourner la page de la crise financière » qui « aurait pu emporter la zone euro et toute l’Europe », a estimé le président français Nicolas Sarkozy

    http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/la-zone-euro-voit-s-eloigner-la-crise-de-la-dette-03-03-2012-1888174.php

  • pikpuss

    La dette ne sera jamais payée c’est une certitude. Une nouvelle, voire plusieurs monnaies verront le jour ; elles seront au départ très fortes car non adossées à une dette. Reste à savoir, si elles verront le jour avant ou après la guerre que l’on nous prépare. Préparons-nous en tout cas à être ruinés…