Enquête sur les crimes contre les femmes autochtones au Canada : « Le silence a assez duré ! »…

Pour en savoir plus sur ce génocide, vous pouvez lire les PDF de JBL1960, « Meurtres par décrets« , le génocide dans les pensionnats pour Indiens de 1840 à 1996 au Canada et « Mémorendum« . On a beau dire « plus jamais ça », force est de constater que l’éradication des peuples continue, comme au Yémen, après avoir perdu la guerre, les Saoudiens tentent le génocide – les médias complices  Affamer les civils du Yémen est un acte délibéré de Riyad, qui est furieux de son humiliante incapacité à remporter une victoire militaire saoudienne.

Pixabay

Les audiences ont repris ce 27 novembre 2017 devant la Commission d’enquête sur les femmes autochtones du Canada, avec une cascade de témoignages déchirants. Disparitions d’enfants, pédophilie, mystérieux décès à l’hôpital, déportations… Des décennies plus tard, les plaies sont encore à vif pour les familles qui racontent.

Le « silence a assez duré« , a déclaré avec émotion la commissaire Michèle Audette, elle-même issue d’une famille métissée, et présidente de Femmes autochtones du Québec, au terme des récits livrés par des familles ce 28 novembre 2017. « Qu’on parle de violence de la part d’une institution religieuse ou de la façon dont est traité un enfant autochtone comparativement à un enfant blanc, on ne peut guérir votre souffrance, mais on veut et on peut marcher à vos côtés pour que ça change« , a-t-elle adressé aux familles. « Cette enquête-là a aussi un pouvoir de guérison. Quand le monde est loin, loin, loin, on les oublie souvent. Aujourd’hui, c’est votre moment », a-t-elle expliqué, soulignant le rôle avant tout réparateur de l’enquête.

Réparation, reconnaissance

L’enquête fédérale espère faire la lumière sur les causes systémiques menant à la violence contre les femmes autochtones. L’exercice permettra aussi aux familles de trouver des réponses à des questions qui les renvoient à des épisodes très sombres de leur histoire. Qu’est-il arrivé, par exemple, aux neuf enfants de Pakuashipi en très bas âge, morts après avoir été évacués en hélicoptère de la communauté isolée sans leurs parents ? « Le personnel de la santé te faisait sentir que tu ne pouvais pas les accompagner« , relate Agnès Poker, qui a vu partir deux de ses enfants et ne les a jamais revus.

Si elle n’a pas pour vocation première de faire condamner les responsables et d’obtenir des compensations financières pour les victimes, la commission d’enquête a le pouvoir d’en appeler aux institutions fédérales et québécoises impliquées pour, enfin, révéler la vérité sur les morts et les disparitions.

Agressions sexuelles

Les nouvelles audiences de la commission ont aussi scellé la fin d’un mythe, celui du père Alexis Joveneau, missionnaire en Basse-Côte-Nord jusqu’à sa mort, en 1992. D’origine belge, il arrive dès les années 1950 au Canada et s’implique auprès des communautés innues isolées pour les accompagner dans le processus de sédentarisation. Il apprend leur langue, fait construire des écoles, des chapelles… Mais il participe aussi aux « déménagements forcés » imposés par les autorités, et sanctionne les récalcitrants.

Et il profite de l’aura que lui vaut son investissement auprès des autochtones pour abuser de son pouvoir : pendant des décennies, le père Joveneau aurait abusé sexuellement des membres des communautés. Femmes, fillettes, mais aussi jeunes garçons… Aujourd’hui, les allégations d’agression et de maltraitance se succèdent devant la commission.

Source TV5Monde

Lire : Enquête sur les femmes autochtones : allégations de pédophilie pour un missionnaire

Dossier : Les larmes des femmes des premières nations du Canada

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8 commentaires

  • JBL1960 JBL1960

    Parce que les politiciens, aujourd’hui, participe à banaliser le ressort génocidaire utilisé dans tous les pensionnats pour Indiens, qui est le même process à l’œuvre, en Palestine, au Yémen…

    Lettre ouverte à une sénatrice canadienne, négationniste de l’holocauste des Amérindiens du Canada… (Kevin Annett) « Si je devais choisir de tuer la moitié des enfants indiens qui sont sous notre attention, il n’y a pas de meilleur instrument à utiliser que votre pensionnat typique mis en place. » ~ Neil Parker, Superintendant aux affaires indiennes du Canada, 1949 ~

    « Il est juste de dire que 50% des enfants qui sont passés au travers de ces écoles pensionnats n’ont pas vécu pour bénéficier d’une quelconque éducation en leur sein. » ~ D.C Scott, adjoint au superintendant au ministère des affaires indiennes, juillet 1913, rapporté par CBS News en juin 2015 (Comme quoi, heureusement que le Richard Salant, ex président de CBS News est dead, sinon on n’aurait jamais eu l’info !) Extrait issu de ce billet de blog du même co-auteur que le Mémorendum cité plus haut ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/04/04/lettre-ouverte-a-lynn-beyak-par-kevin-annett/

    (Ce dont tout le monde se fout, comme de sa dernière dent de lait) et pourtant, comme l’avait dit une femme Mohawk lors de la crise d’Oka en 1990 : Regarder bien ce qu’ils se passe ici, car quand ils en auront fini avec nous, ce sera votre tour !

    Kevin Annett, l’an dernier a proposé de rendre hommage à la petite Maisie Shaw, précipitée par le prêtre directeur du pensionnat en bas d’un escalier du Pensionnat pour Indiens d’Alberni, le 24 décembre 1946 parce qu’elle voulait sa maman ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/12/13/en-souvenir-de-maisy-shaw/
    Et bien entendu on peut faire de même cette année… Cette ombre native l’est à jamais…

  • Enfants autochtones, les oubliés du Canada

    « Ainsi en a décidé le tribunal des Droits de la personne au Canada :
    en ne leur offrant pas le même accès aux services sociaux qu’aux autres enfants du pays,
    le gouvernement fédéral se rend coupable de discrimination raciale envers les enfants autochtones.
    Une première judiciaire »

    http://information.tv5monde.com/info/l-etat-canadien-condamne-pour-avoir-delaisse-les-enfants-autochtones-84454

    Autochtones : le Canada devant « une crise », dit le rapporteur de l’ONU

    « Écoutez notre reportage du 7 octobre 2013
    L’ONU dépêche au Canada son enquêteur extraordinaire sur les Autochtones »

    http://www.rcinet.ca/fr/2013/10/22/autochtones-le-canada-devant-une-crise-dit-le-rapporteur-de-lonu/

    Canada : la réconciliation avec les peuples autochtones en marche

    « Marie Wilson est la commissaire de la commission « Vérité et réconciliation Canada ».
    Dans le 64′ de TV5MONDE, elle revient en détail sur cette démarche
    qui vise à « honorer la vérité et réconcilier pour l’avenir ». »

    http://information.tv5monde.com/info/canada-la-reconciliation-avec-les-peuples-autochtones-en-marche-83303

    http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_scratch.gif

  • « Il vaut mieux allumer une petite bougie que maudire l’obscurité »

    – – , – –

  • D’où viennent nos tabous ?

    « D’où viennent nos tabous et comment ont-ils structuré nos façons de vivre ?
    Quels sont ceux qui perdurent ou qui naissent dans nos cultures contemporaines ?
    Chaque tabou s’accompagne de transgressions, qui elles-mêmes entraînent des sanctions.
    Comment la société prend en charge cette régulation ? »

    Une conférence enregistrée en septembre 2014.

    André Burguière, historien à l’Ecole des hautes études en sciences sociales

    Isam Idris, psycho-anthropologue à l’université Paris XIII

    Laurent De Sutter, philosophe à l’université Vrije de Bruxelles

    Philippe Nassif, journaliste à « Philosophie Magazine ».

    http://www.franceculture.fr/conferences/universcience/dou-viennent-nos-tabous

    http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_scratch.gif

  • Arf! :o

    Affaire Gregory 30 ans apres (Un film de Serge Garde et Karl Zero – Réalisé par Serge Garde)

    http://www.youtube.com/watch?v=2OTv04lq-SI

    Affaire villemin. Le juge Lambert et « la machine à broyer »

    « C’était un homme sensible, honnête, qui se réfugiait souvent derrière l’humour »,
    rappelle Serge Garde. Jean-François Monnier/AFP

    Après avoir couvert le dossier Grégory pour l’Humanité Dimanche,
    Serge Garde était resté ami avec le magistrat retraité, retrouvé mort mardi soir.

    Le corps de l’ancien juge Jean-Michel Lambert, 65 ans,
    a été retrouvé mardi soir, à son ­domicile du Mans,
    la tête recouverte d’un sac plastique.
    Une autopsie doit se tenir ce jeudi matin,
    mais le suicide fait peu de doutes.
    Jean-Michel Lambert avait été le premier juge chargé,
    en 1984, d’instruire l’affaire Villemin,
    devenue un des plus grands fiascos de l’histoire judiciaire française.

    Après avoir écrit sur l’affaire Villemin pour l’Humanité Dimanche,
    vous étiez resté proche de Jean-Michel Lambert…

    Serge Garde.

    On avait gardé un lien de confiance.
    C’était un homme sensible, honnête,
    qui se réfugiait souvent derrière l’humour.
    Il m’avait téléphoné il y a quelques jours
    pour me dire son effarement de l’incarcération de Murielle Bolle.
    Il était bouleversé. Les médias la présentaient comme un « témoin clef » de l’enquête,
    c’était insupportable pour lui. Jean-Michel Lambert restait persuadé
    de l’innocence de Bernard Laroche. Quand on vérifie sur le terrain,
    comme je l’ai fait en décembre 1984 avec un chronomètre,
    Laroche ne peut pas avoir fait ce qu’on lui reproche.
    Auquel cas Murielle Bolle ne serait vraiment au courant de rien.
    Jean-Michel Lambert regrettait que beaucoup de journalistes
    recommencent à se faire les porte-micros des gendarmes
    dans un dossier qui est accablant pour eux.

    Jean-Michel Lambert a été beaucoup critiqué
    sur la façon dont il a instruit cette affaire ;
    le juge qui lui a succédé parle même d’« erreur judiciaire »…

    Serge Garde.

    Je suis journaliste, je ne suis pas qualifié pour porter un jugement
    sur le travail du juge Lambert. Ce qui est sûr,
    c’est qu’il a été victime d’un lynchage médiatique.
    Il faut rappeler qu’en 1984, il était le seul juge en poste à Épinal,
    il avait plus d’une centaine de d en même temps.
    Il a eu le courage de libérer Bernard Laroche,
    alors que le dossier s’était effondré comme « un château de cartes »,
    selon son expression. Il a assumé. Ensuite,
    journalistes et ­gendarmes ont armé le bras de Jean-Marie Villemin
    (le père de Grégory a tué son cousin ­Bernard ­Laroche en mars 1985 – NDLR).
    C’était le premier dérapage de cette affaire ignoble, qui vient de tuer une deuxième fois.
    Il y a quelques jours, au téléphone, Jean-Michel Lambert m’a dit :
    « Ça va recommencer comme en 1985, la machine à broyer est relancée.
    Et je suis le prochain sur la liste. »
    Il était effaré de constater que la presse n’avait tiré aucun enseignement de ce fiasco.
    J’ai senti chez lui un certain désespoir.

    http://humanite.fr/affaire-villemin-le-juge-lambert-et-la-machine-broyer-638843

    http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_scratch.gif

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