Le chômage très profitable à certains: Les sous-traitants de Pôle emploi gagnent 143 millions d’euros… et certains signent à la place des chômeurs

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Trop de chômeurs à gérer ? Depuis 2009, Pôle emploi, débordé, a sous-traité l’accompagnement de dizaines de milliers de chômeurs. Un business lucratif : selon les chiffres publiés l’année dernière par Le Canard enchaîné, ces prestations sous-traitées représentaient un marché de 186 millions d’euros en 2012 et 145 millions en 2013.

145 millions d’euros pour aider les chômeurs ? Vu la facture, on pourrait penser que ces sous-traitants sont plus efficaces que Pôle emploi. Eh bien non. Car « les boîtes cassent les prix pour remporter les marchés. Et la qualité du suivi est à pleurer », assure l’hebdomadaire. Dans un rapport de juillet 2014, la Cour des comptes avait épinglé le travail de ces sous-traitants qui assurent, au mieux, un suivi low-cost. Dans le pire des cas, ce sont de pures arnaques.

Faux contrats, fausses signatures

En juillet 2014, le PDG de l’un de ses sous-traitants avait été démis de ses fonctions par le tribunal de Commerce de Nantes en raison des nombreuses irrégularités constatées au sein de sa société, notamment à propos des « contrats d’autonomie », des contrats pour aider des jeunes de banlieue à trouver un emploi.

Le sous-traitant gérait 7 700 jeunes et touchait un bonus à chaque fois qu’un jeune trouvait un emploi. Problème : « en épluchant les dossiers en Seine-Saint-Denis, l’Igas (inspection générale des affaires sociales), a trouvé 57% d’anomalies, explique Le Canard. Terme poli pour désigner faux contrats de travail et fausses attestations d’employeur ». Au total, la fraude est estimée à 13 millions d’euros.

En 2012, un autre-sous traitant avait déjà été épinglé : « il signait les feuilles d’émargement à la place des chômeurs, sans les rencontrer. Ou remplaçait des entretiens individuels par des entretiens collectifs », explique Le Canard. « Certains [conseillers] étaient maçons ou esthéticiennes. Même nos secrétaires, sans aucune formation, ont joué les conseillères devant les chômeurs », assure un salarié contacté par l’hebdomadaire. Objectif de ces pratiques : simuler des entretiens et des faux suivis de chômeurs afin d’être rémunéré par Pôle emploi. Autant dire que les chômeurs ne sont pas prêts de retrouver un emploi…
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*** Source -Isabelle Baré, « Prends l’oseille de Pôle emploi et tire-toi », Le Canard enchaîné, août 2014

Trouvé sur Politique.net

 

4 commentaires

  • Le veilleur

    Je ne comprends pas que l’on puisse encore compter sur pôle emploi pour nous trouver du travail, comme le dit le dicton: on est jamais mieux servit que par soi même.

    Surtout quand vous allez à pôle emploi et que la seule annonce qu’on vous propose pour faire du ménage exige le bac et une tenue correcte, c’est quand même hallucinant depuis quand il faut le bac pour faire des ménages, alors qu’avec le bouche à oreille on peut trouver à faire du ménage sans diplôme ou tenue correcte exigé.

    D’ailleurs je les ai envoyé boulé et je me suis résilié empressement. Si c’est pour signer des formulaires qui nous coûtent en essence pour y aller ou pour voir des conseillés qui n’inventent pas le travail si il n’y en a pas, alors aucun intérêt ! autant se débrouiller seul, on aura plus de chance de s’en sortir mais il faut bien justifier les salaires des fonctionnaires, voilà pour moi à quoi sert pôle emploi.

    • nomdemon

      Même pour faire le ménage ce sont les employeurs qui rédigent l’offre et qui demandent le bac et la tenue correcte.
      Ne l’oublions pas… ils ont tous les droits puisqu’ils ont le choix.

  • PhildeFer

    Faut pas être naïfs: ces contrats ne sont que des moyens pour détourner de l’argent public… Vous n’imaginez tout de même pas que ceux qui les obtiennent peuvent se garder tout le pognon pour eux! C’est comme cette pléthore d’associations +/- bidons qui ne vivent que de dispendieuses subventions et qui servent à fournir de modestes maroquins à la « piétaille » des colleurs d’affiches pendant qu’en haut ils se partagent des dizaines de milliards € de « rétro-commissions »…