Delta du Niger : Shell verse 70 millions d’euros aux victimes

Le procès de Shell devant la Haute Cour de Londres n’aura pas lieu. C’est finalement un arrangement à 05.08.Delta.Niger.930.620_scalewidth_630l’amiable qui a été trouvé entre la compagnie et la communauté nigériane Bodo au sujet des fuites de pétrole de 2008 qui ont provoqué une large pollution sur leur territoire. Shell était sous le coup d’une action en justice au Royaume-Uni. Elle a annoncé le 7 janvier qu’elle versait 70 millions d’euros (55 millions de livres sterling) à la population affectée. Une victoire saluée par Amnesty International.

La compagnie pétrolière, traînée en justice par la communauté nigériane Bodo, victime de deux grandes fuites de pipelines appartenant à la firme en mai 2008, a préféré conclure un accord à l’amiable pour éviter de passer devant le tribunal anglais en mai prochain.

Dans un communiqué, Shell annonce qu’elle leur versera 70 millions d’euros (55 millions de livres sterling) en compensation des pertes liées aux fuites de pétrole. 45 millions d’euros iront aux 15 600 victimes individuelles. Les 25millions restants iront au bénéfice de la communauté Bodo qui vit principalement de la pêche et de l’agriculture.
Les travaux de nettoyage enfin programmés
Shell a toujours reconnu sa responsabilité. Mais elle en a longtemps minimisé l’importance de la catastrophe. Ce n’est qu’en novembre dernier, sous la pression des ONG (organisations non gouvernementales) comme Amnesty International et de l’action en justice intentée par la communauté Bodo, que Shell avait reconnu l’ampleur des fuites. A l’époque, celle-ci avait affirmé que 4000 barils s’étaient déversés tandis que, à la suite d’une enquête réalisée en 2012, Amnesty a estimé la fuite à 100000 barils. Et si Shell a revu à la hausse la quantité de pétrole déversée lors de ces fuites, elle n’a, à ce jour, toujours pas donné de chiffre précis.


« Nous avons toujours voulu dédommager la communauté équitablement et nous sommes heureux d’avoir trouvé un accord  » a déclaré le directeur général de Shell Petroleum Development Company of Nigeria (SPDC), Mutiu Sunmonu, dans le communiqué d’annonce. L’accord permet aussi de lancer les travaux de nettoyage qui n’ont toujours pas été entrepris. Ils se dérouleront sous la supervision de l’ancien ambassadeur des Pays-Bas au Nigeria.

Mais fidèle à son argumentaire principal de défense, la compagnie ajoute qu' »à moins que des mesures concrètes soient prises pour mettre fin au fléau du raffinage illégal – qui reste la principale cause de pollution de l’environnement et est la véritable tragédie du delta du Niger – les zones qui sont nettoyées seront de nouveau souillées par ces activités illégales ».

Un dédommagement très tardif

Audrey Gaughran, la directrice du programme Thématiques mondiales à Amnesty International, souligne de son côté que « si cette décision est une victoire très attendue par les milliers de personnes ayant perdu leurs moyens de subsistance à Bodo, le versement d’une indemnisation un tant soit peu équitable n’aurait pas dû prendre six ans. Si Shell n’avait pas été contrainte à révéler cette information dans le cadre de l’action en justice engagée au Royaume-Uni, la population de Bodo aurait été complètement escroquée. Dans les faits, Shell savait qu’un accident finirait par arriver à Bodo. L’entreprise n’a pris aucune véritable mesure pour le prévenir, puis elle a fait de fausses déclarations sur la quantité de pétrole qui s’est répandue ».

Source et article en intégralité: Novethic.fr via Sott.net

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