Taux d’intérêts négatifs et guerre au cash : vers la répression financière

La récente décision de la BCE d’abaisser son taux de rémunération des dépôts en territoire négatif, -0.2%, est historique. Cela signifie concrètement que les établissements financiers qui laissent de l’argent en dépôt à la BCE ont un rendement négatif. Logiquement, toutes les institutions financières devraient fuir ce type de placement, c’est la réaction théoriquement escomptée par Mario Draghi pour justifier sa décision, et réorienter leur capital vers le système bancaire et l’économie réelle. Seulement, les banques ont une telle confiance mutuelle et l’économie est en tellement bonne santé que ces mêmes banques préfèrent dans les faits laisser leur argent en dépôt auprès de la BCE, et ce, même lorsque le rendement est négatif comme c’est aujourd’hui le cas… Ajoutez à cela la guerre au « cash » décrétée par les gouvernements au nom de la lutte contre la « criminalité », comme par exemple l’interdiction des paiements de plus de 300 euros en liquide, et vous comprendrez que la dictature bancaire se met en place pour que vos propres dépôts et vos comptes courants puissent faire l’objet de telles mesures confiscatoires, au nom de la « relance de l’économie » bien sûr. L’Espagne a d’ailleurs ouvert la voie puisque les comptes bancaires ont été taxés en juillet de 0.03%

Les taux d’intérêt négatifs prouvent que les banques sont dangereuses. Cela signifie que les investisseurs institutionnels ne veulent plus parquer leur argent dans les banques.

En principe, nous vivons dans un système capitaliste.

Dans un tel système, le capital est un bien précieux. Ceux qui n’en ont pas cherchent à l’emprunter à ceux qui en ont. Ceux qui en ont préfèrent le prêter plutôt que de le laisser oisif. Enfin, les détenteurs de capitaux les prêtent à condition que le rendement/risque leur paraisse attractif par rapport au risque pris.

En principe, le taux d’intérêt — le rendement — est fixé par le marché, c’est-à-dire la rencontre des prêteurs et des emprunteurs

En principe, le taux d’intérêt — le rendement — est fixé par le marché, c’est-à-dire la rencontre des prêteurs et des emprunteurs. S’il y a beaucoup de gens disposés à prêter mais pas beaucoup d’emprunteurs, les taux baissent. Inversement, s’il y a peu de gens disposés à risquer du capital, les taux montent.

▪ Un système déviant
Oubliez tout ça. Nous ne vivons plus dans un système capitaliste, nous vivons dans un système déviant.

Le capital n’est plus seulement un bien précieux, le reflet d’une richesse déjà créée. Le capital est fabriqué par des banques qui ont acheté à un Etat une licence de création monétaire. Les taux d’intérêt ne sont plus le résultat de la rencontre d’une offre et d’une demande ; ils sont manipulés par les banques centrales, intermédiaires entre les gouvernements et les banques commerciales, pour que l’économie de la dette puisse enrichir en continu l’establishment politico-financier.

Réfléchissez à ce que signifie vraiment un taux d’intérêt négatif. Des gens acceptent de payer pour qu’un Etat devienne leur débiteur. Quels gens ? Ni vous, ni moi. Des investisseurs institutionnels (« zinzins ») qui, en toute connaissance de cause, ne souhaitent pas prêter leur argent et encore moins le laisser traîner dans une banque. Probablement en majorité des assureurs. Pourquoi ? Parce qu’ils estiment que les risques sont actuellement trop élevés, même dans une banque.

Mais vous particulier vous ne pouvez abriter votre argent dans les caisses de l’Etat si vous pensez que le système bancaire est dangereux. Cette démarche est un privilège de « zinzin ».

L’équivalent pour vous particulier, ce serait de vous louer un coffre pour y mettre des billets, votre argent cash, plutôt que de le laisser sur votre compte courant dans votre banque. Le tarif de location de votre coffre serait votre taux d’intérêt négatif.

▪ La dématérialisation de la monnaie, un danger pernicieux
Sauf que cela, on va vous l’interdire. Car retirer votre argent de la banque, ce serait la mort de ce système déviant qui ne peut survivre que par la croissance infinie de la dette… dont le paiement des intérêts est garanti par vous.

Les gouvernements, les banquiers et les économistes payés par les deux précédents prônent donc un monde sans cash

Les gouvernements, les banquiers et les économistes payés par les deux précédents prônent donc un monde sans cash. Kenneth Rogoff, le professeur d’Harvard spécialiste de la dette publique, l’a clairement revendiqué dans un article du Financial Times en mai 2014. Officiellement, il s’agit bien sûr de lutter contre la criminalité et le blanchiment. Mais le véritable motif — donné en fin d’article — est d’appliquer des taux d’intérêt négatif aux dépôts du bon peuple. Un jour on vous annoncera que votre solde créditeur a été raboté de 0,03%. L’Espagne vient de le décréter le 13 juillet 2014 avec effet rétroactif au 1er janvier.

Source : La Chronique Agora

22 commentaires

  • GROS

    L’interdiction de paiements de plus de 300 euros en espèces est valable seulement auprès des administrations publiques.
    Aucun souci pour continuer à payer ses factures et loyers en espèces (dans la limite légale préexistante).

    • kalon kalon

      Mesures transitoires, Gros, on sait très bien ou ils veulent en arriver !
      Si tu veux comprendre un politicien, il faut commencer par comprendre ses silences ! http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

  • Grand marabout Grand marabout

    on en a parlé sur la confiscation des dépots:
    Europe
    Ce plan prévoit que les clients titulaires de dépôts supérieurs à 100.000 euros seront les premiers à subir des pertes en cas de tombée en faillite de la banque. Les contribuables ne seront plus mis à contribution qu’en dernier ressort.

    Canada. Le Canada est également en train de proposer la méthode du « bail-in » dans le cadre de la préparation du budget du gouvernement. Le nouveau budget propose de mettre en place un régime de bail-in pour les banques du Canada d’une importance systémique.
    Cette proposition est datée du 21 Mars, ce qui implique qu’elle est antérieure à la mise au point de la solution chypriote.

    « Cela signifie que les gouvernements du monde considèrent désormais que notre argent constitue une partie de la solution en cas de faillite future de grandes banques », écrit Snyder.
    > http://lesmoutonsenrages.fr/2013/10/01/la-confiscation-de-lepargne-devient-une-tendance-mondiale/

    • vaick

      une lourde erreur, pour l’épargnant, de s’accrocher à ce chiffre de 100 000 euros et de se croire à l’abri.
      rien que la bnp c est 2000 milliards d €
      juste un rappel le fond de garantie est une goutte d eau soit 2 milliards
      si vous n avez pas compris que le fond de garantie des depots est non seulement une illusion mais c’est une escroquerie.juste pour eviter que le mouton bouge c est toujours plus facile a tondre
      et vu la spoliation des epargnes qui ont eu lieu a chypre il y a vraiment de quoi s inquieter
      la taxation des epargnes a deja ete vote par l ue et approuvée par le fmi
      « La commission Européenne vient tout simplement de valider que dès 2016, en cas de crise, pour éviter la faillite des banques, une partie de votre épargne pourra être ponctionnée pour les sauver. Et non, vous n’aurez pas le choix. Du jour au lendemain votre compte comme à Chypre sera bloqué, et 10% vous seront prélevé « 

  • william jung

    c’est pas les banques qu’il faut financer… regarder ce que ça donne aux usa, la les banques vont aider les entreprise, mais idem ce ne sont pas les entreprise qu’il faut aider !

    Ce sont les ménages ! qui donc reconsomerons, relancerons la production des entreprise et donc l’embauche, (par contre il faut jouer le jeu et acheter Français)

    deux billet pour vous éclairer :

    [Reprise] Les entreprises ne créent pas l’emploi, par Frédéric Lordon

    http://www.crashdebug.fr/index.php/actualites-france/8512-reprise-les-entreprises-ne-creent-pas-l-emploi-par-frederic-lordon

    Les banques bloquent l’économie mondiale : il est temps de transférer l’argent directement aux citoyens

    http://www.crashdebug.fr/index.php/international/9376-les-banques-bloquent-l-economie-mondiale-il-est-temps-de-transferer-l-argent-directement-aux-citoyens

    et pensez a nous :

    L’inflation des prix alimentaires et énergétiques « mange » peu à peu les revenus des salariés…

    http://www.crashdebug.fr/index.php/actualites-france/3152-vous-nauriez-pas-au-moins-22-de-decouvert-mecanique-tous-les-mois-par-hasard

    C’est la rémunération HORRAIRE qu’il faut augmenter,

    Merci de votre attention,

    Amicalement,

    f.

    • yoananda

      Non, faux. Le keynésianisme est déjà a l’oeuvre et ne fonctionne pas !!!
      C’est très facile à démontrer en plus.
      La cause, c’est le pic pétrolier, la robolution, la croissance démographique.
      Imprimer plus d’argent pour les ménages n’arrangera strictement rien. Ca créera de l’inflation et ça empirera les choses après quelques mois d’amélioration très très passagère.

      • kalon kalon

        Honnêtement, Yoananda, les théories de Keynes date d’une époque révolue car si Keynes devrait voir ce qui se passe, il dirait la même chose que Frédéric Lordon !
        Ce système est foutu, Keynes ou pas Keynes !http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_unsure.gif
        D’après ton raisonnement, on devrait, tous, crever pour autant qu’une théorie fumeuse soit respectée !

      • yoananda

        Je parle de relancer la « demande » plutôt que l’offre. Relancer la demande est absurde aujourd’hui (a une autre époque pourquoi pas), c’est tout.

      • william jung

        c’est un peut short….

  • Mehdi

    Vivement les crédits à taux négatif variable. Vivement les Sur-primes.

  • yoananda

    Et alors ?
    On a le droit de créer des monnaies locales !!!
    Plutôt que de se plaindre de l’usage du pouvoir qu’on a abandonné, reprenons le.

    • kalon kalon

      Mais oui, et on a même le droit de faire du troc, quoique je n’en soit pas certain !
      Le système financier doit être remis dans le giron de l’état car la monétarisation mondiale appartient au peuple et pas à la famille Rothchill’s et consort !http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

  • Itsmie

    Maintenant, ma banque me coûte plus d’argent que ce qu’elle m’a jamais rapporté!

    « la dictature bancaire se met en place pour que vos propres dépôts et vos comptes courants puissent faire l’objet de telles mesures confiscatoires »

    RIEN À CONFISQUER CHEZ MOI!
    OUF!
    Suffit de ne rien avoir sur son compte…
    Même si je voulais je ne pourrais pas!

  • BA

    En France, la situation est en train de dégénérer.

    François Hollande devient le président le plus impopulaire de la Vème République.

    La question est :

    « EST-CE QUE FRANCOIS HOLLANDE PEUT TENIR JUSQU’EN 2017 ? »

    Vendredi 5 septembre 2014 :

    Sondage : la descente aux enfers de Hollande et Valls.

    Seulement 13% des Français font confiance au président et 30 % au premier ministre. Un niveau inégalé dans le baromètre TNS Sofres-Le Figaro Magazine.

    L’effet Valls a fait pschitt. Quelques mois seulement après sa nomination à Matignon, une semaine après ce changement de gouvernement qui devait redonner un peu d’oxygène à un exécutif à bout de souffle, le président et le premier ministre sont dans la tourmente. François Hollande atteint un niveau de défiance encore jamais égalé. Manuel Valls voit son crédit auprès des Français fondre dangereusement.

    Tout se passe comme si le chef de l’Etat était en train de faire plonger celui qui devait l’aider à reprendre des couleurs en jouant les boucliers. Tels sont les principaux enseignements du baromètre TNS Sofres pour Le Figaro Magazine réalisé entre le 28 août et le 1er septembre. Soit après le remaniement, les derniers chiffres catastrophiques du chômage et la réception des avis d’imposition. Mais avant que les Français n’aient vent du livre de Valérie Trierweiler qui s’arrachait jeudi dans les librairies.

    Selon ce sondage, le président poursuit inexorablement sa chute, enfonçant encore un nouveau record. Sa cote de confiance tombe à 13 %, en baisse de cinq points en deux mois. Plus de huit Français sur dix (85 %) ne lui font pas confiance pour régler les problèmes du pays. Jamais un président n’avait atteint un tel plancher et connu un tel désaveu.

    Vingt-huit mois après leur prise de fonction, Jacques Chirac – sous son second mandat – avait une cote de confiance à 36 %, Nicolas Sarkozy à 39 %, François Mitterrand – premier septennat – à 43 %. «C’est un record absolu», «jamais vu» selon Édouard Lecerf qui se demande si, à ce niveau de défiance, la parole de François Hollande est «encore audible». «Cela devient très compliqué», admet-il, d’autant que le président chute de quatre points chez les sympathisants socialistes (44 %).

    Commentaire d’un conseiller ministériel: «Hollande, ce n’est plus l’enjeu. Il ne se protège pas. À partir du moment où il ne demande même pas un parapluie à l’île de Sein et où il ne cherche même pas à faire interdire le livre de son ancienne compagne, cela veut dire qu’il n’a même plus le souci de sa propre image.»

    http://www.lefigaro.fr/politique/2014/09/04/01002-20140904ARTFIG00370-sondage-hollande-et-valls-au-plus-bas.php

  • rouletabille rouletabille

    Et dire qu’il y en a qui croient payer en OR ou ARGENT ,faut demander à JOVANOVIC hahahahahah.http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gif