Detroit en faillite, c’est l’Amérique qui vacille ?..

Le commencement de la fin?

Detroit, la ville symbole de l’industrie automobile américaine et de la crise, de la grandeur et de la déliquescence, « Motor City », s’est déclarée en faillite ce jeudi. Avec plus de 18 milliards de dollars de dette, c’est « l’unique solution qui permettra à Detroit de redevenir stable et viable » a déclaré Rick Snyder, le gouverneur de l’Etat du Michigan, qui a déposé l’acte auprès d’un tribunal. Un juge doit encore décider si la ville peut se placer sous la protection de la loi sur les faillites.

En 2008, Mitt Romney, l’ancien candidat républicain à l’élection présidentielle, originaire de cette ville, avait lancé dans le New York Times un provoquant « Laissons Detroit aller à la banqueroute ». Il estimait qu’en restructurant la dette et en aidant l’industrie automobile à retrouver sa compétitivité, la ville pourrait ainsi prendre un nouveau départ.

Son vœu se réalise aujourd’hui, mais l’incertitude sur l’avenir est totale : la faillite, avec une réduction des salaires des fonctionnaires et un renchérissement de la dette, pourrait entrainer la ville dans une spirale encore plus dépressive.

Nombre d’autres villes dans la tourmente financière pourraient être tentées de suivre le même chemin. Ce qui fait dire à un avocat spécialiste des faillites cité par le New York Times, que Detroit sera « un test grandeur nature » .

Quelque 36 villes américaines se sont déjà déclarées en faillite, selon la carte réalisée par le Washington Post, mais Detroit est de loin la plus importante. Le dernier record de dette non honoré est détenu par Jefferson County, en Alabama, qui affichait une ardoise de 4 milliards de dollars. 

Une Babylone du XXè siècle

Berceau des « Big Three » (General Motors, Ford et Chrysler), Detroit ne s’est jamais vraiment remise de la Grande dépression des années 30 et a commencé à subir dès les années 50 les conséquences sociales des délocalisations. Sa population a été divisée par plus de deux en soixante ans et le chômage s’est envolé, jusqu’à atteindre un taux de 50% dans certains quartiers.

Les habitants ont aussi dû faire avec un taux de criminalité record, et des services publics se réduisant comme peau de chagrin : 40% des lumières de la ville seraient hors service et la moitié des parcs ont fermé.

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Auteur Sophie Caillat

Source Rue89

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