L’Ukraine en crise de plus en plus proche du gouffre financier(MàJ: Les acteurs de la crise ukrainienne)

Inutile de continuer la propagande pro-européenne, ce n’est pas avec un rapprochement de Bruxelles que la situation du pays s’améliorera, sinon, il n’y aurait pas de telles crises en Grèce, au Portugal, en Irlande ou en Espagne pour ne citer que ces pays. L’Europe n’est plus une solution ni même une alternative. De plus, le choix ukrainien est important sur un autre plan, soit le pays se rattache aux BRICS et de ce fait échappe au contrôle direct des américains, soit il rejoint l’Union Européenne et sera directement concerné par le pacte transatlantique qui imposera les normes américaines en Europe. Quand à savoir si la Russie est réellement une solution pour l’Ukraine, seul l’avenir répondra réellement à cette question, tout le reste ne sera que spéculation…

© reuters.

L’Ukraine, en pleine crise politique, voit sa situation financière se dégrader chaque jour un peu plus et doit trouver rapidement un soutien si elle veut éviter une brusque chute de sa monnaie, voire la faillite.

Les difficultés de l’ex-république soviétique, en récession depuis plus d’un an, étaient connues avant le lancement du mouvement de contestation le plus important depuis la Révolution orange, né du refus de Kiev de signer un accord d’association avec l’UE. Le déficit public se creuse et surtout les réserves de devises étrangères du pays s’effondrent, car les autorités monétaires y ont abondamment puisé pour empêcher la devise nationale, la hryvnia, de sombrer. Ces réserves de changes arrivent désormais à un niveau considéré comme critique.

À ce rythme, les experts estiment que le pays n’aura bientôt plus les moyens de défendre sa monnaie voire de rembourser ses dettes extérieures. « Les manifestations renforcent le risque d’assèchement des rentrées de capitaux étrangers, ce qui pourrait déboucher sur une crise explosive », ont prévenu cette semaine les experts de Capital Economics. La crise politique pousse les investisseurs, qui craignent plus que tout l’incertitude, à rester à l’écart du pays au moment où il en a le plus besoin.

Les marchés ont d’ailleurs clairement montré leur inquiétude: les taux d’intérêt des titres de dette publique à dix ans ont dépassé pendant la semaine les 10%, bien au delà des pays européens les plus en difficultés. Sylwia Hubar, économiste chez Natixis, estime la probabilité d’un défaut à « plus de 50% ». « Plus les manifestations durent, plus la situation devient difficile », s’alarme-t-elle.

À court terme, le gouvernement ukrainien peut se féliciter de ne pas avoir de remboursement majeur en vue d’ici la fin de l’année. Et la hausse des taux n’aura que peu de répercussions concrètes puisque Kiev n’est déjà plus en mesure de lever des fonds sur les marchés depuis six mois. Mais selon Capital Economics, l’année prochaine s’annonce plus difficile avec des créances de 5,5 milliards de dollars, dont 3 milliards au Fonds monétaire international et 1 milliard à la banque russe VTB. Et dans l’immédiat, une chute de la monnaie, aux conséquences douloureuses pour la population, menace clairement.

« Le temps presse »
« Si la situation s’aggrave, (…) on risque de se réveiller avec un pain plus cher », a prévenu le vice-Premier ministre Serguiï Arbouzov, proche du président Viktor Ianoukovitch. « Ce n’est pas contre le gouvernement qu’il faudra se battre, mais contre la difficile réalité », a-t-il ajouté, interrogé par la télévision Kanal 5. L’incertitude qui règne pousse par ailleurs la population, échaudée par des crises à répétition depuis la chute de l’URSS, à acheter des devises étrangères pour protéger ses économies d’une dépréciation de la hryvnia, accentuant ainsi le phénomène.

« Le désastre n’est pas pour demain mais le temps presse », confirme Dmytro Sologub, économiste chez Raiffeisen Bank Aval à Kiev. Pour cet expert, « les autorités se trouvent piégées et ont vraiment besoin d’une aide extérieure ». Le FMI a accordé en 2010 une aide de 15 milliards de dollars à Kiev, mais n’en a versé que trois milliards. Pour poursuivre son soutien, l’institution basée à Washington exige des restrictions budgétaires impopulaires, en particulier une hausse des prix du gaz, refusées par les autorités ukrainiennes. Et l’UE, prête à verser 610 millions d’euros, conditionne son aide à un accord avec le FMI.

La décision du président ukrainien de renoncer à un rapprochement avec Bruxelles pour relancer sa coopération économique avec Moscou a mis sur la table l’hypothèse d’une aide russe, via une baisse des prix du gaz voire un crédit. Vladimir Poutine a démontré cette semaine en Arménie les avantages potentiels qui attendent l’Ukraine si elle rejoint l’Union douanière menée par Moscou. Erevan, qui a pris une telle décision, payera le gaz russe désormais plus de deux fois moins cher que Kiev.

Surtout implantée dans l’est et tournée vers la Russie, l’industrie ukrainienne verrait d’un bon oeil un rétablissement de relations plus chaleureuses avec son principal partenaire commercial. Elle a vu sa production s’effondrer ces derniers mois, expliquant en grande partie la chute de l’activité actuelle. Mais pour Liza Ermolenko, de Capital Economics, « un accord avec la Russie provoquerait la colère des manifestants », au risque d’enfoncer le pays dans la crise.

Source: 7sur7.be

Il y a ce qui nous est raconté par les médias de masse, avec ce qui est caché pour ne pas trop égratigner la propagande du moment, et il y a le reste, ce que nous devons analyser, découvrir ou lire entre les lignes. Mais voici un article excellent qui nous explique qui sont les acteurs derrière la crise ukrainienne et ce qu’ils ont à y gagner. Vous allez voir que la réalité est légèrement différente de ce que Bruxelles aimerait nous faire croire…

Les acteurs de la crise ukrainienne

Il est temps de revenir sur la crise ukrainienne afin de comprendre les acteurs et les enjeux. Nous verrons qu’une fois de plus, la lutte du bien contre le mal n’a pas grand-chose à y voir.

Les États-Unis

Nous avons souvent évoqué la nécessité revendiquée, pour les géopoliticiens anglo-saxons, de séparer de manière radicale l’Ukraine de la Russie. Le but est de réduire au maximum l’ « européanité » de l’empire eurasiatique, dont la proximité géographique en fait un partenaire naturel des deux autres grandes puissances continentales, française et allemande. Les États-Unis souhaitent aujourd’hui maintenir leur domination sur l’Europe à moindre frais, afin de concentrer leurs forces vers l’Asie. La rupture entre l’Ukraine et la Russie écarterait pour un temps l’ascension inévitable de Moscou comme première puissance européenne.

Les États-Unis utilisent donc l’Union Européenne, dans le but pour lequel ils l’ont créée : empêcher l’émergence de puissances continentales en Europe, en rejetant la Russie à ses frontières et en diminuant les puissances française et allemande, par le truchement du parlement européen et de la présidence tournante. Cela produit le genre de situations ridicules, où nous voyons des micros états comme la Slovénie, la Croatie ou les pays baltes et plus actuellement, la Lituanie, parler au nom de la France et l’Allemagne.

La Pologne

La Pologne est l’allié continental privilégié des États-Unis, toujours méfiants vis-à-vis de la France et de l’Allemagne. Varsovie s’est tournée dès les années 90 vers les États-Unis, faute de pouvoir s’appuyer sur son allié français traditionnel. Les frontières orientales de la Pologne contemporaine sont loin de celles de son expansion historique maximum. Elle a certes beaucoup gagné en 1945 en se voyant attribuer par Staline, la Silésie et la Prusse orientale. Elle aurait donc beaucoup à perdre en remettant en cause ouvertement ces redécoupages.

Faire basculer l’Ukraine dans le camp occidental serait un bon moyen pour elle, de reprendre pied sur les territoires disputés. La Pologne dispose d’un atout non négligeable, qui est celui de sa transition exemplaire et réussie vers l’économie de marché. Malgré cela, la galaxie de mouvements fascistes autour du parti « Svoboda », sur laquelle elle s’appuie, lui est autant hostile qu’aux Russes. Leur figure historique, Stepan Bandera, avait d’ailleurs commencé sa carrière en assassinant le ministre de l’intérieur polonais en 1934.

L’Allemagne

L’Allemagne, l’autre grand bénéficiaire de l’Union Européenne après les États-Unis, souhaite intégrer l’Ukraine dans son nouveau « Zollverein ». L’accord de coopération lui permettrait de le faire pour rien. Les intérêts allemands sur cette question, rejoignent ceux des États-Unis, comme dans les années 90, où l’Allemagne organisa la bascule de la Yougoslavie vers la guerre civile. Pour elle, le contrôle de l’Ukraine achève celui qu’elle souhaite exercer sur la « Mittel-Europa », conformément à ses buts géopolitiques traditionnels.

L’Union Européenne

Vouée tôt ou tard à disparaître, comme son prédécesseur soviétique, l’Union Européenne, ou plus exactement, les apparatchiks qui en vivent, souhaitent évidemment faire croire que le cadavre bouge encore… Il faut donc nourrir le « Léviathan » au moyen de nouveaux membres. L’accord avec l’Ukraine était le seul réellement significatif, au contraire de ceux signés avec la Géorgie et la Moldavie. Les technocrates de l’Union Européenne souhaitent, eux aussi, rejeter hors d’Europe, la Russie, dont le social-conservatisme et le souverainisme affirmés séduisent de plus en plus les populations européennes. C’est le sens du rejet par J. M. Barroso, de la tenue, pourtant nécessaire, de négociations tripartites. Cela démontre une nouvelle fois, que l’objectif réel de cet accord n’est pas le bien de l’Ukraine, mais sa séparation forcée d’avec la Russie.

La Russie

La Russie a évidemment beaucoup à perdre en cas de signature de cet accord, qui annulerait automatiquement celui qu’elle a déjà signé avec son ancienne capitale. Il faut cependant garder à l’esprit que sur le long terme, la position russe en Ukraine est assez solide. La Crimée et l’Est de l’Ukraine « industrialisé » resteront toujours liés à la Russie, où elle compte de nombreux binationaux. Dans le cas où l’Ukraine actuelle éclaterait – ce qui est possible si les occidentaux continuent de mobiliser l’Ouest contre l’Est – la Russie récupérera la meilleure part dans sa zone d’influence.

La France

La France a tout à gagner dans ce conflit UE/Russie, si elle arrive à créer une relation bilatérale forte avec l’Ukraine. Elle peut y trouver un moyen de se rapprocher plus étroitement avec la Russie, en soutenant la solution médiane d’accords tripartites. Elle renforcerait ainsi l’axe Paris-Moscou, ce qui freinerait les ambitions impériales allemandes ; l’axe Paris-Berlin-Moscou n’étant qu’une vision romantique sans réalité historique ou politique. On a d’ailleurs apprécié la discrétion des dirigeants français sur les derniers événements.

L’Ukraine

L’Ukraine est l’État qui a le plus à perdre de la signature de cet accord. L’UE n’a pas plus d’argent à distribuer en 2013, que l’URSS n’en avait en 1991… Cet accord priverait Kiev de son principal partenaire économique, sans obtenir rien en retour avant 10 ans. La visibilité économique du gouvernement ukrainien est à 6 mois. Que se passera-t-il si l’Ukraine perd 35% de son marché à l’export en quelques mois ? Si Yanoukovitch perd les prochaines élections, son successeur sera mis devant le même dilemme : signer l’accord et faire basculer l’économie ukrainienne dans la dépression, où chercher une solution médiane.

Ces manifestations ont, en tout cas, permis de mettre en évidence, l’ineptie des leaders de l’opposition ukrainienne, entre l’insignifiance d’Arseni Iatseniouk et la maladresse de Vitali Klitchko, hésitant l’un et l’autre à basculer dans l’illégalité la plus totale. C’est peut-être finalement la chance de Viktor Yanoukovitch, de ne pas avoir de prétendant sérieux contre lui.

Article complet Realpolitik.tv via Fortune de souche

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