Protestations lors du sommet de l’UE sur l’emploi à Milan

Les contestations et les échauffourées qui ont accueillis les représentants des gouvernements européens réunis à Milan le 08 octobre pour le « sommet pour l’emploi et la croissance » n’ont pas faits les gros titres de la presse française. Pourtant, plusieurs centaines de manifestants étaient venus pour dénoncer les politiques d’austérité imposées dans toute l’UE, et particulièrement dans les pays du sud, dont l’Italie. Des échauffourées ont notamment eu lieu avec les policiers antiémeutes, comme le montre cette vidéo de Russia Today.

La population italienne souffre particulièrement des politiques d’austérité engagées par les gouvernements Berlusconi, Monti, puis Renzi, depuis la crise financière, sans qu’une perspective d’amélioration de la situation économique du pays se dessine. Le chômage des jeunes est par exemple supérieur à 40%. Le gouvernement de Matteo Renzi tente actuellement de faire adopter une réforme du marché du travail qui va supprimer certaines garanties liées aux contrats à durée indéterminée, dans le but de « relancer le marché de l’emploi ».

Selon Ria Novosti, la chancelière allemande Angela Merkel était particulièrement visée par les manifestants. Elle personnifie en effet l’orthodoxie budgétaire et la psychorigidité germanique qui se traduisent par l’imposition de politiques d’austérité et de déflation salariale dans tous les pays du sud de la zone euro, politiques qui n’ont eu pour résultat qu’aggraver la pauvreté, creuser les inégalités sociales et enclencher une spirale récessive du fait de la réduction de la dépense publique et du pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires.

La France et l’Italie militent pour un assouplissement des règles budgétaires imposées par les traités européens, afin de relancer la dynamique économique par le biais du déficit public et la demande interne, ce à quoi l’Allemagne continue à s’opposer farouchement… La politique de création monétaire de la BCE qui a permis d’éviter le pire en fournissant les banques en liquidités afin de détendre les taux sur les marchés de la dette souveraine au plus fort de la crise financière est également très critiquée par Berlin qui ne souhaite plus que la BCE se livre à nouveau à ce type d’intervention « non conventionnelle ».

Même les anglais du journal The Telegraph s’y sont mis et viennent de publier un article à charge contre l’Allemagne, largement repris par la presse française et titré : « le modèle allemand est ruineux pour l’Allemagne et  mortel pour l’Europe ».

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