Chroniques de la MERDE. Septième partie : le terrorisme

Le terrorisme

Chez nous, bien que nous soyons profondément pacifistes et que nous n’ayons aucune raison pratique aussi bien que théorique d’entrer en conflit avec qui que ce soit, (à part avec Eux, bien sûr)  nous livrons en pratique une guerre acharnée et héroïque contre les terroristes de tout poil. Cela s’explique naturellement par le fait que les terroristes ce sont Eux. La distinction pratique entre les terroristes et Eux s’effectue simplement par le passage concret du statut théorique d’ennemi naturel au statut pratique de terroriste. Le passage d’un statut à l’autre est aléatoire, imprévisible et dépend la plupart du temps de la mise en pratique d’intentions nuisibles à notre égard, voir tout simplement de la déclaration de telles intentions ou plus simplement encore de la simple possibilité d’avoir de telles intentions (voyez à quel point ils peuvent être vicieux)…. Bien entendu, tout ce qu’ils peuvent dire pour se justifier ou prouver leur innocence n’est qu’un ramassis de sornettes et de mensonges éhontés puisque comme nous l’avons compris depuis longtemps ce sont des dissimulateurs et des dégénérés. Ils sont de plus incapables d’assumer leurs actes barbares, voir tout simplement leur intention de commettre de tels actes. Quoi qu’il en soit et quoi qu’ils puissent dire, nous leur livrons donc une guerre sans merci, partout, et tout le temps, par l’intermédiaire de l’OTAN, avec le soutient du GLURB, et la bénédiction du Nain. Pour ce faire nous sommes régulièrement amenés à envahir leurs pays, pour le motif évident qu’ils y habitent.


Les choses se déroulent habituellement selon deux phases distinctes :
Dans un premier temps nous leur envoyons des bombes dernier cri de manière à leur démontrer une fois pour toute notre supériorité technologique et à éradiquer tout ce qui ressemble de près ou de loin à un terroriste, à une habitation terroriste, voir tout simplement à un nid. (Certains affirment chez nous qu’ils habitent et se reproduisent dans les arbres, toutefois, personne n’a jusqu’à ce jour, et ce malgré l’étendue des moyens déployés, réussi à confirmer ou infirmer cette hypothèse faute d’être parvenu à observer un terroriste vivant dans son milieu naturel). La méthode la plus simple consiste pour ce faire à arroser abondamment toute la surface du pays.
Après quoi, et une fois seulement  la surface dégagée, nous passons à l’invasion proprement dite qui se traduit par l’occupation concrète du terrain. Cette deuxième phase  permet généralement à la population de découvrir les bienfaits du Bouffisme, comme par exemple les droits de l’homme, le progrès, ou encore le chômage de masse ou les chewing-gums. A la suite de quoi, et une fois les terroristes éradiqués comme il se doit, les populations sont autorisées à faire acte de candidature et après consultation des autres membres, à devenir elles-même membres du GLURB.

Dans la pratique il est très rare, voir extrêmement rare qu’une telle candidature soit refusée, le pays une fois libéré de l’emprise des barbares, terroristes et conservateurs de tout  poil (il s’agit en fait des mêmes personnes), il ne reste en effet plus personne pour s’opposer à quoi que ce soit.
Cependant, et malgré les succès remportés par l’OTAN dans sa guerre héroïque, cette dernière se renouvelle continuellement aux quatre coins du globe (et plus particulièrement chez Eux) au gré des migrations des terroristes. Comme les cafards ou les méduses, ces derniers sont innombrables, se déplacent constamment, et reviennent régulièrement hanter les cauchemars de nos concitoyens en commettant des attentats atroces ou en ayant tout simplement l’intention d’en commettre. Il est en pratique extrêmement difficile, voir impossible d’expliquer les raisons théoriques qui poussent les terroristes à commettre de tels actes ou à penser en commettre outre le fait que s’ils n’en commettaient pas ou ne pensaient pas en commettre ils ne pourraient pas prétendre à une telle appellation. De part sa nature, le terrorisme reste donc imprévisible et aléatoire, nous oblige à nous adapter sans cesse et à faire preuve d’imagination.
Ainsi, devant la diminution des attaques et autres atrocités enregistrées du fait des succès rencontrés précisément dans l’éradication de la menace terroriste, les membres du GLURB ont été dans l’obligation de   revoir les standards et la définition de ce dernier : est aujourd’hui considéré comme terroriste, toute personne, et particulièrement tout islamiste, qui aurait l’intention de commettre un attentat ou tout autre acte relevant du terrorisme ou pouvant favoriser ce dernier ou pouvant inciter à commettre un tel acte ou pouvant laisser penser que etc… etc… c’est à dire en pratique à peu près tout et n’importe quoi.

L’adoption de cette nouvelle définition présente l’avantage de faire entrer à peu près tous ceux de chez Eux dans la catégorie des terroristes, (et même les conservateurs, socio-traitres de chez nous, au cas ou l’envie leur prendrait de salir un peu trop les idéaux immaculés du Bouffisme)  de pouvoir bombarder qui bon nous semble et de mener une guerre perpétuelle. Elle présente également l’avantage non négligeable d’éviter toute forme d’enquête ou d’instruction relative à des faits avérés ou non de terrorisme et de reposer uniquement sur le procès d’intention.

Enfin, et c’est de loin le principal avantage : elle épargne un travail prodigieux aux divers services de l’OTAN et des membres influents du GLURB spécialisés dans les opérations extérieures et qui s’étaient vu attribuer la tâche ingrate (souvent qualifiée de sale boulot) mais nécessaire de palier l’incompétence des rares terroristes encore en activité qui se montraient trop souvent incapables de faire exploser la moindre bombe, de produire le moindre carnage, voir d’ourdir tout simplement le moindre projet d’attentat digne de ce nom…

12 commentaires