Les médicaments présents dans l’eau sont-ils dangereux ?

Quelle eau buvons-nous exactement? Car, soyons bien conscients d’une chose, l’eau que nous avions il y a encore quelques décennies n’existe plus, celle-ci pouvant être chargée de pesticides, de nitrates, des médicaments comme c’est ici le cas dans l’article, elle peut même être radioactive, sans que nous en soyons informés…

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On retrouve dans les milieux aquatiques des concentrations très faibles de résidus pharmaceutiques provenant de médicaments destinés à la consommation humaine ou animale. L’origine de ces produits est multiple: rejet lié à la consommation, essentiellement dans les urines et les fèces, rejet accidentel ou volontaire de médicaments non utilisés, et localement et potentiellement des rejets industriels.

Même si les concentrations dans l’eau sont très faibles, il est démontré que certains de ces résidus pharmaceutiques ont des effets mesurables sur différentes espèces aquatiques (en particulier poissons et batraciens). Quelles peuvent être les conséquences pour l’homme et comment peut-on limiter ces risques ?

D’où proviennent les résidus de médicaments ?

On retrouve dans les milieux aquatiques des concentrations très faibles de résidus pharmaceutiques provenant de médicaments destinés à la consommation humaine ou animale.

L’origine de ces produits est multiple. A l’échelle du territoire, les principales sources sont :

  • le rejet par les systèmes d’assainissement de molécules non métabolisées ou de leurs produits de dégradation, les métabolites [1] ; ces molécules proviennent essentiellement des excrétas (urine et fèces) des personnes soignées mais également du déversement direct dans le réseau d’évacuation de médicaments non utilisés ;
  • le rejet, dans les urines ou les excréments des animaux d’élevage, de résidus de médicaments utilisés pour les soigner ou pour faciliter leur croissance ;
  • le rejet accidentel ou volontaire, par mise en décharge, de médicaments périmés ou non utilisés.

Localement les rejets industriels (industrie pharmaceutique) ou hospitaliers peuvent contribuer fortement à la pollution des milieux aquatiques.

Ces résidus de médicaments sont-ils dangereux ?

Même si les concentrations dans l’eau sont très faibles, il est démontré que certains de ces résidus de médicaments ont des effets mesurables sur différentes espèces aquatiques (en particulier poissons et batraciens).

Les résidus de médicaments sont donc considérés comme des polluants émergents susceptibles d’affecter la qualité des milieux aquatiques. La vigilance vis-à-vis de ces produits est donc nécessaire.

Si des effets sont possibles sur certaines espèces vivantes, il est logique de se demander si des effets sont également possibles sur l’homme. Même si aucun effet notable n’a pour l’instant (en 2013) été scientifiquement prouvé, plusieurs problèmes récents de santé publique (par exemple la crise du prion et de la vache folle) ont montré que les effets pouvaient parfois apparaître plusieurs années après une éventuelle contamination.

La vigilance est donc également nécessaire pour évaluer les risques sur la santé humaine.

La question est particulièrement difficile à traiter car les mécanismes d’action des médicaments à très faibles doses sont potentiellement différents de leurs mécanismes d’action thérapeutique. Il faut en particulier tenir compte des effets à long terme dus à une exposition chronique, aux mécanismes d’accumulation dans la chaîne alimentaire ou encore à de potentiels effets cocktail . Pour ceci, il est indispensable d’acquérir des données fiables, à la fois sur les expositions et sur les impacts sanitaires ou écologiques.

Comment faire pour limiter les risques ?

Il serait en particulier souhaitable que les impacts potentiels des médicaments et de leurs métabolites sur les organismes aquatiques soient étudiés avant leur mise sur le marché. Ceci n’est fait que très récemment, et uniquement pour les médicaments nouveaux. De plus, ce n’est généralement pas fait pour les produits issus de leur dégradation.

Au-delà de ces éléments qui interpellent les professionnels de santé et ceux de l’industrie pharmaceutique, la question des résidus de médicaments dans l’eau constitue aussi un enjeu technique pour les professionnels de l’eau et de l’assainissement. Ceux-ci doivent en effet élaborer des stratégies visant à les piéger à la source (collecte séparée par exemple) et/ou développer des procédés épuratoires susceptibles d’arrêter les molécules potentiellement dangereuses dans les stations d’épuration et dans les usines de production d’eau potable.

Elle constitue enfin un enjeu de citoyenneté. Ne pas consommer inutilement de médicaments, respecter les doses et les moments de prise, ne pas se débarrasser des médicaments inutilisés en les jetant dans sa poubelle ou dans son lavabo, constituent des moyens efficaces de limiter les quantités présentes dans les milieux aquatiques. Ceci est bien sûr vrai aussi bien dans la vie quotidienne que dans la vie professionnelle, en particulier dans le monde agricole et hospitalier.

[1] Les molécules actives du médicament sont dégradées par des enzymes, en particulier au niveau du foie (on dit qu’elles sont métabolisées) et utilisées par le corps humain. Il peut cependant arriver qu’une partie des molécules d’origine soient directement excrétées (en général dans les urines ou les fèces), souvent parce que le dosage est trop fort ou parce que les moments de prise sont mal choisis. Lors du processus de métabolisation, la molécule d’origine est transformée par voie biochimique. Les nouveaux produits sont appelés métabolites et une partie peut également être excrétée.

Les origines

Qu’est-ce qu’un résidu de médicaments ?

Le terme « résidus de médicaments » regroupe en réalité plusieurs produits de natures diverses :

  • La molécule-mère : il s’agit de la molécule active du médicament ;
  • Les métabolites excrétés : après son ingestion, le médicament subit différentes transformations au sein de l’organisme ; en particulier il peut être métabolisé par voie enzymatique, principalement dans le foie ; cette transformation biochimique produit de nouvelles molécules stables, les métabolites, dont certains vont être excrétés dans les urines et les fèces ;
  • Les métabolites environnementaux : de la même manière que dans le corps humain, les transformations biochimiques qui ont lieu dans l’environnement (hydrolyse, photolyse, …) dégradent la molécule-mère et/ou transforment les métabolites excrétés.

Les médicaments sources sont bien évidemment très actifs biologiquement dans la mesure où ils ont justement été conçus pour avoir une action sur le vivant. Leurs produits de dégradation (métabolites) sont également souvent très actifs.

Quels résidus de médicaments trouve-t-on dans les milieux aquatiques ?

Environ 3.000 substances pharmaceutiques sont utilisées dans l’Union Européenne.

La molécule de loin la plus utilisée en France est le paracétamol avec 3 300 tonnes par an. Une dizaine d’autres produits dépassent ou approchent les 100 tonnes annuelles.Voir l’Illustration : « Les 10 médicaments les plus vendus (par molécule) en France, 2005 ».

Tous ces produits ainsi que leurs produits de dégradation peuvent se retrouver dans l’eau. C’est donc plusieurs milliers de molécules différentes qui sont susceptibles d’agir sur les espèces sensibles : des analgésiques, des antibiotiques, des anti-inflammatoires, des anti-cancéreux, des hormones, etc..

En pratique seules quelques dizaines de molécules sont suivies de façon régulière et la fréquence avec laquelle les molécules sont détectées est plus symptomatique des produits qui ont été recherchés, ou pour lesquels on dispose de moyens d’analyse suffisamment sensibles, que de ceux qui sont effectivement présents. Pour preuve : presque toutes les familles de médicaments ont été détectées lorsqu’elles ont été effectivement recherchées.

Où les trouve-t-on et à quelle concentration ?

On trouve des résidus de médicaments dans tous les compartiments du cycle hydrologique.

En fonction des apports et des phénomènes de dégradation, les concentrations varient cependant beaucoup tout au long du cycle hydrologique et en fonction des spécificités des écosystèmes. Les ordres de grandeur des concentrations dans les différents compartiments sont les suivants :

Dans les urines 1 mg/L
Dans les eaux résiduaires (entrée station épuration) 10 µg/L, soit 1 mg/ 100 L
Dans les eaux épurées (sortie station épuration) 1 µg/L, soit 1 mg/ m3
Dans les eaux superficielles (rivières, lacs, …) 10 à 100 ng/L, soit 1 mg pour 10 à 100 m3
Dans les eaux de consommation 1 ng/L, soit 1 mg pour 1 000 m3

(Source : Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable, CGEDD, 2010).
mg : milligramme, soit un millième de gramme ; µg : microgramme, soit un millionième de gramme ; ng : nanogramme soit un milliardième de gramme. A titre indicatif, les quantités présentes dans un comprimé sont généralement de quelques dizaines à quelques centaines de milligrammes.

On peut également retrouver des résidus de médicaments dans les sédiments. Sachant que la quantité de produit actif dans un comprimé est en général de l’ordre de grandeur de la dizaine ou de la centaine de milligrammes, ces concentrations apparaissent en première approche très faibles. Il faut par exemple boire environ 500.000 m3 d’eau potable pour ingérer l’équivalent d’un cachet d’aspirine de 500 mg !)

Article complet sur Méli-mélo via Fortune

Mais si les médicaments sont présents dans l’eau que nous buvons, malheureusement, il n’y a pas que cela, c’est pourquoi je vous propose ici deux reportages sur le sujet:

Du poison dans l’eau du robinet – France 3 – émission du vendredi 2 mars 2012 à 23h15

https://www.youtube.com/watch?v=Isvm1FjoTq8

L’eau, notre poison quotidien

 

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