Comment faire des affaires en temps de chaos

C’est un risque, une « potentialité » à prendre en compte si les prévisions se vérifient comme un krach financier total, ou une explosion sociale suite aux différentes tensions qui un jour ou l’autre risquent de ne plus être contenues, même si la télévision aide bien dans le domaine. Et donc, puisque certains souhaitent se préparer, de quelque manière que ça soit, voici un article plus qu’intéressant avec les choses à prendre en compte dans le domaine si vous souhaitez tirer, ne serait-ce qu’un minimum, votre épingle du jeu…

barterLa plupart d’entre nous, en tant que survivalistes, comptons sur nos compétences lorsque le chaos s’installera.

Ainsi nous choisissons d’acquérir et pratiquer un certain nombre de savoirs : comment combattre, soigner les gens, faire des conserves, cultiver… Et nous achetons des équipements et apprenons de nouvelles choses dans ce but.

De nombreux blogs et forums traitent de ces aspects, mais, curieusement, très peu de ce qui concerne le commerce durant les temps de chaos, tant il parait évident qu’il va être facile d’échanger des choses à ce moment là…

Il semble que la plupart des gens considèrent comme une évidence le fait de pouvoir librement faire du commerce ou procéder à du troc en cas d’effondrement du système.

Il y a comme une sorte de cliché communément admis qui tendrait à faire croire qu’une personne va être capable de sortir avec un bien quelconque, par exemple un sac de pommes de terre, et l’échanger le plus naturellement du monde contre des piles, des bougies, ou tout autre chose ;

Ou bien encore qu’il va se trouver un endroit particulier, un peu comme une sorte de marché, où chacun pourra librement se rendre pour faire du shopping et voir ce que les gens ont à proposer…

C’est faire preuve à mon sens d’une naïveté plus qu’enfantine.

Voici donc quelques préceptes de bon sens à garder en mémoire, valables quel que soit l’endroit où l’on vit, en prévision de ce jour spécial où les lumières vont s’éteindre…

1/ Chaos égale commerce

Si le système s’effondre, nous allons tous être amenés à faire du commerce et procéder à des échanges, peu importe la qualité de notre préparation.

Ce sera une partie intégrante de notre manière de vivre, l’un des rares moyens d’obtenir les choses dont nous aurons besoin, et plus particulièrement dans un contexte de survie à long terme.

Même les survivalistes qui disposent d’une BAD autonome et parfaitement aménagée dans un recoin sombre du pays n’échapperont pas à la règle, et devront un jour ou l’autre sortir de leur tanière. De toute façon, la pression psychologique sera telle qu’au bout d’un laps de temps relativement court, ces gens-là rechercheront d’eux-mêmes l’interaction avec leurs semblables.

Il parait donc raisonnable de penser dès aujourd’hui aux différents aspects de la question, tant le commerce pourrait constituer une source majeure de ressources et pourvoir à nos besoins durant les périodes difficiles. En se préparant à cette éventualité et en agissant intelligemment, on devrait alors être en mesure de vivre beaucoup mieux que les autres.

Il existe certaines différences dans la manière de pratiquer le commerce suivant les pays, qui sont spécifiques et ne peuvent s’appliquer partout, de la même manière qu’il n’existe pas de conseil universel sur le choix du type d’arme qu’une personne devrait posséder. Mais il y a aussi des points communs, comme le fait qu’une balle dans la tête vous tuera, quelle que soit l’arme dont elle provient…

2/ Chaos égale absence de lois

Si vous songez à pratiquer le négoce ou l’échange dans une hypothèse d’effondrement du système, alors vous devez prendre un moment pour y réfléchir, et commencer par accepter le fait que vous aurez à le faire dans un contexte caractérisé par l’absence de lois.

Une fois que vous aurez accepté cela, alors seulement vous pourrez songer à la manière dont il serait possible d’améliorer votre position de négociant dans un monde en ruines (et de la conserver…), puis de réfléchir à ce que vous pourriez échanger.

Le fait est que vous devez d’abord réaliser combien les choses changent radicalement lorsque la loi n’existe plus. C’est une perspective qui est difficilement concevable dans nos sociétés policées, mais il semble évident que la vie nous apparaîtra sous un autre angle, et que c’est de cet angle-là qu’il faudra aborder l’aspect du commerce

3/ Regardez aujourd’hui autour de vous

Il s’agit simplement d’être réaliste et pragmatique. Lorsque les gens auront à se battre pour survivre, il vont avoir besoin de tout. Mais c’est dès à présent que nous devons utiliser notre bon sens, de manière à ne pas stocker des choses qui pourraient se trouver facilement autour de nous, ou qui seraient de moindre utilité.

La place dont nous disposons est aussi un critère à prendre en considération. Ceux qui vivent à la campagne sur de grands espaces pourraient se permettre de stocker du matériel volumineux (pièces auto de rechange, équipements divers, métaux, forge, etc.), tandis que ceux qui vivent en appartement devront se contenter de petites choses comme des briquets, bougies, etc.

4/ Toujours des petites choses

Quoi que vous échangiez, et quel que soit le moment, faites-le seulement avec de petites choses et de petites quantités. Par exemple, n’offrez pas 5 litres d’alcool, mais seulement ½ litre voire 1/4. C’est tout. Avez-vous les bouteilles qu’il faut pour cela ? C’est un point auquel vous pourriez commencer à songer au cas où vous disposiez d’une certaine quantité d’alcool en vrac.

Pourquoi agir de la sorte quand on pourrait négocier davantage ? Parce que les gens ne prendront sans doute pas votre vie pour si peu, mais si vous avez plus, ou s’ils pensent que vous disposez de plus chez vous, alors ils pourraient ne pas hésiter autant.

Aussi parce qu’il est plus facile de se rendre quelque part avec ½ litre à échanger, voire moins, que de charrier à bout de bras un jerrycan de 10 litres…

5/ Vous voyez les choses en grand ? Erreur…

Si vous avez l’intention de passer au niveau supérieur en cas de chaos et que vous stockez des tas de choses intéressantes, alors vous devez plus que jamais afficher un profil bas. Ce qui signifie que si vous voulez être un « trader » à grande échelle, alors personne d’autre en dehors de chez vous ne doit savoir que vous avez en votre possession des stocks entiers à négocier.

La seule chose qui puisse s’interposer entre vous et tout un tas de gens peu recommandables sera le fait d’être sans intérêt à leurs yeux. Vous pourriez toujours me répondre que vous êtes très bien armé, préparé, et que vous avez des amis avec vous qui le sont également.

Alors je vous répondrais qu’un jour ou l’autre, quelqu’un rappliquera avec plus d’amis et plus d’armes que vous n’en avez. Ce jour-là vous serez mort, et votre stock se sera envolé.

Donc, restez modeste. Vous ne pouvez pas vous permettre d’apparaître comme un « gros » négociant pour les gens autour de vous. Quoi que vous ayez à offrir, vous allez avoir besoin d’une stratégie intelligente pour le négocier et le distribuer. Veillez aussi à votre ego : avoir des ressources signifie du pouvoir, et montrer ce pouvoir va vous faire tuer.

6/ Être un intermédiaire : la solution idéale

Pour de meilleurs résultats sur une période prolongée, il faut que vous apparaissiez comme un intermédiaire dans le processus de vente, et non pas comme celui qui possède les choses à vendre. Et bien entendu, cela signifie que les gens doivent croire que vous êtes seulement cela.

Donc si vous vous êtes préparé pour le négoce, et que vous disposez d’un stock important de biens à offrir, vous ne pourrez pas juste sortir et présenter ces choses comme étant les vôtres. Vous devrez vous présenter comme celui qui peut obtenir ce que les gens demandent.

Si vous disposez par exemple d’un stock de 1000 briquets, et qu’un mois après l’instauration du chaos vous réalisez que les briquets ont la côte, la meilleure solution pour les négocier serait d’apparaître comme celui qui connait quelqu’un qui a des briquets à offrir. Vous sortez alors avec quelques briquets, mais ils ne sont pas les vôtres…

Vous agissez seulement comme un intermédiaire qui sait où trouver la chose recherchée, comment se rendre à cet endroit, et revenir avec.

7/ Les règles élémentaires de prudence

Encore une fois, il faut que vous apparaissiez comme quelqu’un sans intérêt. Le sens commun impose de suivre les règles suivantes :

  • Ne jamais négocier devant votre domicile
  • Lorsque vous négocier avec des inconnus, vérifiez toujours avec soin que quelqu’un ne vous suit pas sur le chemin du retour
  • Quel que soit la quantité de choses que vous pourriez échanger, ne faites jamais trop de commerce avec la même personne sur une courte période (par exemple, ne vendez pas 10 briquets 3 fois dans la semaine avec la même personne, ou au même endroit)
  • Faites des compromis. Négocier avec des gens connus augmente les risques car ces gens-là sauront où se rendre s’ils réalisent que vous gardez beaucoup de choses à votre domicile. D’un autre côté, négocier avec des inconnus présentent aussi des risques, dans la mesure où vous ne les connaissez pas.
  • Ne négocier jamais de grandes quantités de choses, ou quelque chose de réelle importance avec des gens de votre voisinage immédiat, à moins que vous leur fassiez confiance à 100 %, ce qui serait peu recommandé. Si vous avez quelque chose d’intéressant, mieux vaut prendre le risque d’aller à un autre endroit, par exemple un autre quartier, et faire affaire avec des gens qui ne savent pas où vous habitez.

8/ Prix et valeur des choses

Le prix d’une chose peut varier suivant les régions, ainsi que les conditions. On pourrait penser que la nourriture l’emporte sur le reste, mais il y a une différence entre ce qui sera toujours demandé, et ce qui aura la plus grande valeur. Bien sûr, il serait sans doute toujours possible de négocier de la nourriture contre quelque chose d’utile, mais une meilleure idée consisterait à posséder quelque chose d’intéressant que vous pourriez échanger contre de la nourriture.

Par exemple, des sources de lumière et d’énergie : lampes, piles, bougies, alcool solidifié (méta), allume-feux, briquets, pierres, chargeurs solaires, essence…

Ayez toujours des choses que les gens utilisent dans votre région et dans la vie de tous les jours. On pourrait penser qu’en cas de chaos, les habitudes vont disparaître et que tout ce qui leur était lié serait ramené aux gestes de survie élémentaire, nourriture basique et eau. Sans doute en sera-t-il ainsi pour beaucoup de gens, mais la raison sera parce que ces gens-là n’auront pas en stock ces produits de confort, ou pas grand-chose sinon rien contre quoi les échanger. S’ils en ont la possibilité, ils se les offriront sans aucun doute.

En France par exemple, comme dans la plupart des pays européens, beaucoup de gens boivent du café plusieurs fois par jour, et il y a aussi pas mal de fumeurs. Boire un café fait souvent partie d’un rituel entre amis ou en famille, où l’on se retrouve pour passer un moment ensemble.

Lorsque les lumières vont s’éteindre, les gens vont se trouver en situation difficile, et les habitudes ou les rituels qu’ils avaient connus dans leur « vie antérieure » auront alors beaucoup plus de valeur. Quand tout s’écroule autour de vous, le fait d’avoir un moment spécial en famille ou entre amis devient encore plus important.

Comme on devrait s’y attendre, il est probable que le café prenne de la valeur, beaucoup plus de valeur. De même pour de piètres substituts. La même chose se produira pour les cigarettes. Donc, suivant l’endroit où vous vivez, voyez quelles pourraient être ces choses, et faites en sorte de les avoir en stock. Ce peut être du café, des cigarettes, du thé, de la bière, etc

9/ La charité

Il n’existe pas de règle définitive en ce qui concerne le négoce, autre que les mesures de sécurité dont nous avons parlé. Mais il y a aussi certaines éléments à considérer.

La charité durant les temps ordinaires est une bonne chose, mais lorsque tout part en vrille, elle devient une manière d’agir plutôt négative et dangereuse. Je sais que je vais en heurter bon nombre en disant cela, mais mon conseil est de ne jamais offrir la charité en cas de chaos. Il existe une raison malheureusement très pratique à un tel comportement : Si vous donnez les choses pour rien quand les autres autour se battent pour survivre, que vont-ils penser ?

Que vous disposez de vraiment beaucoup, donc qu’ils peuvent avoir ce qu’ils veulent et même plus, quitte à le prendre par la force. Vous pouvez donner si tel est votre désir, mais dans ce cas, il ne faut absolument pas que cela ressemble à de la charité.

Le principe est de toujours obtenir quelque chose en échange d’autre chose. Si vous pratiquez réellement la charité et que cela vient à se savoir, vous êtes mort. Tous ceux qui ont connu les affres d’une guerre civile vous le diront. Même des gens que l’on croyait de bonnes personnes et qui tentaient leur chance auprès d’âmes charitables, sont finalement devenus des meurtriers.

10/ L’arnaque

Bien entendu, vous devrez toujours vous attendre à être trompé. Les gens feront beaucoup de choses inavouables pour obtenir ce dont ils ont besoin, comme par exemple mettre du plâtre dans des aliments pour bébé (on sort le contenu de la boite, on remplit de plâtre jusqu’à moitié, et on complète ensuite avec le lait en poudre par-dessus)

Source et article complet disponible surSurvivreauchaos.blogspot.fr

8 commentaires

  • robertespierre

    Chaos équitable

    Rayon collectionneurs

    Echange

    Tête de cochon (idéal pour pâté de tête)
    contre
    Tête de ministre (de préférence ayant peu servi)

  • laspirateur

    En temps de chaos, c’est vol à la tire, pillage, tuerie et barbarie!

  • nuronuro nuronuro

    J’échange un hollande contre un dieudonné , le mien mange trop ….

  • BA

    En décembre 2011 et février 2012, la Banque Centrale Européenne a prêté 1019 milliards d’euros aux banques privées. Durée du prêt : trois ans. Taux d’intérêt : seulement 1 %.

    Résultat : échec total. Les banques privées prêtent de moins en moins aux entreprises. L’économie réelle n’a pas du tout profité de cet argent.

    Zone euro : les crédits au secteur privé accentuent leur recul en novembre.

    L’octroi de crédits au secteur privé en zone euro a accentué son recul en novembre, avec une baisse de 2,3% sur un an, après un repli de 2,2% en octobre et de 2% en septembre, a annoncé vendredi la Banque centrale européenne (BCE).

    Initialement, le recul d’octobre avait été évalué à -2,1%.

    Les crédits aux entreprises non-financières ont continué de nettement se dégrader avec une baisse de 3,9% sur un an en novembre, contre -3,8% en octobre et -3,6% en septembre, a précisé l’institution monétaire de Francfort dans un communiqué.

    http://www.romandie.com/news/n/Zone_euro_les_credits_au_secteur_prive_accentuent_leur_recul_en_novembre23030120141045.asp

    Depuis décembre 2011, avec les centaines de milliards d’euros du LTRO, les banques privées prêtent de moins en moins à l’économie réelle, aux particuliers, aux entreprises privées.

    Mais en revanche, chaque banque privée a préféré prêter à son Etat.

    Italie :

    En 2007, les banques privées italiennes détenaient 12 % du PIB en obligations de l’Etat italien.

    Fin 2013, les banques italiennes détiennent 28 % du PIB en obligations de l’Etat italien !

    Espagne :

    En 2007, les banques privées espagnoles détenaient 7 % du PIB en obligations de l’Etat espagnol.

    Fin 2013, les banques espagnoles détiennent 30 % du PIB en obligations de l’Etat espagnol !

    Sans le vouloir, la BCE a créé de colossales bulles obligataires en Europe.

    Et ces bulles obligataires deviennent de plus en plus gigantesques.

    Regardez les graphiques 3a et 3b :

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=74349

  • Yanne Hamar

    Pas de marché noir mais du troc auprès des proches voisins.

  • Fenrir

    Il y a une petite base de vrai dans le fond de cet article. Les événements de l’histoire tendent à le confirmer par une multitudes de cas et situations.
    Cependant, c’est également sous-estimer la solidarité et les nouvelles cohésions sociales qui émergent en temps de crise.
    Car nous oublions là, la multitude toute aussi importante de manifestations de solidarité et de coopération qui émergent également spontanément face au chaos.
    L’aspiration à l’ordre et à la sureté des biens et des individus sont profondément ancrées dans notre espèce, et dans nos structures sociétales.
    Chaos ou pas, un changement complet des paradigmes de nos relations est nécessaire.
    Nous savons où nous a conduit le capitalisme néo-libéral : dans le mur.
    Le rapport humain basé sur l’exploitation, le profit, doit être remis en cause dans son mode de répartition de la richesse créée par une activité.
    La vision développé dans cet article reste fort pessimiste, anglo-saxonne, et en un sens capitaliste des rapports humains.
    Le terme de « charité » est en un sens révélateur de cette approche. Il ignore dans son essence le principe de solidarité.

    • rouletabille rouletabille

      SURVIVRE ..
      Ils font tout pour nous faire SURVIVRE .
      Hahahaha
      Voyez vous autour de vous des gens malheureux ,sur le trottoir ?
      La désespérance ne s’expose pas.
      Suis un peut peter.
      bisous FENRIR et bonne Année ainsi que…blalababababaabbla.
      J’espère avoir oublier personne?

    • Maverick Maverick

      Il y aura certainement de bonnes surprises, mais aussi des mauvaises : Chassez le naturel, il revient au galop … (Surtout que « Ventre affamé n’a pas d’oreilles »)

      Les mêmes qui arnaquaient les gens « faibles » en leur vendant des trucs inutiles ou foireux (encyclopédies, assurances, mobilier, crédits, sectes) tenteront de survivre en utilisant les mêmes stratagèmes. Cette mentalité de voleur, d’escroc et de prédateur qui a été cultivée avec succès par le système néo-libéral ne disparaîtra pas (ou ne sera pas réprimée) si facilement.

      Perso, je veux bien tendre une main charitable, mais seulement si j’ai l’autre sur mon arme. Parce qu’il y aura toujours un empaffé comme celui qui l’autre jour m’a « soufflé » une place de parking sous le nez, pour ensuite me dire en rigolant que « dans la vie, il y a les baiseurs, et les baisés » …