USA : le projet solaire AVSP, plus rentable et bien moins risqué qu’un projet nucléaire équivalent

Le prix de revient au MW de la gigantesque ferme solaire dont la construction vient de démarrer en Californie atomise celui du nucléaire : avec des charges d’investissement nettement moins élevées et des charges de fonctionnement quasi-nulles, le photovoltaïque enterre financièrement le nucléaire ; sur le plan sécuritaire et écologique la question ne se pose même pas…

L’incroyable pari solaire de Warren Buffet

Le projet AVSP 1 prévoit en 2015 une puissance électrique installée de 579 MW, soit plus que l’unité n°. 1 de l’ex centrale de Fukushima-Daiichi (460 MWe) et une bonne moitié d’une tranche nucléaire française « standard » de 900 MWe.

Simplicité de la technologie : pas d’aléas industriels

La construction du site s’étendant sur 1300 hectares implantés dans le désert de Mojave, dans le Comté de Los Angeles, a débuté en janvier 2013 et les travaux devraient être achevés à la fin de l’année 2015 ; il serait surprenant que les délais initiaux ne soient pas respectés car la technologie photovoltaïque est simple, totalement maitrisée, son profil ne présente pas la marge d’incertitude caractéristique liée aux équipements industriels massifs et complexes présents à chaque recoin de la filière électronucléaire.

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(1) Le Désert de Mojave, l’un des lieux les plus électro-productifs de la planète (6 kWh/m2/jour)

Simplicité financière : des charges financières prévisionnelles honnêtes

Pour les mêmes raisons, il n’y a aucune raison pour que le bilan prévisionnel, fixé à environ 2 milliards de Dollars, explose à la façon des récents projets électronucléaires. Le prix des panneaux photovoltaïques étant plutôt orienté à la baisse 2, la surprise pourrait même en fait plutôt être inversée, surtout avec un gestionnaire comme Warren Buffet aux commandes du projet via son fonds d’investissements Berkshire Hataway.

Des estimations ne laissant aucune chance à un quelconque “renouveau” du nucléaire

Le bilan prévisionnel établi par Berkshire Hataway prévoit ainsi des charges d’équipement 3 estimées à 3.5 millions de Dollars par MW 4 alors qu’un projet nucléaire “standard” de 1000 MWe représente quant à lui une charge financière initiale estimée à environ 5.5 Millions de Dollars par MWe 5 ; un projet nucléaire “avancé” (?) du type EPR représente quand à lui un investissement encore plus élevé, puisqu’il est estimé (à ce jour) aux environs de 6.6 Millions de Dollars au MW “installé” 6.

Des charges de fonctionnement incroyablement basses

L’exploitation et la maintenance d’un site de la taille de celui d’Antelope Valley ne nécessite qu’une équipe permanente d’une quinzaine de personnes alors qu’une tranche nucléaire réclame la présence permanente de plusieurs centaines d’exploitants et de techniciens. Les opérations de maintenance sont fréquentes dans l’électronucléaire alors qu’un panneau solaire défectueux se remplace en quelques minutes, sans interruption de la production. De même, les générateurs solaires sont de petite taille, un générateur en panne peut être remplacé rapidement et ne pénalise que très peu la production ; idem pour les trackers 7 qui supportent moins de 5 kWp par vérin 8.

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(2) Un tracker T0 motorise une dizaine de panneaux de 350 Wp (Sunpower)

Il est généralement estimé que le coût (charges de fonctionnement) du MWh électronucléaire représente environ USD 20 alors que son équivalent en solaire est estimé au maximum de 1 à 2 dollars par MWh.

100 % Sécurité

Ces unités de production photovoltaïques peuvent (et doivent) être installées de préférence près des sites de consommation, en zone suburbaine par exemple afin de ne pas être pénalisées par des prix de terrain prohibitifs et de pouvoir bénéficier de pertes en ligne minimales. Malgré leur posture de sécurité quasi-absolue, les autorités et les opérateurs électronucléaires n’ont pas osé (jusqu’ici) installer leurs machineries infernales à proximité des villes ou des sites industrialisés (les habitations des travailleurs étant souvent contigües aux sites industriels).

100% technique

Le projet retenu pour le site d’Antelope Valley est à la pointe de la technique photovoltaïque actuelle : les panneaux affichent un rendement brut supérieur à 20% 9, le rendement annuel est encore amélioré par le suivi solaire azimutal et en temps réel des capteurs ; les raccordements sont simples et robustes, aucun système de stockage d’énergie n’est envisagé ; la production peut être simplement ajustée à la demande voire stoppée et rétablie sans aucune contrainte en cas de nécessité.

0% béton et 90% écologique

La fixation des armatures supportant les panneaux ne nécessite pas de radier ni de semelles en béton (autant en moins dans la poche des bétonneurs fous) ; le matériel utilisé est de l’acier galvanisé très résistant à la corrosion et qui ne nécessite aucune protection chimique ultérieure.

Le photovoltaïque ne consomme que très peu d’eau lors de son installation (zéro béton à couler, rappelons-le) mais n’en prélève pas du tout lors de son fonctionnement (où en serons-nous avec le problème des milliers de tonnes d’eau prélevées journellement par le nucléaire dans 20 années 10 ?).

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17 commentaires

  • anoushka35

    Le seul inconvénient est l’inestéthisme des panneaux solaires. Mais à contrario, une centrale nucléaire supprime l’accès à des sites en bord de mer ou de fleuves. Le danger en été ou dans les pays chauds est le reroidissement des réacteurs. Ainsi certaines centrales pompent de plus en plus d’eau lors de fortes chaleurs, ce qui à terme assèche les bassins versants…
    Les panneaux photovoltaïques nécessitent néanmoins un certain nombre d’années pour la rentabilisé, si l’on s’addresse à des particuliers. L’exemple américain de M Buffet, investi le désert et défrise surement le paysage. Mais si l’on prend l’exemple des maisons dont le toit est couvert de panneaux ce même problème demeure.
    Alors entre le nucléaire et le photovoltaïque, sans doute la préservation de l’environnement passe-t-elle par le photovoltïque.

  • Mais au final, je parie que le prix de l’électricité ne baissera pas :D

  • gerard51

    Je cite : …/…Le bilan prévisionnel établi par Berkshire Hataway prévoit ainsi des charges d’équipement 3 estimées à 3.5 millions de Dollars par MW 4…/…
    L’article donne un coût pour une puissance… donnée incomplète. Ce qui compte c’est l’énergie (P x t = Wh)pour un investissement donné.
    2,7M€ pour 1 Mw, soit 2,7€ le Watt.
    A priori l’article parle de Wc (Watt crête : quand le panneau est perpendiculaire au soleil) En Wc un panneau peut atteindre dans les 350W/m2, cela fait 945€ l’investissement d’un panneau d’un m2.
    Prix de cette énergie en supposant l’installation fonctionnant 15 ans, et produisant 300W pendant 10H/jours.
    Coût/jour de l’investissement 945/15/365 = 0,17€/jour pour 300W x 10H = 3000Wh = 3kWH, soit 0,17/3 = 5,7 centimes le kWh.
    Bémol: cette énergie n’est pas produite la nuit. La stocker via 2 lacs d’altitudes différentes en font un kWh à 5,7/0,7 = 8,2 centimes.
    (0,7 = rendement des 2 lacs).
    A cela il faut ajouter le coût de la maintenance (n’oublions pas que les panneaux produisent un courant continu et non alternatif), les panneau perdent 1% de leur capacité de production par an, etc…. cela donne un courant à environ 10 centimes le kWh. Pas mal effectivement, si je ne me suis pas trompé dans mes calculs.

    • Povtach

      la comparaison semble un peu limite surtout que ce sujet revient souvent parlant de ces watt crete et de la production intermittente du photovoltaique.
      J’ai toujours pas de synopsis d’un article qui donne les prix comparés du photovolt nucléaire.
      Je pensais avoir le bon article à conserver et partager mais j’attendrai encore de tomber sur quelque chose de plus sérieux.
      il faut comparer le cout de revient de l’énergie produite sur une période qui correspond environ à la vie de l’installation pour pouvoir y intégrer l’entretien frais de fonctionnement, le démantèlement surtout concernant le nucléaire.
      en photovoltaique la puissance installée ne vaut rien, c’est tout. et pour l’éolien c’est pareil.

      ou alors on peut déjà betement multiplier par 2 en disant que le photovolt foncionne en moyenne la moitié du temps et produit donc 2fois moins que le nuke.
      Alors à puissance installée égale, il faut multiplier par 2 au minimum le cout du pv. 3.5×2 7 l’epr 6.6. c’est déjà plus pareil.

  • Lionel

    C’est une erreur de parler de solaire, il y a solaire et solaire, le photovoltaïque est très discuté, il est très énergivore à la fabrication et sa durée de vie est assez courte avec une forte baisse de rendement croissant avec les ans, impossible à recycler, utilisant des matériaux high-tech extrêmement polluants !
    Un texte de PMO sur le sujet…
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Solaire.pdf

    • Filux

      +1

      Il faut le redire ; le photovoltaïque est au sommet de la pyramide industrielle. Ce n’est pas une source d’énergie fiable pour qui cherche l’autonomie énergétique. Personne non plus, n’a jamais fabriqué une cellule PV dans son garage.

      • do39

        Désolé !
        Entre les utopies à la Tesla et l’électronucléaire qui sera un super cadeau aux générations à venir, le PhotoVoltaïque offre encore une voie raisonnable et productive d’une énergie électrique peu chère et peu polluante, ne vous en déplaise !
        Ou alors passez-vous d’électricité…

        Apprenez déjà à moins dépendre des ressources en réseau (gaz, edf, pétrole)… car un jour viendra où ces services ne seront plus assurés…
        Ce système n’en a plus pour bien longtemps…

  • Thierry92 Thierry92

    Le recycler? Un bon coup de chaleur dans un four.
    Essayez de faire pareil avec une centrale nucléaire.
    Le cout est différent et sans danger pour l’environnement et meme si c’est pas beau c’est sans commune mesure comparé aux tour de refroidissement. Si cela avait été une centrale solaire a fukushima les résultat aurait été tout autre.

  • Le photovoltaïque est très gourmand en métaux rares. Il favorise la future exploitation de ces ressources, bien évidemment dans les pays du tiers monde. Bien que ne rejetant pas directement de pollution, son recyclage est complexe, et donc, coûteux.

    Le solaire pur, lui, est plutôt bénéfique, car il nécessite 90% de verre, certes énergivore à la fabrication, mais recyclable. Focaliser le faisceau solaire sur un tube rempli d’huile de synthèse permettant de chauffer de l’eau en circuit fermé faisant tourner une turbine est d’un bilan écologique bien meilleur…

    Mais je crois que des lois visant à moins consommer serait d’une rendement vraiment meilleur, et d’un impact écologique nul (ou presque)… Mais si on voulait sauver la planète, ça se saurait…

      • Natacha Natacha

        Peut-être qu’on pourrait penser énergie locale comme on doit penser économie locale, culture nourricière locale etc …
        1300 hectares … pour le confort de l’homme du XXIème siècle … même dans le désert,j’ai du mal.
        Et puis, il n’y a pas Total derrière ce projet ?
        Je préfère les champs d’Eschscholzia californica.

  • Gwendoline

    A 15 ans j’ai lu « Le meilleur des mondes  » de Aldous Huxley. Quand j’ai eu fini la lecture de ce livre j’ai pensé : « n’importe quoi » ! J’essayais de me dire qu’il s’agissait d’un bon livre de science fiction mais au fond de moi j’étais terrifiée et en alerte. Quelques années plus tard il y a eu les premières FIV et Amandine est née. Ensuite il y a eu les mères porteuses, puis la brebis Dolly , les plantes OGM. Nous SOMMES dans le meilleur des mondes. Il nous reste à organiser la « réserve » de sauvages. Maintenant quand je lis quelque-chose qui me semble étonnant je me dis : « après tout pourquoi pas » en repensant à ma réaction au « meilleur des mondes ».
    Là je viens de trouver 2 articles avec des découvertes extraordinaires. Les chroniqueurs scientifiques ne semblent avoir rapporté ni l’un, ni l’autre.
    http://lapressegalactique.net/2013/01/09/celui-qui-croit-au-hasard-et-a-la-gravitation-na-jamais-regarde-lunivers/

    http://lapressegalactique.net/2013/01/04/2013-annee-de-lenergie-libre-magnetique/