Le procès Breivik est-il celui de ses lectures?

J’ai jusqu’ici évité de parler du procès pour ne pas lancer de polémique inutile, pourtant, il y a de quoi! Peu après la tuerie par le monstre Breivik, des questions ont été soulevées, des interrogations qui ne trouveront pas leur réponse durant le procès, et la version officielle se trouvait pratiquement aussi caduque que celle pour l’affaire Mohammed Merah en France. Alors, Breivik est-il le monstre qu’on nous vend dans les médias? Et surtout, est-ce réellement son procès qui est réalisé actuellement ou celui de ses lectures? Dernière chose, au début de son procès, est-ce réellement un salut nazi? Le poing fermé? N’était-ce pourtant pas la main tendue que le salut se réalise?

Par Ivan Rioufol

Anders Behring Breivik, l’auteur de la tuerie d’Uoeya en Norvège (77 morts, le 22 juillet 2011), dont le procès s’est ouvert cette semaine à Oslo, voulait dénoncer par ce carnage le multiculturalisme, l’immigration de masse, l’islamisation de l’Europe. Ce lien est-il suffisant pour rendre ces thèmes d’autant plus inabordables ? C’est ce que prétend notamment Eva Joly qui met en garde contre les idées du FN, en oubliant qu’un membre des Verts et de la Ligue des droits de l’homme, Richard Durn, avait ouvert le feu sur le conseil municipal de Nanterre en 2002 (huit morts) parce qu’il y  voyait une insupportable « mini-élite locale ». C’est ce que soutiennent plus généralement les belles âmes qui ont oublié de s’interroger sur les influences qu’aurait pu avoir le Coran sur Mohamed Merah, le tueur de Montauban et de Toulouse, quand des sourates appellent à tuer des juifs et des mécréants. Hier, Breivik a d’ailleurs dit son admiration pour le terrorisme islamique, en prenant al-Qaida et le 11 septembre en exemples. Il s’est également comparé aux chefs indiens Sitting Bull et Crazy Horse, qui voulaient, comme lui, protéger leur peuple. Si Breivik n’est peut-être pas fou, il est en tout cas cinglé.

Les commentaires que je lis (notamment sur Libération et Le Monde) tendent notamment à faire peser sur l’essayiste suisse Bat Ye’or, un des auteurs cités par Breivik dans sa prose, la responsabilité intellectuelle de cette tragédie. Or il se trouve que je connais cette vieille dame discrète habitant en Suisse avec son mari, l’historien britannique David Littman. On doit à Bat Ye’or d’avoir théorisé le concept de dhimmitude, ce statut d’infériorité imposé aux juifs et aux chrétiens en terres d’islam. Elle a également dévoilé le projet d’Eurabia : documents à l’appui, elle soutient que l’Union européenne et le ministère français des Affaires étrangères ont, dès les années soixante-dix, acheté à la Ligue arabe une sécurité pétrolière et une sécurité tout court en s’ouvrant à l’immigration musulmane et au multiculturalisme. A ma connaissance, elle n’a pas été contredite sur les faits et les textes qu’elle avance. Mais ceux qui ne l’ont pas lue tentent de la faire passer, à l’occasion du procès Breivik pour une extrémiste, auteur d’une thèse « complotiste » comparable aux Protocoles des Sages de Sion. Ce qu’elle soutient est-il si dérangeant qu’il faille absolument la faire taire ?

Je participerai, ce mercredi, à On refait le monde, sur RTL (19h15-20h)

Source: lefigaro.fr

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