Des milliers de grecs manifestent pacifiquement à Athènes contre l'austérité

Avec ce nouveau prêt de 60 milliards d’euros, c’est le peuple grec qui va se retrouver encore plus étouffé, les banques seront sauvées, mais la population sera ignorée. Le raz le bol est général, et les murs tremblent une nouvelle fois…

http://lysianealezard.elunet.fr/public/lysianealezard.elunet.fr/manifestation-grece_442.jpgSelon la police, plus de 50.000 personnes se sont rendues dans la soirée sur la place Syntagma (de la Constitution), juste en face du Parlement, en chantant « Voleurs, voleurs » à l’adresse des députés et du gouvernement.

Des dizaines de milliers de Grecs ont participé dimanche à un gigantesque rassemblement pacifique contre l’austérité dans le centre d’Athènes à l’appel des « Indignés », un mouvement alternatif de résistance fédéré sur internet et calqué sur une campagne du même type en Espagne.

Selon la police, plus de 50.000 personnes se sont rendues dans la soirée sur la place Syntagma (de la Constitution), juste en face du Parlement, en chantant « Voleurs, voleurs » à l’adresse des députés et du gouvernement.

Ce rassemblement survient le surlendemain d’un accord du Premier ministre Georges Papandréou avec les créanciers du pays pour une rallonge financière en échange d’un contrôle accru sur les dépenses du pays et de nouveaux sacrifices budgétaires.

A Salonique, deuxième ville de Grèce, dans le nord, 3.000 personnes ont participé à un rassemblement du même type, selon la police, répondant à un appel européen, via les réseaux sociaux notamment, de rassemblements sur les places des grandes villes d’Europe.

A Athènes, il s’agit du plus grand rassemblement depuis le début des actions menées par ces « Indignés » grecs il y a douze jours.

La foule brandissait de nombreux drapeaux grecs, mais aussi espagnols, portugais, tunisiens et argentins.

« Vous avez la maladie, nous avons la solution. Révolution », proclamait une banderole déployée sur la place près de l’entrée du metro.

« C’est une honte, ce qu’on fait à la Grèce », estime Stelios Sfinas, policier en retraite, âgé de 87 ans. « Je veux que la Troïka s’en aille », ajoute-t-il en brandissant un grand drapeau grec.

La Troïka est le nom donné par les Grecs aux représentants des trois institutions, Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international, qui ont débloqué en mai 2010 un prêt de 110 milliards d’euros d’aide à la Grèce, alors au bord de la faillite.

Ces mêmes créanciers ont accepté vendredi d’augmenter le montant de leur aide en échange de plus de contraintes financières et d’une accélération des privatisations.

Mais ces considérations semblent bien lointaines pour Panos, 48 ans, venu avec sa femme et ses deux filles à la manifestation.

Victime de la récession qui broie la Grèce depuis plus de deux ans, il dit qu’il n’est « pas indigné, mais découragé », en expliquant que ses revenus ont fondu de 70% l’an dernier. « Notre famille nous aide en nous prêtant de l’argent pour vivre », dit sa femme, au chômage.

« Il y a de l’espoir si des manifestations de ce type arrivent à faire la différence. Si les partis politiques s’en mêlent, je ne viens pas », dit à l’AFP Maro, âgé de 26 ans.

Pour le ministre de la culture Pavlos Geroulanos, ce rassemblement géant est le témoin d’un phénomène très grec, mais aussi global.

« Cela montre qu’un système qui fonctionne depuis des années a atteint ses limites, et les gens dans tous les pays (où il y a de telles manifestations) demandent un changement du système » a dit M. Geroulanos sur la télévision publique Net dimanche.

Il a ajouté que l’une des priorités du gouvernement était de trouver un moyen d’agir plus efficacement pour l’Etat.

Néanmoins, les Grecs n’ont plus confiance dans leur système politique, accusé d’être responsable de la gabegie qui a mené la Grèce à un état de quasi-faillite, à l’humiliante décision de devoir recourir à l’aide internationale, et à la sévère récession qui a suivi.

Le gouvernement a publié samedi sur internet une vidéo soulignant les réalisations qu’il a obtenu depuis 20 mois qu’il est en place.

Noyée sous une dette énorme, et incapable de revenir sur les marchés qui lui proposent des taux usuraires, la Grèce s’est vu promettre vendredi une nouvelle aide financière de la zone euro pour lui éviter la banqueroute et la sortie de l’Union monétaire, en plus de celle déjà octroyée il y a un an, avec en contrepartie un net renforcement de la tutelle budgétaire sur le pays.

Source: lemonde.fr