Palestine : la situation n’est pas désespérée, elle est pire !

Euronews ne prend pas de pincettes dans cet article, mais il semble que la situation en Palestine ne dérange pas grand monde en fait…

Climat de plomb, ambiance lourde, les drapeau-palestinienruelles de la Vieille ville de Jérusalem ne sont plus qu’un pâle souvenir de l’atmosphère qui règnait ici il y cinq ans, quand Mahmoud Abbas venait de présenter la demande d’adhésion de la Palestine comme 194e Etat membre des Nations unies.

Depuis, la Palestine n’a obtenu que le simple statut d’Etat observateur à l’ONU et avec les rêves envolés, la situation sur le terrain n’a fait qu’empirer.

Les Palestiniens semblent avoir perdu tout espoir d’une solution au conflit avec Israël par la médiation de la communauté internationale et de leur propre gouvernement à Ramallah. Ce dernier paraît se satisfaire de cette maigre reconnaissance, alliée à une aide financière internationale qui a rempli ses rues de voitures de luxe, de centres commerciaux, de nouveaux immeubles et créé une inflation des prix.

Mais pendant qu’une minorité bénéficie de ce statu quo, la majorité de la population a vu ses conditions de vie se détériorer.

Dans la partie musulmane de la Vieille ville de Jérusalem, la police et l’armée, autrefois discrètes, sont maintenant ostensiblement postées à presque chaque intersection de rue et à toutes les portes de la Vieille ville, profitant des remparts construits par Soliman le Magnifique; la surveillance est accrue par des caméras disséminées à chaque recoin.

Les véhicules qui ne sont pas conduits par des juifs peuvent être interdits d’accès à tout moment, avec pour toute explication :“Ce sont les ordres du capitaine !”. Par deux fois en quinze jours, j’en ai fait l’expérience, me retrouvant même coincée à l’intérieur des murailles le dimanche 9 octobre, suite à l’attentat qui avait coûté la vie à deux Israéliens. Personne ne pouvait entrer ni sortir de la Vieille ville, pendant un laps de temps qui a paru interminable à un musulman qui voyait à cinq mètres de lui le médecin, appelé pour soigner sa femme gravement malade, mais qui ne pouvait pas traverser la porte des Lions. L’insistance des personnes présentes et la bienveillance du capitaine arrivé sur les lieux ont finalement mis un terme à cette situation, après un quart d’heure de tension et de palabres avec les soldats.

 

Dans ce climat, même les touristes visitent la ville au pas de course. Les commerçants musulmans se plaignent que les guides, pour la plupart israéliens, n’emmènent plus les clients dans leur secteur. Amer Bakri, propriétaire depuis des années d’une boutique sur la Via Dolorosa, n’ouvre plus ses portes qu’une fois par semaine, “faute de clients” se plaint-il; il s’est reconverti comme cuisinier.
Le marché bouillonnant et hétéroclite sur les marches de la porte de Damas, qui réunissait des paysans venus des alentours de Jérusalem pour vendre les maigres produits de la terre et des stands de babioles, a été interdit pour des raisons de sécurité, privant une partie de la population d’un revenu non négligeable.

Les drapeaux israéliens qui signalent les maisons occupées par des juifs dans le quartier musulman se sont multipliés, comme le démontre ce rapport de deux ONG israéliennes et les Palestiniens voient comment leurs voisins juifs peuvent restaurer ou réparer leurs maisons alors que le permis leur est systématiquement refusé.

 

C’est le cas de Rami Nabulsi, le toit de sa maison s’est effondré en 2008 lors d’une exceptionnelle chute de neige sur la ville sainte, il le reconstruit mais un tribunal israélien lui intime l’ordre de le détruire en argumentant que la construction n’existait pas auparavant, même s’il a des photos qui prouvent le contraire. Résultat, en plus d’avoir payé la reconstruction du toit, il a du repayer sa destruction 40 000 shekels, plus de 9 500 euros, “une fortune !” se lamente Rami.
C’est une mésaventure encore plus dure qu’a vécue sa voisine chrétienne, raconte Rami, elle a dû vendre sa maison, car elle n’a pas eu l’autorisation pour faire les travaux nécessaires face à la vétusté de la demeure. L’autorisation a été délivrée dès que la maison a été acquise par la famille juive qui l’habite maintenant.

Source et suite sur Euronews

 

7 commentaires

Laisser un commentaire