Dans UNE semaine, la RENTRÉE
Souvenez-vous de ce qu’était l’école telle qu’elle avait été instituée au temps de Jules Ferry ! Cette école chauffée par un poële, au départ sans autre éclairage que les vastes vitres, haute de plafond, n’a sans doute plus grand-chose à voir avec ce que découvrent les enfants d’aujourd’hui.
Et dès l’âge de quatorze ans voir plus tôt encore, le Certificat d’Études Primaires en poche, ces enfants quittaient définitivement l’école pour soit entrer en apprentissage, soit devenir des aides familiaux, soit pour très peu entrer au Cours Complémentaire, et qui sait ! peut-être même au Lycée ! ou à l’école Normale pour devenir instituteurs à leur tour.
Si, l’égalité de chances existait, en revanche les résultats étaient très différents. Et en général, ces élèves étaient armés d’un grand sens pratique, qui doit bien manquer aujourd’hui.
A l’époque c’étaient les Communes même petites qui finançaient l’agencement de ces classes, y compris les livres scolaires qui passaient de mains en mains à chaque changement de niveau. A l’époque, dans les petites communes, la vie de tous était chapeautée par les Notables, Minsieur le Maire, Monsieur l’Instituteur (ou Madame l’Institutrice), Monsieur le curé (malgré la séparation des Églises et de l’État) , éventuellement Monsieur le Docteur.
C’était il y a un peu plus de cent ans que l’un de ces instituteurs, Ernest Pérochon, avait obtenu le Prix Goncourt, avec Nêne, l’un de ses romans. Il avait eu la particularité d’être élève, puis des années plus tard, instituteur dans la même école. Je me souviens encore de ce livre de lecture en classe qu’il avait écrit, « Les Contes des Cent Un Matins« .
Petits enfants, préparez-vous !
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Aux parents : pensez à aider de toutes vos forces vos enfants pour l’orthographe et la grammaire, afin qu’ils puissent au moins se faire bien comprendre dans la vie !
https://i53.servimg.com/u/f53/11/40/28/12/bled_c10.jpg
C’est grâce à celui-là (édition 1948) que j’ai appris.
La Tournivelle,ça vaut le détour !
j’avais emmené mes gamines là bas,elles avaient fait quelques écrits à la plume,avec la blouse..
ça sentait le bon vieux temps,cette classe!
Ah, nous devons être natifs de la même région…..
https://bab007-babelouest.blogspot.com/2012/11/une-commune-si-oubliee-saint-georges-de.html
Natif,non
je suis vers le Puy du fou,à la frontière du 49/79/85
…
D’accord, alors que j’étais né pratiquement à la frontière 79-85-17 : maintenant je suis à quelque 5 Km du 85
VIEUX livre grammaire année 50
https://fr.pinterest.com/pin/522699100484835165/
ah ? je ne connaissais pas…..
C’est en suivant fidèlement la progression de ces merveilleux manuels BLED avec la leçon ( règles à apprendre) suivie des exercices d’application et quelques jours plus tard la dictée d’application qui lui correspond pour vérifier que ces règles orthographiques sont définitivement acquises que nous pouvons sauver l’orthographe des élèves devenus adultes sabotés par la réforme de l’enseignement des années 90 qui a interdit les cours complets d’orthographe . D’après la réforme , le professeur ne devait qu’aborder avec légèreté quelques structures grammaticales intéressantes rencontrées au fil d’une étude de texte ( autant dire par hasard) , « pour ne pas lasser les élèves » . Il va sans dire que les élèves issus de différentes classes , qui n’avaient pas étudié auparavant les mêmes textes avec différents professeurs , n’avaient pas les mêmes acquis ni les mêmes lacunes , ce qui empêchait plus tard toute remédiation collective . Le gâchis ! Un jeune professeur débutant consciencieux qui avait désobéi à l’interdiction et donné quand même les cours complets d’orthographe dont ses élèves avaient manifestement besoin a été démoli par une première note d’inspection lamentable .
J’ai vu un jour les épreuves du certificat d’études de l’époque. En toute franchise, je ne l’aurais pas eu ! Il est vrai que les épreuves de maintenant sont totalement différentes. A cette époque, on y apprenait les grades de l’armée comme les numéros des départements, ce qui, de nos jours, n’offre pas grand intérêt.
Le but était, outre l’instruction de base – indispensable – de faire de parfaits petits patriotes. Ma mère, dans sa jeunesse, lisait
https://manuelsanciens.blogspot.com/2012/04/le-tour-de-la-france-par-deux-enfants.html
(exactement la même couverture) appelé sur ce site « un livre de lecture républicain ». Une vraie propagande pour la République !
J’en ai trouvé un jeu : 1955 dans le Bas-Rhin.
Sujets départementaux donnés dans le Bas-Rhin, 25 juin 1955
Remarque : Le jury d’examen étant présidé par l’Inspecteur Primaire, qui avait en charge plusieurs cantons, les dates de l’examen s’étalaient sur plusieurs jours de Juin. Par conséquent, les sujets ont longtemps été différents d’un canton à l’autre ; dans les années 50, quand la plupart des enfants de 14 ans se sont retrouvés dans les collèges (CEG/CES), les épreuves ont progressivement été organisées au plan départemental (sujets communs, date unique), les Inspecteurs déléguant au directeur du CEG du chef-lieu de canton (le « cantonnier ») la responsabilité de l’organisation et de la conduite de l’examen, et circulant entre les centres cantonaux notamment pour présider les délibérations des jurys.
RÉDACTION
1. Au marché, M. Muller veut acheter une paire de chaussures, mais il est bien long à se décider. Un dialogue s’engage entre le vendeur et l’acheteur; imaginez-le et terminez la scène.
II. Un de vos camarades a été victime d’un accident au cours de la récréation. Votre maître vous demande de raconter brièvement et avec précision ce qui s’est passé. Rédigez le rapport.
DICTÉE
Dans ma vallée vosgienne. (LOUIS MADELIN, Les Vosges.)
A droite, à gauche, ce ne sont que sapins. La rivière court, capricieuse parfois, à travers un tapis d’ herbe où paissent les bêtes; elle sort, ruisseau cascadant, des flancs du Donon, montagne jadis sacrée au sommet de laquelle on a relevé un temple de ses ruines. Cette petite rivière ne se contente pas de féconder les prés et les champs; car elle actionne, sur les pentes mêmes du Donon, des scieries auxquelles, dans la vallée, succèdent trente autres scieries. Il faut entrer dans ces modestes hangars où les troncs sombres, amenés de la montagne, se débitent, dans une seule journée, en centaines de planches claires; les pieds dans la sciure blanche, fraîche, odorante, on regarde sans se lasser le travail de l’artisan qui surveille et règle l’opération.
Questions
1. Quelles sont, d’après ce texte, les diverses activités des habitants de cette vallée (travaux et métiers) ?
2. Justifier, en les expliquant, l’emploi des mots: capricieuse, cascadant, féconder.
3. Quelle est la fonction de chacun des mots ou groupes de mots suivants, en italique dans le texte:
a) à travers un tapis d’herbe
b) on
c) trente autres scieries
d) ces.
CALCUL (ndlr : les prix sont en « anciens francs » d’avant 1959 , centimes des années 1959-2001)
1. Une fermière vend d’abord le quart, puis le tiers des poulets qu’elle a apportés au marché. Elle a alors vendu 14 poulets:
1° Combien lui en reste-t-il à vendre?
Mon message aux enfants d’aujourd’hui est: Prenez plaisir à tout ce que vous faites. Remettez tout en cause, faites vos recherches (pas avec l’IA !).
MAIS ne dites jamais au prof qu’il a tort. Il a son orgueil, mais il a aussi son programme.
Ouvrez un dictionnaire, lisez des vrais livres, ceux en papier, fréquentez les bibliothèques, ouvrez-vous sur le monde.
Et continuez de rêver, même s’il y a toujours un adulte pour vous dire que vous devez avoir les pieds sur terre et que la vie c’est ceci et cela …
Sujets départementaux donnés dans le Bas-Rhin, 25 juin 1955
Remarque : Le jury d’examen étant présidé par l’Inspecteur Primaire, qui avait en charge plusieurs cantons, les dates de l’examen s’étalaient sur plusieurs jours de Juin. Par conséquent, les sujets ont longtemps été différents d’un canton à l’autre ; dans les années 50, quand la plupart des enfants de 14 ans se sont retrouvés dans les collèges (CEG/CES), les épreuves ont progressivement été organisées au plan départemental (sujets communs, date unique), les Inspecteurs déléguant au directeur du CEG du chef-lieu de canton (le « cantonnier ») la responsabilité de l’organisation et de la conduite de l’exa-men, et circulant entre les centres cantonaux notamment pour présider les délibérations des jurys.
RÉDACTION
1. Au marché, M. Muller veut acheter une paire de chaussures, mais il est bien long à se décider. Un dialogue s’engage entre le vendeur et l’acheteur; imaginez-le et terminez la scène.
II. Un de vos camarades a été victime d’un accident au cours de la récréation. Votre maître vous demande de raconter brièvement et avec précision ce qui s’est passé. Rédigez le rapport.
DICTÉE
Dans ma vallée vosgienne. (LOUIS MADELIN, Les Vosges.)
A droite, à gauche, ce ne sont que sapins. La rivière court, capricieuse parfois, à travers un tapis d’ herbe où paissent les bêtes; elle sort, ruisseau cascadant, des flancs du Donon, montagne jadis sacrée au sommet de laquelle on a relevé un temple de ses ruines. Cette petite rivière ne se contente pas de féconder les prés et les champs; car elle actionne, sur les pentes mêmes du Donon, des scieries auxquelles, dans la vallée, succèdent trente autres scieries. Il faut entrer dans ces modestes hangars où les troncs sombres, amenés de la montagne, se débitent, dans une seule journée, en centaines de planches claires; les pieds dans la sciure blanche, fraîche, odorante, on regarde sans se lasser le travail de l’artisan qui surveille et règle l’opération.
Questions
1. Quelles sont, d’après ce texte, les diverses activités des habitants de cette vallée (travaux et métiers) ?
2. Justifier, en les expliquant, l’emploi des mots: capricieuse, cascadant, féconder.
3. Quelle est la fonction de chacun des mots ou groupes de mots suivants, en italique dans le texte:
a) à travers un tapis d’herbe
b) on
c) trente autres scieries
d) ces.
CALCUL (ndlr : les prix sont en « anciens francs » d’avant 1959 , centimes des années 1959-2001)
1. Une fermière vend d’abord le quart, puis le tiers des poulets qu’elle a apportés au marché. Elle a alors vendu 14 poulets:
1° Combien lui en reste-t-il à vendre?
Oui, l’école laïque des années 60 (65->73 pour ma part) était de grande qualité. J’ai eu la chance de grandir dans un village du Finistère (1310 hab au recensement de 1968) où les instituteurs de l’école primaire, dont je me rappelle de tous les noms, nous ont donné le goût et l’envie d’apprendre. Je les remercierai toujours de ce qu’ils m’ont apporté et surtout de m’avoir permis de faire ensuite des études et de pratiquer un métier fabuleux.
Même à l’époque, il y avait des inégalités dans la qualité des enseignements. Au cours moyen la première année j’ai eu un instit très compétent et très digne, dont en fin d’année nous avons fêté la retraite en lui offrant un cadeau commun. En revanche son successeur était appelé Tatave par les élèves, qu l’avaient tout de suite jugé. Et pourtant lu aussi était efficace et compétent. Après je ne sais pas, j’étais le seul cette année-là à partir pour le collège, les autres allaient passer au « cours supérieur » en vue de la préparation en 3 ans du CEP : c’est là où pour les garçons il y avait des cours d’agriculture, et pour les filles c’était la femme de l’instituteur qui leur apprenait à coudre.