À Singapour, des herbes médicinales gratuites pour les malades et les pauvres

Et si les foules étaient soignées gratuitement? Impensable en Occident, seul le profit compte, et la confiance que nous devrions avoir dans les traitements chimiques s’apparente presque à la religion, interdit de remettre cela en cause, même si de nombreux scandales touchent le culte médicamenteux. Pourtant, si l’on recherche l’origine des médicaments, n’est-ce pas les plantes qui les premières furent là pour nous soigner? À l’heure actuelle encore, certaines plantes soignent bien mieux que certains traitements et cela sans effets secondaires.

C’est le projet magnifique d’un singapourien qui a créé un jardin de plantes médicinales pour soigner les personnes âgées et les plus pauvres, car chacun à le droit d’avoir des soins, sans pour autant faire appel à la médecine chimique qui vise le profit avant de penser réellement à la santé des patients.

Pour ceux qui malheureusement n’ont pas la possibilité de visiter un tel jardin, vous avez néanmoins la possibilité d’en apprendre plus sur ces plantes médicinales qui peuvent vous apporter beaucoup, en consultant des sujets tels que celui-ci par exemple…

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En 2009, Kim Chuan Ng, 57 ans, crée un Jardin d’herbes médicinales Communautaire de la NTU (Université de Nanyang). Son rêve? Distribuer gratuitement les herbes qu’il fait pousser à tous ceux qui en ont besoin. Aujourd’hui, il espère que la génération suivante prendra le relais.

Perdre un être cher suite à un cancer est une expérience douloureuse, Kim Chuan Ng, 63 ans, ne le sait que trop bien. En 2001, son frère cadet a succombé à un lymphome, un cancer affectant le système immunitaire. Faisant face à cette perte, Ng, alors technicien à l’Université de Technologie de Nanyang (NTU), s’est rendu compte que de nombreux patients atteints de cancer avaient des difficultés pour acheter des médicaments modernes et s’est demandé s’il existait d’autres solutions pour renforcer leur santé. Il explique en mandarin :

« Pour les patients issus de ménages à faible revenu, il doit exister une solution plus abordable d’accéder au traitement contre le cancer. J’ai commencé à lire des livres et des articles sur la façon dont les herbes traditionnelles peuvent aider les patients atteints de cancer.

« Je ne peux pas déclarer que ces herbes peuvent guérir les maladies, je ne suis pas un médecin diplômé. Je me concentre plus sur les avantages des herbes pour la santé, que sur le fait de les considérer comme étant des médicaments. »

Soulager la douleur

Au cours des huit années suivantes, Ng a lu énormément sur les bienfaits des herbes chinoises pour la santé et entendu des récits positifs de ses amis qui en avaient consommé. En 2009, il s’est non seulement décidé à faire pousser ses propres herbes, mais aussi à les fournir gratuitement à tout le monde en créant le Jardin d’herbes médicinales Communautaire de la NTU (NTU Community Herb Garden).

Niché dans un coin isolé de l’entrée de l’université de Jalan Bahar, le jardin grand comme 1,5 terrain de football se vante de produire plus de 300 espèces d’herbes et de fruits. Ng a quitté son emploi de technicien l’année dernière et s’est engagé à temps-plein pour le jardin en tant qu’Assistant de Recherche à l’École des Sciences Biologiques de la NTU (Université de Technologie de Nanyang). Un autre membre à temps-plein, deux ouvriers sous contrats et une poignée de bénévoles lui apportent de l’aide. Le jardin est soutenu par un fonds de dotation et repose sur la bonne volonté des donateurs pour soutenir ses opérations.

Les contraintes financières et de main-d’œuvre sont donc les défis majeurs. Même avec des ressources limitées, les efforts de Ng ont bénéficié à plus de 3000 personnes dans le monde entier. Les patients sont venus de pays voisins tels que la Chine, le Myanmar et les Philippines, simplement pour visiter le jardin et cueillir des herbes médicinales. L’année dernière, un célèbre chef cuisinier de New York est venu pour se procurer des ingrédients.

Mais lors de notre première réunion dans le jardin, Ng insiste :

« Nous ne considérons pas les visiteurs sur la base de leur religion, de leur race ou de leur nationalité. Celui qui a besoin des herbes doit simplement venir.

« Ce jardin existe principalement pour fournir des herbes à ceux qui en ont besoin, sans imposer une quelconque charge financière sur ces derniers. »

C’est cette attitude modeste et bienveillante qui ressort de mes conversations avec Ng. Notre première réunion a eu lieu un jeudi matin pluvieux et le jardin fournissait un cadre magnifique : fleurs en pleine floraison et feuilles humides luisant sous la douce lumière du soleil.

Même avec des ressources limitées, les efforts de Ng ont bénéficié à plus de 3000 personnes dans le monde entier.

Assis à une table sauvée des rebuts de l’université, nous avons discuté autour d’un thé à la menthe indien fait-maison avec Monsieur SK – l’autre membre à temps plein – servant de traducteur. Ensemble, les deux hommes se sont plongés dans les fichiers et les carnets détaillant minutieusement les herbes qu’ils avaient données aux patients et aux chercheurs.

Les détails de chaque visite et les herbes médicinales prescrites ont été soigneusement enregistrés, y compris les aspects plus techniques tels que le stade du cancer des patients. Tout en refusant de commenter un cas spécifique, Monsieur Ng m’a remis un livret de témoignages de visiteurs ayant bénéficié de ses herbes, comme une femme atteinte de cancer qui a trouvé la force de faire face à la chimiothérapie après avoir consommé de l’herbe de Serpent de Sabah, et un homme âgé qui a pu soulager des douleurs articulaires grâce à une concoction de racines de plantes et de graines de Larmille (aussi appelée herbe à chapelets).

Pendant que nous discutons, visiteurs et bénévoles se faufilent afin de rencontrer Ng, approchent avec des salutations chaleureuses et se livrent à des plaisanteries amicales. Il règne un fort sentiment de communauté. La majorité des personnes sont âgées. Ng concède que le jardin ne reçoit pas beaucoup de jeunes visiteurs, mais il espère que cela va changer.

 

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