L’été meurtrier : les touristes chinois (et les autres) vont-ils finir par déserter la France pour cause de délinquance ?

Nous faisons ici un simple constat de ce que nous savons déjà: la France qui vit entre autre grâce au tourisme risque de pâtir de l’insécurité de ceux qui nous rendent visite. Pour éviter certaines dérives, l’article est rapporté ici à titre informatif et afin d’éviter certaines dérives, les commentaires resteront fermés, merci de votre compréhension.

Pickpockets dans les zones touristiques, vacanciers dépouillés… La délinquance parisienne ou marseillaise cible particulièrement les touristes, notamment asiatiques. Malgré les efforts de la police, la première destination touristique au monde est-elle sur la sellette ?

La préfecture de police de Paris a augmenté la présence policière dans les lieux touristiques de la capitale.

La préfecture de police de Paris a augmenté la présence policière dans les lieux touristiques de la capitale. Crédit Reuters

Atlantico : Les visiteurs étrangers font les frais de la délinquance dans l’Hexagone, à tel point que l’Association chinoise du tourisme en appelait récemment aux autorités françaises à agir davantage contre les agressions dont sont victimes ses ressortissants. Les tour opérateurs asiatiques évitent même les hôtels de Seine-Saint-Denis ou la visite de Marseille. Depuis avril, la Préfecture de police de Paris a déployé 200 policiers supplémentaires sur les zones touristiques les plus touchées de Paris, mais cela n’a parfois que déplacé le problème. Quelles sont les conséquences à l’étranger de cette image d’une France peu sûre pour les touristes ?

Ben McPartland : Les images de jeunes jetant des bouteilles et barres de fer sur la police en face de la Tour Eiffel et de l’Arc de Triomphe, lors des émeutes au Trocadéro, en mai,  aura certainement choqué bon nombre de personnes à l’étranger tout comme en France. Bien que la plupart des gens connaissant la France sont conscients du problème des « banlieues » autour de Paris et d’autres grandes villes, d’autres sont perturbés par ces évènements car ils ontune image romantique de Paris comme »ville lumière ». Ceci étant dit, a l’époque, c’est davantage l’image du PSG qui a été dégradée à l’étranger plutôt que celle de Paris.

Boris Cambreleng : La France et plus particulièrement Paris bénéficient d’un énorme capital d’attirance et de sympathie a priori en Chine. Il y a toujours cette image de la France romantique où il fait bon vivre. Néanmoins, il est incontestable que les problèmes de délinquance écornent cette image. La France a également en Chine l’image d’un pays qui ne fonctionne pas très bien, notamment à cause des grèves dans les transports, un sujet que les Chinois connaissent. Je me rappelle à ce titre des émeutes en banlieues en 2005 : à ce moment-là, des journalistes chinois qui m’avaient contacté imaginaient que l’ensemble des banlieues françaises brûlaient, alors que les émeutes n’étaient localisées que dans certains quartiers de certaines villes. Il y a eu un effet de loupe sur des points chauds.

En même temps, cela n’empêche pas les touristes chinois de continuer à se rendre en France, même si les agressions dont ils sont victimes commencent à susciter des questions en Chine. On considère désormais qu’il faut faire attention à ses biens de valeurs et ses achats dans les rues parisiennes. Cependant, le phénomène n’est pas nouveau. Les pickpockets parisiens savent depuis longtemps que les touristes chinois ont l’habitude d’avoir des sommes importantes d’argent liquide, même si maintenant la carte bleue est majoritairement utilisée à cause de ce phénomène. Les médias chinois ont en particulier beaucoup relayé l’agression de leurs ressortissants dans leur lieu de séjour, en mars à côté de Roissy. En Chine, il y a peu de délinquance et les villes chinoises sont quand même très sûres, notamment pour les étrangers.

Patrick Vicériat: Je ne suis pas certain que les « émeutes », sujet franco-français, aient beaucoup de conséquences sur la fréquentation touristique de notre pays. Si l’on se réfère aux émeutes qui s’étaient déroulés dans nos banlieues en 2005, les conséquences avaient été somme toute très limitées. Paris accueille plus de 30 millions de visiteurs par an, et je ne pense pas que cela écorne durablement l’image de la destination.

Notre pays accueille tous les ans environ un million de touristes chinois, et ce chiffre progresse chaque année. Il faut aussi rappeler que l’essentiel de notre fréquentation étrangère provient à 80% de pays qui nous entourent, à 2 heures de voiture de nos frontières : Allemagne, Grande-Bretagne, Belgique,  Pays-Bas, Italie, c’est-à-dire de pays qui ont déjà été confrontés à ce type de violence à l’occasion ou à la suite de matchs de foot.

Va-t-on voir apparaître des mentions dans les guides touristiques ou sur les sites des ambassades enjoignant les touristes à la prudence en France, voire même décourageant les visites, si ce n’est pas déjà le cas ?

Ben McPartland : Je ne pense pas que l’on verra de telles mises en gardes pour les gens visitant Paris.

Boris Cambreleng : Je ne suis pas informé sur ce sujet. Je ne pense pas que nous en soyons-là. Les réponses sont graduées. Pour le moment c’est seulement l’agence du tourisme chinois qui, en avril, a alerté les touristes souhaitant se rendre en France.

Patrick Vicériat: Très franchement, je ne le crois pas du tout, et je ne pense pas que beaucoup de touristes qui ont déjà réservé leur séjour dans l’Hexagone vont annuler  leur voyage, ou que certains qui s’apprêtaient à venir en France annulent leur projet. Pour autant, la position exprimée par l’Agence chinoise du tourisme doit être prise très au sérieux, et la sécurité de ses ressortissants doit être pleinement assurée. Les enjeux économiques et commerciaux sont considérables, car la Chine est en passe de devenir le premier pays émetteur du monde. Tous les experts pensent que la France va continuer de rester une destination  très attractive en particulier pour les pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) et next-BRIC. C’est le cas notamment des brésiliens qui ont représenté l’an dernier plus de la moitié des nouveaux visiteurs de la Tour Eiffel.

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