Afrique du Sud: le n°1 mondial du platine Amplats veut supprimer 6.000 emplois

Vue extérieure de la mine d’Amplats à Rustenburg, en Afrique du Sud, le 16 janvier 2013

Le numéro un mondial du platine, Anglo American Platinum (Amplats), a annoncé vendredi qu’il entendait supprimer 6.000 emplois en Afrique du Sud, au risque de susciter une violente réaction des syndicats, quelques mois après les violentes grèves qui ont endeuillé le secteur minier du pays.

Amplats –une filiale à 80% du conglomérat minier Anglo American qui extrait près de 40% du platine dans le monde– a précisé que son plan social affecterait essentiellement le bassin de Rustenburg (nord).

Cette ville minière située à 120 kilomètres au nord-ouest de Johannesburg fut l’épicentre d’une vague de grèves sauvages ayant fait une soixantaine de morts dans les mines au second semestre 2012. La mine de Marikana, où la police a abattu 34 grévistes le 16 août, est à une quarantaine de kilomètres.

« Le principal problème est de faire revenir aux bénéfices nos opérations déficitaires », a sobrement commenté le directeur général du groupe, Chris Griffith, lors d’une conférence téléphonique.

Il a souligné dans un communiqué son « attachement à l’Afrique du Sud », et ses responsabilités.

Mais s’il dit que ce plan social n’est encore qu’une « proposition », Amplats évoque notamment « un certain nombre de problèmes structurels qui ont érodé la rentabilité ces dernières années », citant la profondeur des mines, leur plus faible concentration en minerai, une augmentation des coûts supérieurs à l’inflation et l’élasticité de la demande des bijoutiers.

Le plan présenté vendredi prévoit de réduire de quatre à trois son nombre de mines à Rustenburg en les réorganisant, ce qui se traduirait par une réduction de la production de 250.000 onces dès cette année –soit un peu plus de 10% de la production du groupe– et de 350.000 onces par an ensuite. Une autre mine située plus au nord serait prochainement vendue.

Amplats a revu à la baisse un premier projet annoncé en janvier, qui prévoyait la suppression de 14.000 emplois. La direction avait dû reculer devant les protestations tant du gouvernement que de l’ANC –le parti au pouvoir en Afrique du Sud– et des syndicats. Elle s’était lancée dans une série de discussions, tout en répétant qu’une restructuration serait inévitable.

Mais même réduit, le plan social devrait entraîner une réaction musclée des syndicats, qui ont annoncé depuis longtemps qu’ils s’opposeraient à toute suppression d’emplois.

« Certes 6.000, c’est moins que 14.000. Mais nous parlons toujours de 6.000 personnes qui vont perdre leur travail, et de milliers de personnes dépendantes qui vont en souffrir. Nous sommes totalement opposés à ça », a réagi le porte-parole du syndicat majoritaire NUM Lesiba Seshoka à la radio 702.

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