1984 – Cam over, un jeu militant berlinois

Bien sur, c’est complètement illégal et je ne vais ni soutenir ni encourager le mouvement, mais l’idée reste intéressante et c’est quand même un sacré pied de nez à Big Brother… ;)

Des Berlinois jouent à « cam over » dans le train U-Bahn (Youtube.com)

Est-ce un jeu idiot ou un acte militant ? Un peu des deux. Depuis quelques semaines, les espaces publics berlinois sont devenus le théâtre d’un nouveau phénomène où des jeunes encagoulés arrachent les caméras de surveillance : c’est le « cam over ».

Alors que le débat sur les caméras de surveillance a été relancé en Allemagne après une tentative manquée d’attentat en gare de Bonn, les activistes de cam over marquent clairement leur position. Les caméras discriminent certains groupes de personnes notamment les jeunes, perçus comme des « criminels« , relate un observateur de France 24.

Alors plutôt que de manifester dans la rue, les militants ont préféré organiser un jeu. A chaque caméra détruite, un point, et des points bonus en fonction de l’originalité du mode de destruction. On peut rester cagoulés ou se mettre à découvert – mais dans tous les cas, la danse vandale est filmée et postée sur le site Cam over. Objectif : en détruire le plus possible avant le Congrès européen de la police qui se tiendra le 19 février à Berlin.

« On pensait que ça motiverait les gens inactifs si nous lancions un jeu-réalité, confie le créateur de Cam over au Guardian, qui a souhaité garder l’anonymat. Même si on appelle ça un jeu, nous sommes très sérieux : notre but est de détruire le plus grand nombre de caméras possible, et d’avoir une influence sur le recours à la vidéo-surveillance dans les villes allemandes« .

Ce n’est pas la première fois que des militants allemands contestent le recours aux caméras de surveillance. Une quarantaine de personnes avaient manifesté en juin dans les rues de Berlin à l’occasion de la « journée d’action 1984 » (d’après le roman de George Orwell). Le groupe de pression Control Berlin a également documenté l’arrivée et les conséquences sociales de ces caméras à travers des courts-métrages.

Les militants de Cam Over ne sont pas des activistes classiques. C’est un petit groupe de « gens sans boulot« , des voleurs, des graffeurs, des SDF et des squatteurs. Ils auraient détruit une cinquantaine de caméras depuis le début du jeu. Le gagnant remporte un stock de peinture à la bombe équivalent à un an de fourniture.

Source: Le monde

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