Fukushima: un arrêt à froid de l’information

Nous en somems toujours au « je vais bien tout va bien », alors qu’en fait c’est quand même tout le contraire…

conference-presse.jpgUn arrêt à froid en entraîne un autre.
Suite à l’achèvement de l’étape 2 de la feuille de route destinée à sortir de la crise nucléaire, le ministre japonais en charge de ce dossier, Goshi Hosono, a indiqué hier que désormais, le gouvernement ne ferait plus de conférence de presse conjointe avec TEPCo. Puis, très pressé de rejoindre une émission de télévision de NHK, il a planté les journalistes en plein milieu de cette dernière conférence de presse, abandonnant ses camarades Yasuhiro Sonoda, secrétaire parlementaire et Toshio Nishizawa, président de Tepco. Alors que le ministre partait, ces derniers ont voulu clore la séance des questions et partir dans la foulée.
Il n’en a pas fallu plus pour que les journalistes s’énervent et invectivent le ministre :
« Pour quelle raison les personnes autres que M. Hosono auraient à quitter aussi la salle ? »
« C’est la dernière conférence de presse commune. Prenez vos responsabilités et répondez aux questions ! »
« Vous n’avez pas du tout répondu aux questions du peuple japonais ! »
« Vous êtes impoli et trahissez le peuple japonais ! »
« Vous êtes un arnaqueur ! »
« Vous êtes un assassin ! »
« Vous ne pouvez pas être sérieux ! »
« S’il vous plait, restez ici pour répondre aux questions ! »
Entendant cela, Hosono a fait demi-tour et, après avoir demandé aux journalistes de rester courtois, a à nouveau expliqué qu’il ne pouvait pas rester. Puis il a négocié avec Sonoda pour que celui-ci reste pour répondre aux questions.
« Qu’en est-il des questions auxquelles nous n’avons pas eu de réponse jusqu’à maintenant ? » lance un journaliste.
« Nous vous répondrons par mail ou par courrier », répond le ministre qui s’excuse encore une fois et s’en va.
Et là… le président de Tepco, Toshio Nishizawa, n’ayant absolument pas envie de répondre aux questions des journalistes, s’est sauvé comme un couard. Car lui, il n’avait pas d’émission de télé, il n’avait pas de raison de partir.
« Pourquoi M. Nishizawa s’en va ? »
« M. Nishizawa ! »
« M. le président ! »
Zengo Aizawa, vice-président de Tepco, a pris le micro et, tout penaud, a expliqué qu’il ne savait pas pourquoi Toshio Nishizawa était parti. Et le porte-parole de Tepco, Junichi Matsumoto, son voisin de table de presse, a poussé un gros soupir de fatigue.
Cet épisode en dit long sur l’incapacité du gouvernement japonais et de l’opérateur Tepco à répondre sincèrement aux questions des journalistes. Le peuple japonais s’inquiète de plus en plus des effets sanitaires de la catastrophe nucléaire de Fukushima mais il n’y a personne pour répondre aux questions qu’il se pose.
Voici la vidéo de ce passage mémorable de cette dernière conférence de presse commune. Le sous-titrage est en anglais. Tepco envisage également de réduire le nombre de ses points presse. L’information a pris soudain un coup de froid. L’état en a décidé ainsi.
Il n’est pas certain que dans ces conditions, le gouvernement Noda dont les ministres se font maintenant insulter garde longtemps la confiance de son peuple. La vérité, que le lobby nucléocrate essaie tant bien que mal de cacher, se fait connaître petit à petit. On n’est plus au temps de Tchernobyl, l’Internet fait son travail, surtout par l’intermédiaire des jeunes générations.
sources :
Photo : Ryusaku Tanaka, journaliste ayant participé à la conférence
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Pour terminer, voici quand même quelques infos… non gouvernementales.
On trouve encore du strontium à 60 km au large de Fukushima, ce qui prouve que la centrale continue à polluer le Pacifique.
Les entreprises fuient Fukushima en nombre plus grand que ce qui est publiquement admis par le gouvernement local.
Noguchi Ken, sans doute l’alpiniste japonais le plus célèbre au monde, est malade. Il avait visité la zone des 20 km et avait pris des photos des animaux abandonnées dans la région.
Les frais de décontamination de 102 municipalités vont être pris en charge par l’Etat.
Monsieur Odome à Minamisoma a toujours besoin d’aide pour trouver de la nourriture saine en territoire contaminé.
Certains hôpitaux refusent de voir des patients irradiés
Et encore trop d’écoliers japonais fréquentent des établissements contaminés.
Car les normes japonaises en matière de radioactivité sont… hors normes !
Il faut vraiment faire savoir que la dose radioactive reçue lors d’un vol transatlantique ne peut être rapprochée de la contamination par des particules radioactives !
Et encore bien d’autres informations sur Fukushima Informations :

4 commentaires

  • willy74150

    arrêt à froid de quoi ? y’a plus de réacteur !!! que du corium tout frais heu pardon tout chaud (3000 degrés c’est pas froid) la ou aucun humain ne peut vivre plus de 20 secondes !!! même les robots ne tienne pas plus de 10 mn !!! mort de rire quelle bande de bras casser quand même non ? 

    au lieu de dire : foutu , mort , baiser , hara kiri , mutation , leucémie , cancer mort tout simplement la on comprendrais mieux car c’est simplement la vérité !!! et sa nous touche aussi déjà ………

    • voltigeur voltigeur

      Ils devraient dire le nom de ce phénomène « Syndrome Chinois », le pire
      cas qui puisse arriver..ET QUI EST EN COURS!! pour 3 réacteurs, pas étonnant
      qu’il mettent les informations en « arrêt à froid », si tous les gens savaient et prennent
      conscience de ce que ça implique………….. :roll:

  • max14z

    honte au gouvernement japonais; et aux autres qui soutiennent le nucléaire pour le PROFIT !!! Le poids de la honte et de l’impuissance a l’air très lourd en tout cas.

  • candide

    S’il n’y avait que ça ! Je suis repartie tête baissée dans le guidon pour les droits de l’enfant. Pas le temps de me rendre malade pour tout ce qui se passe dans le monde. Et pourtant, Fukushima, là c trop ! trop et trop et NON ! Franchement, non ! en fait, c comme le reste. J’en ai marre. Je vais pas blablater sur le site ; bien que je vous adore. Je fonce ! C un ensemble et j’en connais d’autres. Fukushima, un arrêt à froid. C quoi ces conneries ? basta !