LA SCIENCE POUR TOUS – Avant les prix Nobel, les prix Ig Nobel

Je suis personnellement friand des prix de ce genre, comme le prix Iznogoud, les Darwin awards, ainsi que les autres qui se veulent à peut prêt tout sauf sérieux. Ici, nous avons affaire aux IG Nobel, attention, c’est du lourd!

Les prix Nobel ne seront remis que dans quelques semaines, mais la communauté scientifique a déjà distribué une série de prix légèrement plus décalés. Les prix « Ig Nobel« , inventés par le magazine scientifico-humoristique Annals of Improbable Research, se proposent de récompenser des scientifiques partis à la recherche de l’absurde, une façon de parler de la science avec humour. Leur slogan — « d’abord faire rire, puis faire penser » — résume bien le but. Les prix sont d’ailleurs remis dans la prestigieuses université d’Harvard par des « vrais » lauréats du prix Nobel, lors d’une cérémonie décrite par la BBC comme « légèrement chaotique mais amusante, avec des avions en papier et une petite fille qui réprimande les lauréats ».

Et donc les lauréats 2011 de la 21e édition des prix IgNobel sont :

Biologie. Les entomologistes Darryl Gwynne et David Rentz pour leur étude sur l’accouplement entre une espèce de scarabée australien et une cannette de bière. « Il était clair que les scarabées tentaient de se reproduire. Ces scarabées ont des organes génitaux immenses. Ce qui est triste, c’est qu’ils étaient en train de mourir. Ils ne quittaient pas les bouteilles. Ils en tombaient, épuisés », a confié Gwynne à la BBC, qui a salué les prix Ig Nobel, « une bonne façon de parler de science à des non-scientifiques à travers l’humour ».

Paix. La palme revient à Arturas Zuokas, maire de Vilnius en Lituanie, qui s’est illustré en détruisant des voitures mal stationnées en les écrasant avec un tank.

Médecine. Deux équipes universitaires ayant travaillé indépendamment, mais dont les travaux ont permis d’arriver à éclairer cette éternelle question : une envie pressante d’aller aux toilettes modifie-t-elle notre faculté à prendre des décisions ? La réponse : parfois, elle nous permet de prendre de meilleures décisions, parfois non.

Littérature. Le professeur John Perry de l’université de Stanford a été récompensé pour sa Théorie de la procrastination structurelle, qui affirme que pour réussir dans la vie, il faut se concentrer sur quelque chose d’important, mais uniquement comme un moyen d’éviter de faire autre chose de plus important encore.

Psychologie. Karl Halvor Teigen, professeur de l’université d’Oslo, pour ses travaux sur le thème « Pourquoi soupire-t-on dans la vie de tous les jours ? »

Chimie. Remporté par une équipe de l’université de Shiga au Japon pour avoir déterminé la quantité exacte de poudre de wasabi nécessaire pour être réveillé en cas d’incendie. Autrement dit, une alarme au wasabi.

Physique. Des chercheurs franco-néerlandais emmenés par le professeur Philippe Perrin pour avoir percé le mystère suivant : « Pourquoi les lanceurs de disque sont pris de vertige, et pas les lanceurs de marteau ».

Mathématiques. Un prix quelque peu ironique, puisqu’il a été décerné à plusieurs universitaires qui ont prédit, chacun son tour, la fin probable du monde depuis 1954. Le jury les a remerciés « d’avoir appris au monde à faire attention avant d’avancer des hypothèses mathématiques ».

Source: lemonde.fr