Un tabou français? L’épidémie de suicides des patrons

De toute manière, dès qu’il s’agit de suicide, il n’y a plus beaucoup d’infos. C’est d’ailleurs un sujet sur lequel il est difficile de trouver des informations précises et fiables: le suicide des chômeurs, des agriculteurs, des patrons…

suicideEn France, le tribunal de commerce de Saintes vient de créer une cellule psychologique destinée à aider les patrons à faire face aux moments difficiles de la vie d’une entreprise. Derrière cette initiative, se cache une réalité encore taboue en France : de plus en plus de patrons de PME se suicident, nous apprend le journal Français Le Parisien.

De nombreuses d’études se penchent sur les risques et les désagréments que vivent les salariés au travail, mais très peu évoquent ceux des patrons. Dans l’opinion publique française, le patron est souvent vu comme le responsable de ces souffrances, et jamais comme la victime.

« Lorsqu’un salarié se donne la mort, cela est traité dans les journaux comme un fait de société alors que le suicide d’un patron est généralement considéré comme un fait divers », commente Olivier Torres , professeur à l’Université de Montpellier et à l’EM Lyon, et qui s’est spécialisé dans la santé des dirigeants d’entreprise. Il affirme que le nombre de chefs d’entreprise qui se donnent la mort n’a jamais été aussi grand. Selon l’Observatoire de la santé des dirigeants de PME, un ou deux chefs d’entreprises français se suicident chaque jour.

Les patrons sont en général plus stressés et ils sont plus exposés à la fatigue et au risque de burn-out que leurs employés, en particulier dans les PME.

« Vouant un culte à la performance, ces derniers passent très souvent sous silence leurs difficultés vécues comme un insupportable échec personnel », explique Le Parisien. Il leur est difficile de se départir de leur image de « battant » pour parler de leurs problèmes. Perte d’un client important, baisse des commandes, surendettement, incapacité à payer les salaires, licenciement, ou faillite, peuvent générer un sentiment d’impuissance qui peut aboutir à une envie de suicide.

Or, l’année 2013 a été particulièrement défavorable pour les PME françaises qui ont enregistré un nombre record de défaillances. Au 3ème trimestre 2013, on a enregistré 12.790 redressements et liquidations judiciaires, un record trimestriel en 20 ans, et une progression de 7,8% par rapport à la même période de l’année dernière.

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