Il est très délicat de parler du 10 septembre : si l’on se permet ne serait-ce que le plus léger doute, on est immédiatement un pitoyable je-m’en-foutiste qui ne veut rien tenter pour améliorer les choses et qui devra rendre compte, devant l’Histoire et devant les générations futures, de la chute inexorable du pays; si l’on émet la moindre réserve, on est aussitôt accusé de rouler pour le régime et de chercher à saboter la résistance; si l’initiative fait pschitt (ce qui est plus que probable), ses promoteurs hurleront que c’est à cause de vous.
Il y aurait, d’un côté, les partisans du 10 septembre, et, de l’autre, les lâches, les égoïstes, les séides de Macron, les traîtres, les salauds.
Nous ne céderons pas à ce chantage et nous allons quand même nous lancer.
Qui donne le la ?
Tout d’abord, on ignore qui a lancé ce mot d’ordre. Cela suffirait déjà à susciter la méfiance. Suivre ce mot d’ordre sans la moindre garantie que l’on ne soit pas manipulé par on ne sait quels intérêts, serait tout simplement inconséquent. Dès que règne l’opacité, il faut rester sur ses gardes.
Il semblerait que le nom de l’un des conspirateurs masqués du 10 septembre, soit quand même sorti. Mais, outre la faible fiabilité d’une telle info (une intox ?), le peu que nous ayons entendu du profil du justicier en question, ne nous séduit guère, tout comme le profil de certains des youtubeurs qui en font des tonnes sur le 10 septembre.
Divers groupes – apparemment, tout aussi obscurs – appellent également à s’agiter à la rentrée, mais, cela ressemble plus à une pagaille qu’à une implantation du mouvement dans la population.
L’un de ces groupes se revendique du trop célèbre Indignez-vous ! , l’imbuvable torchon signé par l’imposteur Stéphane Hessel, l’une des pires manipulations de ces dernières années. Voilà qui devrait alerter les populations, si elles n’étaient pas aussi influençables (1).
Zorro … ou la nuit des masques ?
Certains nous expliquent qu’il vaut mieux que Zorro demeure inidentifiable afin que le pouvoir ne puisse pas l’inquiéter. C’est un peu gros (2) …
Don Diego, certes, était masqué, mais il n’est pas derrière tous les loups; or, il faut toujours se demander qui se cache ou quel coup se dissimule derrière un loup, et pourquoi … Ce que l’on prend pour Zorro pourrait s’avérer n’être que la nuit des masques …
En vérité, si cet anonymat présente un avantage, c’est celui-ci : nos mystérieux redresseurs de torts n’auront aucun compte à rendre si les choses se passent mal; or, quand on incite les gens à se plonger dans un grand bain qui pourrait bien se révéler n’être qu’un naufrage, la moindre des choses serait d’assumer ses responsabilités; mais, nous allons voir que le sens des responsabilités n’est pas ce qui étouffe certains …
Qui amplifie l’écho ?
Une autre chose nous paraît suspecte : l’écho donné à cette initiative. On ne nous fera pas croire qu’une idée véritablement partie de la base (la vraie base), venue de quidams inconnus et sans relations, pourrait faire parler d’elle, et à ce point. Nous ne croyons pas à l’incendie et à la traînée de poudre spontanés : derrière tout embrasement, il faut soupçonner des incendiaires, surtout si le feu se propage aussi facilement. Derrière le 10 septembre, il y a certainement de gros réseaux, qui se travestissent en émotion populaire spontanée (3).
Une nuit à dormir debout
Et ce n’est pas une nouveauté. Rappelons-nous par exemple l’escroquerie Nuit Debout, orchestrée par des oligarchies qui ne veulent pas du tout le bien du peuple, et dont certains des animateurs se retrouvent aussi parmi les propagandistes du 10 septembre …
Le jour où la Terre s’arrêta
Du reste, certains des influenceurs qui appellent à la jacquerie 2.0, sont des spécialistes des coups de com : ce n’est pas la première fois qu’ils annoncent la révolution pour demain matin, ou pour dans 10 minutes. Ils avaient déjà fait le coup notamment avec les agriculteurs : il fallait se dépêcher de constituer des provisions, les magasins allaient bientôt être vides parce que les paysans allaient tout bloquer, ça y était, ils étaient décidés, gonflés à bloc, prêts à se soulever en masse, tous ensemble. Au final, cela n’a abouti qu’à un pitoyable flop, à l’instar, du reste, de tous les gadgets pseudo-révolutionnaires brandis comme des fétiches ces cinq dernières années.
Et l’on pourrait citer maints exemples : tous les jours, sur Youtube, on voit des vidéos avec des titres de pute à clic : le gouvernement en panique, Big Pharma en panique, l’UE en panique, Von der Leyen en panique, Macron en panique, Macron démissionné, Macron démissionne, Macron bientôt en prison, Bayrou en PLS, l’UE est morte, le système s’effondre …
Combien de fois nous a-t-on affirmé que les routiers, les taxis, les avocats, les commerçants, les soignants, les parents, les étudiants, les précaires, les chômeurs, les auto-entrepreneurs, les électeurs, les Français en général, allaient bazarder le système dans la minute ?
Ne nous avait-on pas certifié aussi que Bill Gates, les Clinton, Véran, Fauci et toute la clique étaient quasiment sous les verrous ? A notre connaissance, ils sont toujours en liberté et ils se portent très bien, merci pour eux.
Bref, certains nous rejouent en permanence le remake du Jour où la Terre s’arrêta, mais, au bout du compte, leurs révolutions seraient plutôt du genre Le jour où les poules auront des dents.
D’ailleurs, déjà au mois d’août, était publié un communiqué appelant à suspendre le 10 septembre, qui n’avait pas encore commencé … Si bien qu’en définitive, ceux qui exigent l’arrêt du pays pour le 10 septembre, n’ont réussi qu’à stopper leur propre élan.
Quelles revendications ?
Si, du côté des initiateurs du 10 septembre, c’est le brouillard, côté revendications, cela ne vaut pas mieux, et c’est logique.
A notre connaissance, on est dans le flou, dans la confusion, quand ce n’est pas dans la contradiction.
Pas de chiffres précis, par exemple sur la revalorisation des salaires ou des minima sociaux.
On n’explique pas comment on compte financer les mesures que l’on réclame : avec quel argent, avec quelles économies …
On n’avance rien de tangible sur la fiscalité (quels taux ? Quels types d’impôts ? Quelle progressivité ou quelle proportionnalité ?).
Sauf erreur, on se garde bien de pointer les milliards gâchés par exemple pour la guerre, pour l’Ukraine, pour l’Union européenne, de même qu’on n’évoque pas les milliards que l’euro coûte à la France.
Y a-t-il quoi que ce soit de substantiel sur la liberté de circulation des capitaux, des marchandises et des migrants, alors que c’est l’une des principales causes de la catastrophe économique ?
A-t-on exigé le retour du contrôle, voire du blocage, des prix, qui était pourtant la norme il y a quelques décennies ?
Curieusement, on est également très discret sur l’augmentation phénoménale des fortunes d’un Bolloré, ou d’un Bernard Arnault (patrimoine qui aurait été multiplié par 3, 4, ou 5 en seulement 4 ou 5 ans, et tout cela sans avoir rien fait ni rien créé) …
Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup
Le flou des revendications signe immanquablement une imposture. Les gens sérieux et fiables sont toujours clairs et rigoureux quant à ce qu’ils réclament et quant à son financement; ils disent combien et à qui ou à quoi ils vont prendre ou donner, comment ils vont dégager des marges de manœuvre et créer des richesses, qui va débourser, qui va encaisser.
Quelles actions ?
Quand on ne sait pas ce que l’on veut, on ne sait pas non plus comment l’obtenir.
De fait, par une implacable logique, au flou des revendications, correspond la confusion quant aux moyens d’action.
De ce que nous avons lu ou entendu (sachant que, sur Youtube, des rigolos s’amusent à multiplier les suggestions au gré de leurs lubies ou de leurs fantasmes), il est question notamment de grève générale, de se mettre en arrêt maladie (!), d’une paralysie de la consommation, d’un nouveau type de confinement (!), voire d’un oeillet à la boutonnière.
Grève générale ?
Nous avons été syndicaliste de terrain, dans une collectivité de travail. Nous, nous savons à quel point il est difficile de faire bouger les gens même quand on a derrière soi toute une machine syndicale nationale, implantée dans tout le pays, et de longue date (en l’espèce, la CGT) (3′). Alors, quand des hurluberlus se targuent de déclencher une grève générale simplement parce qu’ils y appellent par une vidéo filmée dans leur salle de bains, ou leur cuisine, ou leur bagnole, nous croyons avoir la berlue.
De toute évidence, ces amateurs n’ont (ou font semblant de n’avoir) aucune idée, et aucune expérience, des difficultés que pose une mobilisation, même quand on est à côté des gens, même quand on est leur collègue de travail, même quand on dispose de tous les moyens d’un syndicat important.
Les sentiers de la gloriole
Le plus beau, c’est un influenceur déclarant tranquillement (fétichisme du 10 oblige) que le 10 septembre aura une chance de fonctionner s’il y a au moins 10 millions de participants ! Rien que ça ! Et ce sont sans doute les youtubeurs comme lui qui, en se filmant dans leur salon ou au sortir de leur douche, vont amener ces 10 millions de rebelles, quand même la CGT et le parti communiste de « la grande époque » en étaient incapables ou très difficilement capables.
Comme, évidemment, il n’y aura pas 10 millions de combattants (loin de là), l’assaut sera un échec, si bien que l’on envoie les soldats se faire massacrer au front (4).
Ou bien certains meneurs croient vraiment pouvoir atteindre ces 10 millions, et, alors, ils n’ont aucune lucidité et sont complètement déconnectés de la réalité, ce qui les disqualifie pour diriger un soulèvement; ou bien, ils savent que c’est hors de portée, mais, alors, cela impliquerait qu’ils sacrifient délibérément leurs maigres troupes.
Des promesses qui n’engagent pas les prometteurs
Ce genre d’influenceur fait également croire que, si les Français sont assez nombreux, ils obtiendront rapidement gain de cause (en quelques jours !), si bien que ceux qui se mettront en grève, ne perdront pas beaucoup de salaire.
Tel agit-propeur ose affirmer aussi, avec un aplomb stupéfiant, que, si des millions de Français agissent le 10 septembre, on ne pourra rien contre ceux qui ne seront pas allés travailler. Tout d’abord, c’est lui qui le prétend, de façon purement gratuite. Ensuite, s’il n’y a pas des millions de septembristes, mais seulement quelques milliers, que se passera-t-il ? Enfin, si les grévistes ou les absentéistes ont des ennuis, est-ce qu’il prendra les ennuis sur lui ? Bien sûr que non ! Il jette les gens dans la mêlée, mais, ensuite, pour ce qui est des conséquences, il s’en lavera les mains.
Tout cela est tellement irresponsable que l’on peut se demander si ces désordristes sont sérieux, ou s’ils ne se paieraient pas la tête des simplets dont leur public semble être constitué ?
Il est vrai que, selon l’un de ces agitateurs, en 1789, les Français auraient déboulonné la noblesse en arrêtant les usines (5) ! Pour lui, la Révolution française de 1789, c’est cet anachronisme ! Osons la question, même si nous préférons ne pas y répondre, par charité chrétienne : est-ce que des individus aussi cultivés, aussi armés intellectuellement, sont vraiment en mesure d’impulser et de manager une révolte aujourd’hui en 2025 ?
Gare au préavis
Au passage, les excitateurs qui poussent les travailleurs à la grève, oublient de signaler aux fonctionnaires et agents des services publics, que, dans ces services, la grève doit être précédée d’un préavis déposé par un syndicat représentatif (article L2512-2 du Code du travail. Cet article s’applique aussi au personnel de l’Etat, des régions, des départements et des communes de plus de 10 000 habitants. Participer à une cessation concertée du travail dans ces structures sans déposer de préavis, peut entraîner des sanctions : article L2512-4 du Code du travail). Il est vrai que ces excitateurs, qui sont décidément des irresponsables, n’ont peut-être jamais bossé dans un service public (ou dans une entreprise quelconque …), et ne connaissent rien au droit du travail ou au droit tout court, ce qui leur permet de déverser des mots d’ordre sans la moindre considération pour leur faisabilité ou leurs conséquences.
Ajoutons que, selon l’article L2512-2 du Code du travail, dans les collectivités de travail où le préavis de grève est obligatoire, les parties intéressées sont tenues de négocier pendant la durée de ce préavis. Si les employés d’une telle collectivité cessent le travail de façon désordonnée, sur un simple appel lancé par des inconnus hors sol et relayé par des youtubeurs tout aussi hors sol n’ayant rien à voir avec le lieu de travail et n’y ayant jamais mis les pieds, qui va y déposer le préavis, et qui va y négocier (6) ?
Plus généralement, au plan national, comme on ne connaît pas les initiateurs du 10 septembre, qui va traiter avec le pouvoir ? Car, tout conflit de ce genre suppose une discussion, à un moment ou à un autre. Qui va décider que les revendications (si tant est qu’on puisse les identifier) sont satisfaites ? Et sur quelles bases ? Qui va décréter que le mouvement doit s’arrêter, et de quel droit, sur la base de quelle autorité et de quelle légitimité ?
Il est vrai que tel conspirateur du 10 septembre rejette toute négociation : selon lui, l’objectif, impératif, est le départ de Macron, tout de suite, on ne sort pas de là (7). Nous ne comprenons vraiment pas en quoi ne pas utiliser sa carte bancaire, ne pas consommer, ou se faire porter pâle, permettra d’atteindre cet objectif, et les septembristes se gardent bien de l’expliciter.
Mentionnons, du reste, une chose très importante, rappelée maintes fois par la jurisprudence, mais que les youtubeurs évitent de signaler à leur public, ne serait-ce que parce qu’ils l’ignorent, comme ils ignorent tant d’autres choses : pour qu’une cessation du travail soit considérée comme une grève légitime, il faut notamment qu’elle soit justifiée par des revendications professionnelles. Si ce n’est pas le cas, comme il n’y a pas grève légitime, le salarié peut être sanctionné. Or, en l’espèce, si une personne ne va pas « au taf » le 10 septembre, et si sa seule excuse est qu’elle exige le départ de Macron (comme le répètent à l’envi certains influenceurs), il est possible que ce ne soit pas jugé comme une revendication professionnelle … Avis aux amateurs …
Combien de temps ?
En définitive, on ignore donc combien de temps le blocage est censé durer. On nous rétorquera : tant que nos aspirations n’auront pas été comblées. Mais, comme elles sont balancées au petit bonheur la chance, et sont on ne peut plus vagues et inconsistantes, floues et confuses, il leur manque la précision qui en ferait de véritables revendications. Aussi, personne ne sait quand il faudra les considérer comme satisfaites, et il sera particulièrement difficile de déterminer si le pouvoir y a cédé … Un exemple : quand vous exigez que votre rémunération passe de 1 600 à 2 000 euros par mois, vous disposez d’un curseur et vous pouvez évaluer les éventuelles concessions qui vous sont faites; par contre, si vous geignez, sans rien chiffrer, que votre salaire doit être substantiellement revalorisé, personne ne devine ce que vous entendez par là, et vous l’ignorez aussi …
Ajoutons à cela que tout le monde n’avance pas obligatoirement les mêmes doléances, les uns étant favorables à une chose et les autres à son contraire, ce qui illustre les divisions au sein de la population …
Arrêt maladie ?
L’un des youtubeurs qui en font le plus sur le 10 septembre, encourage ses auditeurs à solliciter des arrêts maladie. Comme irresponsabilité, cela se pose là !
Tout d’abord, quand on est prêt pour la révolution, on se met en grève, on ne tente pas d’assurer peureusement ses arrières en se prétendant malade, manière particulièrement lâche de feindre de participer au combat.
Ensuite, par définition, il s’agirait d’arrêts maladie de complaisance.
Or, un salarié peut faire l’objet d’un contrôle médical pour vérifier s’il est bien souffrant. S’il s’avère qu’il ne l’est pas et qu’il a simplement voulu répondre à l’appel du 10 septembre, il ne recevra pas ses indemnités de maladie, mais, en plus, il pourra être sanctionné, voire, dans certains cas, licencié (8). Quant aux médecins qui signeraient des arrêts médicaux de complaisance, ils risqueraient des ennuis aussi. Est-ce que les endoctrineurs qui encouragent à se faire porter pâle à partir du 10 septembre, paieront les pots cassés ? Est-ce qu’ils débourseront de leur poche les indemnités que les employés ne percevront pas ? Est-ce qu’ils leur retrouveront un travail ou est-ce qu’ils leur verseront un salaire s’ils sont congédiés ? Est-ce qu’ils voleront au secours des médecins qui devront rendre des comptes à la Sécu ou au Conseil de l’Ordre ? Bien évidemment que non !
Par contre, ils pourraient être jugés juridiquement responsables de la mouise dans laquelle ils auront mis les naïfs qui les auront écoutés (9).
Nous déconseillons fermement aux salariés de se jeter dans le piège de l’arrêt maladie bidon.
L’oeillet, nouvelle arme de dissuasion massive
Autre gadget totalement inepte avancé par un comique qui se prend au sérieux : l’oeillet à la boutonnière. Selon ce monsieur, cela aurait suffi aux Portugais pour se débarrasser de la dictature en 1974. En toute logique, selon lui, une méthode similaire pourrait fonctionner aujourd’hui en France. On peut craindre que les Gilets Jaunes qui ont été amputés et éborgnés il y a quelques années, ne refusent de se rendre à cette évidence … Aussi suggérons-nous à ce monsieur d’aller chercher du côté de Gandhi, peut-être y trouvera-t-il des solutions tout aussi miraculeuses que ses oeillets.
Ne plus consommer ?
Une autre fanfreluche agitée par les conspirateurs du 10 septembre, consiste à ne plus consommer; à renoncer, au moins provisoirement, à sa carte bancaire; et à boycotter les grands groupes, les grosses enseignes (10).
Il y a quelque chose d’indécent dans ce mot d’ordre, alors que certaines personnes ne peuvent même plus se nourrir ou se loger.
En outre, selon nous, c’est encore un piège : car c’est bien l’idée d’une décroissance qui se cache là. Or, l’économie française souffre déjà d’une sous-consommation due à l’explosion de la pauvreté. Certains chercheraient-ils à aggraver la situation ?
Ne plus acheter (11); bouder les commerces; en somme, achever de ruiner l’économie, cela gênerait Macron et l’amènerait à démissionner ? Mais, c’est ce qu’il veut et ce qu’il fait depuis huit ans. La fermeture des magasins, les Français qui se cloîtrent chez eux au lieu d’aller au boulot, il ne demande pas mieux : il l’a déjà accompli, cela s’appelait le confinement. Et ce confinement a fortement contribué à plonger la France dans le marasme, avec, notamment, un endettement, artificiel, colossal.
Se confiner ?
Ici, nous en arrivons à l’une des pires perfidies contenues dans le manifeste du 10 septembre, et qui trahit le forfait de ses concepteurs : tout en ayant l’air de déplorer les confinements de la période Covid, ils appellent le peuple à s’autoconfiner. Il faut être totalement abruti pour ne pas voir que l’on a affaire à des manipulateurs particulièrement pervers (12).
On amène les gens à considérer comme un instrument de libération, ce qui a été en réalité l’une des pires manifestations de leur soumission. On leur suggère de s’infliger à eux-mêmes l’un des plus horribles instruments de domination que l’oligarchie ait inventés. Non, merci, un nouveau confinement, très peu pour nous, nous (et l’économie) avons assez souffert des premiers.
Mais, cette idée totalement tordue d’autoconfinement, révèle bien ceci : les fausses actions qui sont proposées aux citoyens pour manifester leur colère sont, certes, des gadgets, et donnent une impression de désordonné, mais, en réalité, elles suivent une logique : il est frappant qu’au fond, ce que l’on demande aux insurgés, ce n’est pas de « bouger », comme on le dit familièrement quand on parle d’un « mouvement » de protestation, ni même de bloquer le système; non, on les pousse à se bloquer eux-mêmes : ne pas sortir de chez soi, ne pas dépenser, ne pas aller au travail (parfois, même, ne pas manifester dans la rue) : il s’agit d’un autoblocage. Le mot d’ordre « Bloquons tout ! » cache un « Bloquons-nous nous-mêmes » .
Et maintenant, nous comprenons mieux pourquoi on incite aussi les salariés à se mettre en arrêt maladie : l’arrêt est le contraire du mouvement, et le malade est l’impotent qui ne peut pas se mouvoir (13). Il ne s’agit donc pas de mobiliser les Français, mais de les immobiliser et de les dé-mobiliser.
Le Tous en même temps comme illusion du Tous ensemble
Et il ne s’agit pas non plus de les réunir, mais, au contraire, de les isoler. Chacun chez soi, et chacun pour soi. Il n’est pas question que les Français agissent ensemble, dans le cadre d’un véritable geste collectif; il est question que les individus s’agitent, certes, en même temps (le 10 septembre), mais, chacun de son côté, chacun se débrouillant tout seul dans son coin. Le 10 septembre est une parodie de mouvement collectif, une espèce de pseudo-action de masse, à caractère individualiste, qui se donne l’apparence d’un soulèvement unitaire, parce que tout doit s’enclencher le même jour. La date magique du 10 septembre est un faux point de ralliement, qui dissimule le morcellement, la division, la séparation, l’isolement.
Un rappel de vaccination ?
Etrangement, ces revendications et propositions d’agitation confuses, parfois contradictoires, souvent fantaisistes, ressemblent, dans une certaine mesure, aux injonctions gouvernementales débiles pendant la période Covid : rester assis, mais, finalement, debout, dans les cafés; marcher sur les quais de Seine, à la limite, mais pas sur les berges; porter le masque pour protéger ceux qui portent le masque; se faire « vacciner » pour éviter de se faire infecter par les « vaccinés » ; enlever la muselière; la remettre; rester confiné chez soi, puis pouvoir sortir, puis ne pas devoir aller au-delà de 10 kilomètres, ou ne pas traîner dehors plus de trois heures; craindre la grippe de la tomate ou la maladie de la fraise, la fraise bio, bien évidemment …
Il y a quelque chose d’un peu similaire avec le 10 septembre : une colère (ou plutôt une angoisse ?) exprimée par des voies saugrenues, des mots d’ordre (ou de désordre) finalement annulés ou contredits (par exemple, l’appel à se rallier au 10, puis à le suspendre, puis à y aller quand même) … Comme s’il s’agissait des mêmes méthodes, venues des mêmes milieux, jouant avec le peuple comme avec un hochet, le testant pour voir s’il fera ce qu’on lui dit et jusqu’à quelles bêtises on pourra le pousser, lui demandant une chose puis son contraire, le déstabilisant en permanence.
Les désarrois d’un peuple en détresse
On peut déceler là l’indice d’une manipulation par le pouvoir. Mais, il y a aussi autre chose : certaines des personnes qui militent en faveur du 10 septembre, sont certainement sincères; seulement, fondamentalement, elles ne savent ni quoi vouloir, ni quoi faire. Et cela renvoie à un désarroi beaucoup plus fondamental : celui de tout un peuple, désorienté et déboussolé (jusqu’à en avoir carrément perdu la boule); peut-être courroucé, mais très peu lucide sur les causes des problèmes; ignorant donc comment les régler; au bout du compte, ne sachant ni ce qu’il faut faire, ni ce qu’il faut ne pas faire, ni comment le faire ou ne pas le faire.
Le brouhaha des propositions d’agitation venues de partout et de nulle part (car il s’agit bien d’agitation et non pas d’action), ne traduit pas un foisonnement d’idées aptes à se concrétiser en combat efficace, il trahit l’absence totale d’une véritable pensée, un grand et profond doute, une immense incertitude, une gigantesque confusion, un vide programmatique, tant pour ce qui concerne les objectifs que pour ce qui concerne les moyens de les atteindre. C’est sur ce vide putréfactif que germent les pires champignons révolucinogènes (arrêt maladie, autoconfinement etc), tous plus vénéneux les uns que les autres.
L’impasse tragique
Et il y a des responsables à cette impasse.
Les Français, d’abord. Avant de les appeler à de pseudo-révolutions, à une grève générale, à un blocage total etc, il y aurait une chose toute simple à leur proposer : ne plus voter pour ceux qui, depuis des décennies, avec une inébranlable constance, s’acharnent à démolir la France, car on n’en serait pas là si, scrutin après scrutin, les citoyens n’élisaient pas toujours les mêmes malfrats.
Ces derniers, et en particulier ceux qui siègent au Parlement, auraient pu dégager Macron depuis belle lurette. Ils disposent de tous les outils, politiques, juridiques, constitutionnels. Ils pouvaient par exemple le destituer, ce qu’ils se gardent bien d’entreprendre. Et pour une raison fondamentale : de la prétendue extrême-gauche à la soi-disant extrême-droite, ils servent tous les mêmes intérêts et la même politique, que ce soit pour la guerre et les relations extérieures, l’économie et le social, le sociétal (euthanasie, GPA, PMA, changement de genre, Lgbtisme etc), l’UE, l’euro, Schengen, l’immigration et tout le reste. Nous sommes écrasés par un parti unique, pour lequel, malheureusement, vote encore et toujours ce que nous nommerions un électorat unique.
Cinquième colonne
Un secteur cependant est encore plus coupable que les autres : la Gauche institutionnelle, toutes formations confondues, avec une mention spéciale pour LFI (la France soi-disant insoumise) et, surtout, pour le Parti communiste français (PCF). Ce dernier a totalement tourné sa veste, sur tous les sujets. Le PCF défend même des positions encore plus indéfendables que celles des macronistes, des « centristes », de la Droite sauce LR, du Parti socialiste, du Rassemblement national ou des zemmouristes ! Une image résumerait cette pourriture apostasique : lors de la fête de l’Huma, un Gilet Jaune évacué comme un malpropre parce qu’il interpelle Edouard Philippe, lequel est applaudi par le public et couvert de câlins par Fabien Roussel, l’infra-Juquin de cette cour des miracles apostats qu’est le PCF d’aujourd’hui. Quand on voit cela, on comprend mieux pourquoi la France est dans un cul-de-sac.
Traître sur commande
Les syndicats ont bien évidemment une responsabilité écrasante aussi. Normalement, ce sont eux qui devraient organiser la lutte, ils possèdent d’ailleurs tous les moyens pour cela. Hélas, aujourd’hui, leur rôle ne consiste pas du tout à structurer et à renforcer le mouvement social, bien au contraire : ils sont chargés de le saboter, et ils le font très bien.
Un syndicat en particulier mérite l’opprobre : la CGT, qui, comme le PCF, a totalement tourné casaque. [Ainsi que les autres centrales, elle est gavée de fric, mais cette manne sert à tout sauf à des activités syndicales]url:Avenir lycéen : témoignage exclusif sur la corruption syndicale, la Justice et la presse – Les moutons enragés .
La Gauche politique et syndicale a délibérément impuissantisé et neutralisé le peuple : sciemment, elle l’a désarmé (y compris sur le plan idéologique, intellectuel, moral), l’a démobilisé, l’a orienté vers de fausses pistes, l’a amené vers des voies de garage, l’a rendu inoffensif, à tous points de vue. La Gauche est un général félon qui a cassé les troupes, les a privées de matériel, leur a tiré dans le dos et les a livrées pieds et poings liés à l’armée ennemie.
Or, [comme nous l’avons souligné dans un autre article]url:Elections 2024 : partie 1 Ne pas confondre abonnés, nombre de vues et électeurs – Les moutons enragés , qu’on le veuille ou non, dans les années 1950/1970, c’étaient la CGT et le PCF qui menaient le combat. Leur désertion, leur trahison a laissé un vide qui n’a pas été comblé. Les classes populaires, en particulier, trompées, abusées, abandonnées, trahies, poignardées dans le dos, sont en totale déshérence.
Voilà pourquoi il est si difficile de résister en 2025. La félonie de la CGT et du PCF a ouvert les portes d’un grand n’importe quoi tel que celui du 10 septembre, puisqu’il n’y a plus d’organisation de masse, puissante, pour diriger la résistance. Selon nous, le 10 septembre ne peut qu’échouer, la CGT et le PCF en sont directement responsables.
(1) Certes, les 20 inconnus (2 X 10 …) qui auraient imaginé le 10 septembre, peuvent toujours arguer qu’ils ne sont pas responsables de tout ce qui s’agglomère autour de cette date. Mais, bien au contraire, quand on fabrique et vend des machines aussi mal conçues, on est la cause des accidents qu’elles provoquent obligatoirement.
(2) Certains ne craignent pas la contradiction : un youtubeur plaide pour l’anonymat des séditieux, qui leur assurerait une protection contre des tracasseries du gouvernement. Mais, la minute d’après, le même affirme qu’avec la technologie, les autorités peuvent tout savoir sur tout le monde et identifier n’importe qui sans problème. Il faudrait choisir …
(3) D’ailleurs, après que la fièvre tout artificielle du 10 septembre sera retombée, il y aurait une expérience à mener : publier un article dans lequel on proposerait une action toute simple; oh, pas la révolution, pas le grand branle-bas de combat, non, un petit geste accessible à tous, qui ne coûterait rien à personne et que chacun serait en mesure d’accomplir, sur un thème qui concernerait tout le monde; puis, contacter des « dissidents » afin qu’ils appuient cette initiative, ou, du moins, afin qu’ils la fassent connaître; on verrait alors si une idée concrète venue d’un individu ne possédant pas le moindre réseau, est relayée …
(3′) Au passage, rappelons qu'[ayant vu à la CGT les scandales que nous y avons vus]url:Avenir lycéen : témoignage exclusif sur la corruption syndicale, la Justice et la presse – Les moutons enragés , nous avons rendu notre carte et avons entamé des procédures pénales qui n’ont jamais abouti.
(4) On touche ici à l’une des pires tares de la prétendue résistance style réseaux sociaux, comme on la connaît aujourd’hui : elle entretient l’illusion d’une population massivement mobilisée contre le système, alors qu’en réalité, le gros du peuple est hors de combat; et elle met la charrue avant les bœufs. La première chose à faire avant de se ruer sur le champ de bataille, c’est d’évaluer le rapport de force. Si je suis général, et si je ne dispose que de 20 hommes affamés, désarmés, ne sachant pas se battre, crevant de peur, démotivés, je ne vais pas les précipiter contre 20 000 soldats surarmés, très bien nourris, aguerris, extrêmement motivés et ne connaissant pas la peur; ce serait irresponsable, fou et criminel. Or, c’est exactement ce que font les milieux qui prétendent combattre le système en 2025. Connectés en permanence à internet, ils semblent, par contre, complètement déconnectés de la vie réelle (ce qui est un comble); ils n’ont jamais analysé l’état d’esprit du peuple; en particulier, ils se sont bien gardés de sonder sa réaction pathologique lors de la période Covid et des confinements, et ils font comme si cette réaction n’avait jamais existé. Certains réécrivent même l’Histoire, puisque c’est à peine s’ils ne viendraient pas nous conter qu’entre 2020 et 2023, les Français auraient résisté en bloc ! Or, les Français de 2025 sont identiques à ceux de 2020/2023, ils ont même peut-être empiré : c’est une population véritablement détraquée, qui ne comprend rien à rien, et qui est travaillée par des tendances suicidaires. C’est être complètement à côté de la plaque que d’imaginer qu’une telle population va se dresser aujourd’hui; elle ne le fera pas, et, si elle ne le fait pas aujourd’hui, alors que la situation est catastrophique et qu’il y a urgence, elle ne le fera pas demain, comme elle ne l’a pas fait hier (on mettra à part la tragédie des Gilets Jaunes, qui mériterait toute une étude). Le fond de notre pensée, est que le moment décisif, historique, le moment de vérité, a été celui du Covid et des confinements; c’était à ce moment-là qu’il fallait réagir et lutter; maintenant, tout n’est plus qu’un combat d’arrière-garde.
(5) Dans une interview donnée à une chaîne Youtube très connue, notre historien 2.0 déclare très exactement ceci : « Nos anciens, quand ils ont fait la Révolution française, qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils ont bloqué tout simplement le pays, les usines étaient à l’arrêt, enfin, il suffit de prendre son téléphone, allez voir ce qui s’est passé, tout était à l’arrêt, et c’est comme ça qu’ils ont fait tomber ce gouvernement. Alors, ils ont même fait mieux que nous : ils ont eu 40% d’augmentation du SMIC. Vous vous rendez compte, quand même : 40% ! Pourquoi ? Parce qu’ils ont mis le pays à l’arrêt, tout simplement » . Et la personne qui l’interroge, ne pipe pas mot … Voilà le niveau de la dissidence … Soyons généreux : admettons qu’emporté par son élan, notre Albert Soboul des faubourgs se soit mal exprimé …
(6) Au passage, remarquons que, bien évidemment, comme le 10 septembre n’est en réalité qu’une pagaille, sans rien qui soit correctement organisé (sauf le désordre), aucune caisse de grève n’a été prévue. Débrouillez-vous, mes cocos, cessez le travail, perdez de l’argent, soyez éventuellement sanctionnés, et nous, conspirateurs masqués, nous ne pouvons rien faire pour vous, que chacun se dépatouille dans son coin …
(7) On aurait envie de demander à tous ces gens : Vous comptez remplacer Macron par qui ? Ce serait bien beau de s’en débarrasser, mais, si c’est pour introduire dans la place quelqu’un de pire encore, où est l’intérêt ? Vous croyez vraiment que des Truffin, des Blaireautailleau, des Bobardella, des Bobarmanin, des Le Pen, des ABoyard, des Lemenchonge, des Daubery, des Knafo, des Philippe, valent mieux ? Ils sont tous pires les uns que les autres.
(8) Il se trouve qu’il y a maintenant un paquet d’années, nous avions publié une étude juridique, qui était devenue la référence en la matière, sur le contrôle médical patronal des arrêts maladie, avec la législation et la jurisprudence. Alors, quand nous entendons des irresponsables – que disons-nous, des criminels ! – conseiller aux gens de solliciter un arrêt maladie bidon, la coupe est pleine.
(9) Et, lorsque la catastrophe sera consommée, ce qui, selon nous, ne va pas manquer d’arriver, on pourra compter sur notre modeste personne pour placer certains devant les responsabilités qu’ils n’auront pas prises.
(10) Comble de l’impudence : un jour, un certain youtubeur poste une vidéo dans laquelle il engueule les roturiers qui auraient l’outrecuidance de consommer, mais, le lendemain, il se filme en train de flâner à … Marrakech, où, visiblement, il est allé passer un bon moment. Le même individu avait d’ailleurs déjà été alpagué, il y a quelques mois, par un autre youtubeur, pour des vidéos de ses vacances aux sports d’hiver. De quel droit cet individu ose-t-il faire la morale ? Avant de jouer les donneurs de leçons, commencez, vous, à montrer l’exemple : cessez, vous, de claquer votre fric, ne partez plus vous dorer la pilule ou vous rouler dans la neige, et vous serez en droit d’exiger que les autres en fassent autant. Mais, personnellement, nous n’avons pas attendu après vous : nous n’avons pas quitté Paris depuis plus de 10 ans. Et, la dernière fois que nous sommes parti, ce n’était pas pour nous payer du bon temps au Maroc ou au ski, c’était un court et modeste séjour en Bretagne.
Pendant que vous y êtes, cessez de monétiser vos chaînes Youtube, au moins pendant la Révolution du 10 septembre, sinon, les méchantes langues pourraient être assez venimeuses pour remarquer que vous incitez les autres à tout bloquer, à ne plus consommer, à ne plus dépenser, à boycotter les grands groupes, à perdre leurs rémunérations en se mettant en grève, mais que, vous, pendant ce temps, vous continuez à percevoir vos redevances et à profiter du système; ces mauvaises langues seraient même capables d’insinuer – voyez comme les gens sont mauvais – que vous et vos semblables n’en faites autant sur le 10 septembre que parce que cela crée du buzz, qui génère des vues sur Youtube, et, par conséquent, encore plus de revenus pour vous …
Mais, il y a encore bien pire, et, là, on est dans l’ignominie la plus abjecte : vers le 16 août, l’une des starlettes surfaites de la pseudo-dissidence a posté le message suivant (nous reproduisons textuellement, en enlevant juste le nom du bonhomme et le titre d’un livret qu’il n’a pas eu honte de signer) : « Le 10 septembre, certains veulent bloquer le pays. Pendant ce temps, des millions restent immobiles, comme la grenouille dans l’eau tiède… qui ne se rendra compte que trop tard qu’elle est en train de bouillir. (NDLR : ici, le titre du fascicule totalement vide que cet opportuniste a publié il y a déjà un certain temps) la petite bombe de 50 pages de (NDLR : ici, nom du plumitif) qui démonte l’apathie française. Déjà près de 10 000 exemplaires vendus. 6,99 euros – Livraison rapide en 2/3 jours … (ici, un lien vers une page qui permet de commander la brochure en ligne) Offrez-le à ceux qui refusent encore de voir la réalité. Après, il sera trop tard » . Au-dessous de cette annonce publicitaire, une image, avec une photo de notre héros de la résistance, et ce texte : « A ces Français qui se moquent de l’effondrement de la France et qui préfèrent s’amuser et consommer … Dans ce petit livre percutant, (NDLR : l’auteur) s’adresse aux millions de Français qui ont choisi l’indifférence politique, laissant la consommation et l’hédonisme guider leur existence » . C’est à donner la nausée. Ce type, pour qui la « dissidence » est un business juteux, pousse les gens dans un mouvement douteux (le 10 septembre), dans une grève absolument pas préparée qui va leur faire perdre leurs maigres économies et leur faire gagner peut-être d’énormes sanctions (voire un licenciement), mais lui, par contre, il en profite pour se remplir encore un peu plus les poches. Ne consommez pas, ne dépensez pas votre argent, sauf pour acheter mon opuscule (qui devrait d’ailleurs être gratuit parce que, comme qualité ou quantité, ça ne vaut pas un kopeck) …
Boudez les commerces et gelez l’activité économique, mais, moi, au contraire, ma petite boutique va tourner à plein régime, et même encore plus que d’habitude, parce que le sens des affaires suppose que l’on sache saisir les opportunités, surtout quand elles peuvent rapporter autant que le 10 septembre …
N’utilisez plus votre carte bancaire et des modes de paiement numérique, sauf pour engraisser ma petite bedaine via un site d’e-commerce tel que ceux que je vous enjoins pourtant de rejeter. Boycottez les grandes enseignes telles que MacDonald, Carrefour ou … Amazon, mais, moi, je laisse toutes mes daubes en vente sur Amazon, avec paiement numérique, car il ne faudrait pas être jusqu’au-boutiste au point d’exiger que ma distinguée personne suive les mots d’ordre septembristes que je reproche aux dindons de ne pas respecter …
Les autres vont prendre tous les risques, encaisser tous les coups, mais, lui, il encaissera tous les bénéfices, parce que, pour lui, le 10 septembre, c’est encore un filon qui va rapporter gros.
Il faut espérer qu’un idéaliste aussi désintéressé devra rendre des comptes, y compris sur le plan judiciaire, quand les nigauds qui l’auront écouté, devront supporter, par sa faute, les conséquences de ce 10 septembre si mal ficelé. Ceux qui subiront des préjudices (sanctions, perte d’emploi et de revenus etc), seront en droit de réclamer des dommages-intérêts devant les tribunaux.
Au fait : est-ce que lui, à partir du 10 septembre, il va cesser d’engranger ses royalties ? Est-ce qu’il va bloquer les ventes de son attrape-nigaud par internet avec paiement numérique ? Est-ce qu’il va blacklister Amazon et en retirer toute la camelote qu’il y a mise en vente, puisqu’il vous somme de blacklister les grands groupes ? Et puisqu’il vous ordonne de retirer votre argent des banques, il faut supposer que, lui, il n’a pas attendu le 10 septembre, et que les milliers d’euros qu’il a empochés grâce à ses fascicules, il les a gardés sous son matelas ? Mais, en admettant que – par inadvertance, très certainement, car comment pourrait-on douter de la bonne foi d’un tel utopiste – il les ait placés dans une banque (ou dans on ne sait quels produits financiers …), est-ce qu’il va les en extraire et les cacher sous son lit, ces milliers d’euros ?
Et ce genre de sinistre sire – qui, nous en ferions le pari, ne va appliquer aucune des consignes qu’il érige en obligations (morales, évidemment) pour le 10 septembre – est adulé par des milliers d’ignobles crétins dont il exploite l’inépuisable débilité comme on pille une mine d’or, mais qui prétendent constituer la phalange la plus conscientisée de la société et le plus infranchissable des barrages contre le système …
Ah ! Si de Gaulle avait pu être conseillé par notre maquisard des réseaux sociaux, il aurait monnayé son appel du 18 juin; 6,99 euros par audition ou lecture, payables par Paypal ou carte bancaire. Comme quoi de Gaulle était un bien piètre résistant, un vulgaire amateur, par rapport à nos « dissidents » 2.0, qui, eux, certes, savent y faire et se débrouillent très bien …
(11) Paradoxalement, retirer de sa banque tout son avoir en liquide, comme le proposent certains, pourrait bien favoriser la fin du liquide, surtout si vous gardez votre argent et refusez de le dépenser. Nous y voyons donc encore un piège.
(12) Que des citoyens puissent accepter l’idée d’un autoconfinement comme levier pour dégager Macron, idée qui empeste la fourberie et le traquenard, prouve à quel niveau de bêtise ces citoyens sont tombés. Mais, malheureusement, cela trahit aussi les tendances masochistes et suicidaires à l’oeuvre dans la population.
(13) L’arrêt maladie de complaisance comme mode de résistance, il fallait y penser ! C’est vraiment le délire tordu de manœuvriers vicieux, tout comme l’autoconfinement, auquel il s’apparente. Mais, de tels délires trahissent peut-être ceci, qui relèverait en partie de l’inconscient : tout en faisant croire aux gens qu’ils vont changer les choses par de telles méthodes, il s’agit, en réalité, de les convaincre qu’ils sont malades, impotents, impuissants. En même temps, cela traduit sans doute un sentiment d’impuissance et d’impotence existant objectivement dans le peuple, et qui ne fera que se renforcer quand ces moyens d'(in)action particulièrement pervers auront prouvé leur inefficacité et leur nocivité. D’ailleurs, c’est peut-être l’une des choses sur lesquelles compte le pouvoir : écœurer, décourager, démotiver et démobiliser définitivement les gens après les avoir lancés dans une fronde contre-productive qui n’apportera rien de bon.
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Ouf ! Qui a lu jusqu’au bout ?
Si on veut faire quelque chose, que ce soit AVANT le 10 septembre ! Le premier septembre, par exemple !
Je n’ai pas pu aller au bout. C’est pourtant rare de ma part. Mais là, ouf !
Moi, en plusieurs fois avec des pauses – Ça m’a pris 3 plombes !
(Ça devrait être interdit d’écrire des trucs aussi longs)
–
Pour le reste je n’ai pas eu « peur » de dire ouvertement dès le départ ce que je pensais de ce mouvement/idée à la con ! {De ce Traquenard quoi}
https://lesmoutonsenrages.fr/2025/07/28/le-10-septembre-prochain-est-il-le-11-du-pauvre/comment-page-1/#comment-1007387
Moi…Excellent article, argumenté et d’une grande lucidité ! ou, comment parler de choses extrêmement sérieuses autrement que par un touite (!) ou une formule percutante à caractère publicitaire…
À situation complexe, analyse complexe.
Beaucoup trop long en effet ! et qui ne fait que démolir là encore. Sauf à avoir tout lu, je n’ai pas trouvé de solution, à part sans doute: on fait comme si de rien n’était. Et on continue de se faire ent… bien profond.
OK, pas de souci ..
Bon, je repasse pour d’autres réflexions… A +.
Lorsqu’on ne lit pas l’article (ou en diagonale), le mieux c’est de s’abstenir de commenter !
Lorsqu’on se contente de critiquer, sans apporter du positif que l’on a pris la peine de rédiger, autant s’abstenir de commenter.
Oui papa Conscience !