BOMBES À RETARDEMENT : OMERTA ET LOIS DE PROBABILITÉ

Alerter sur un potentiel danger n’est pas chose facile. Comment sensibiliser les populations exposées, lorsque l’on constate un « silence radio » de la part de certains acteurs de la sécurité publique qui auraient pour  rôle d’agir, d’anticiper, d’informer sur les risques d’accidents technologiques.

Parlons d’exploitations nocturnes sans aucune surveillance humaine, de silos classés SETI (SILO A ENJEUX TRES IMPORTANT) et parfois CEVESO.

Ces  pratiques ne seront jamais mentionnées dans aucune enquête publique, ni autre rapport d’incendie ou d’explosion d’unité d’expédition et de stockage de céréales.

De France et de Navarre, en passant par les plaines crayeuses qui ont vu naître Danton, ces dérives se font légion, malgré l’article 3 émanant de la prévention des risques présentés par les silos de céréales, de grains, de produits alimentaires ou de tout autre produit organique dégageant des poussières inflammables :

Article 3 de l’arrêté du 29 mars 2004

L’exploitation doit se faire sous la surveillance d’une personne nommément désignée par l’exploitant et spécialement formée aux caractéristiques du silo et aux questions de sécurité.

Il s’agit bien d’activités susceptibles de réunir les conditions pour satisfaire le triangle de feu, aspiration et organes de manutention pouvant engendrer des flux de poussières, ainsi que des dissipations thermiques.

Si vous tapez sur votre moteur de recherche préféré les mots suivants : « incendie explosion silos »

Vous trouverez des articles évoquant des catastrophes liées aux silos à grains, et plus récemment celle de Strasbourg, qui a engendré trois blessés graves. En parcourant plus attentivement le résultat de cette recherche, vous remarquerez certainement l’explosion de Metz, en 1982, 12 morts, ou encore sur la catastrophe de Blaye, en 1997, 11 morts.

La dangerosité de ces sites n’est donc plus à démontrer. Mais tout vas bien dans le meilleur des mondes, ces types d’exploitation auraient tiré leçon du passé, et répondent aux normes en vigueur ainsi qu’aux exigences de sécurité…

Cependant, un silo en activité sans vigilance humaine, n’en reste pas moins une bombe à retardement soumise aux lois de probabilité.

Même avec la plus grande sévérité en matière de détection et de sécurité, une catastrophe s’avère probable s’il n’y a personne sur les lieux pour alerter ou réagir.

Démonstration en s’appuyant sur quelques exemples de départ d’incendie.

ARIA : Feu dans le circuit de dépoussiérage d’un silo

LA DEPECHE : L’explosion d’un silo évitée de justesse

Dans ces cas précis, l’alerte a été donnée grâce à la vigilance des employés qui étaient présent sur le site.

Mais comment les procédures de gestion de crise peuvent-elles être mise en œuvre, si un silo est en activité sans surveillance ?

Qui alertera les secours ?

Qui mettra en place un périmètre de sécurité ?

Qui procèdera aux  coupures d’urgence des énergies et des fluides ?

Dans le meilleur des cas, l’alerte proviendra d’une source extérieure, quand bien même, que feront nos braves pompiers devant une grille fermée ?

Aucun sujet sur le web, ne traite de ces dérives.  Omerta total. Que font les CHSCT ? Les organismes de contrôles ? Les maires ? Combien de foyer demeurant à proximité de ces silos “fantômes“ dorment tranquilles, se croyant affranchis de tous risques, sans le moindre soupçon sur ces méthodes ?

Devant toutes ces interrogations, il est toutefois bon de préciser que ces dérives ne font pas office de généralité dans ce secteur d’activité. Si dans ces quelques lignes aucune enseigne n’est montrée du doigt, les irresponsables se reconnaîtront.

Judy Green

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