La police italienne arrête des néo-nazis – Naufrage médiatique par Christelle Néant..

Quand ceux qui sont censés lutter contre les « fake news » les propagent. Il suffit de « l’omission » d’une fin de phrase, pour changer toute la signification de cette même phrase et insinuer des relations qui n’ont jamais eu lieu, entre les combattants du Donbass et les mouvances néo-nazies qui ont par contre combattu aux côtés des FAU de Kiev. Partagez ! Volti

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Christelle Néant pour Donbass-Insider 16/07/2019

Photo AFP

Hier, la police italienne de Turin a indiqué avoir arrêté trois personnes liées à des groupes néo-nazis pour détention d’armes et de munitions. Ces personnes sont liées à des combattants venus se battre dans le Donbass, il n’en fallait pas plus pour que la presse occidentale se jette sur l’affaire en oubliant un morceau de la phrase originale de la police italienne…

Il faut dire que l’arsenal trouvé par la police italienne a de quoi impressionner. Neuf fusils d’assaut, un pistolet mitrailleur, sept pistolets, trois fusils de chasse, 20 baïonnettes, presque mille cartouches et de nombreuses pièces détachées d’armes, et un missile air-air, dépourvu de charge explosive mais réarmable qui avait été vendu et trouvé dans la province de Pavie ! Un autre Suisse et un Italien ont aussi été arrêtés en lien avec la vente du missile air-air.

Et au milieu de toutes ces armes, des panneaux portant des signes ou inscriptions nazies.

AFP
AFP

Alors forcément quand la police italienne a mentionné des liens avec des membres de l’extrême-droite qui ont combattu dans le Donbass, ni une ni deux, les médias occidentaux, se copiant les uns les autres ont titré sur ce missile air-air découvert chez des néo-nazis en lien avec les rebelles pro-russes (voire avec les forces russes présentes en Ukraine dans les médias anglo-saxons), du DailyMail, à l’AFP, Ouest-France, Le Matin et j’en passe.

Sauf que le diable se cache dans les détails, et voilà ce que le site de la police italienne affichait hier avant que n’éclate le scandale de l’erreur des médias occidentaux :

« Le indagini erano iniziate circa un anno fa quando la questura di Torino, coordinata dalla Direzione centrale della Polizia di prevenzione, aveva monitorato alcune persone legate a movimenti politici dell’ultra destra e che avevano combattuto nella regione ucraina del Donbass contro gli indipendentisti»

Traduction : « L’enquête a commencé il y a environ un an, quand le quartier général de la police de Turin, coordonnée par la Direction Centrale de la Police de prévention, a surveillé certaines personnes liées à des mouvements politiques d’extrême droite et qui ont combattu contre les séparatistes dans la région ukrainienne du Donbass. »

En clair, ces combattants se sont battus du côté de Kiev, et pas du tout du côté « pro-russe ». Hier, voyant l’erreur j’avertis l’AFP, le DailyMail et Ouest France de cette dernière, avec un lien vers l’information correcte. Seule l’AFP a corrigé son article aujourd’hui.

À l’heure où j’écris ces lignes, le DailyMail, Ouest France et Le Matin continuent d’afficher cette fausse information.

Et assez étrangement, après que plusieurs personnes aient interpellé publiquement les différents médias occidentaux pour souligner l’erreur, la police italienne a modifié son site cet après-midi, en enlevant la toute fin de la phrase citée plus haut. Cela devient des gens qui ont combattu dans la région ukrainienne du Donbass, mais plus personne ne sait de quel coté.

Bien pratique pour cacher une information qui confirme les liens que nous dénonçons depuis longtemps entre les bataillons spéciaux et forces armées ukrainiennes et les groupes d’idéologie néo-nazie. Une information qui dérange en assez haut lieu pour l’effacer du site de la police italienne.

Il faut dire qu’avec tout le soutien fourni à l’Ukraine tant par l’Union Européenne que par plusieurs de ses pays membres à titre individuel, cela fait un peu tache de se retrouver avec un trafic de missile air-air commis sur le territoire européen par ceux-là même que l’on soutient depuis cinq ans.

Mais à l’heure d’internet et des captures d’écran, la tactique du « on efface, comme ça, pas vu, pas pris », ne marche plus. Reste à voir si après l’AFP les autres médias prévenus de l’erreur auront l’honnêteté de corriger leur article ou pas. Faute de quoi nous serons en droit de crier à la « fake news ».

Christelle Néant

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