Des scientifiques français gagnent un IgNobel pour leur étude sur l’aversion au fromage…

Science et humour ça peut aller ensemble, surtout quand c’est Micrologie qui nous en parle..

Tout un fromage !

L’humanité est séparée en deux. Il y a d’un côté les gens normaux, de l’autre, ceux qui n’aiment pas le fromage. Et n’en doutez pas, un clacos coulant à point a de nombreux ennemis. Mais pourquoi tant de haine ?!
Des scientifiques sont partis éclairer le grenier pour comprendre ce qui se passe dans le cerveau des anti-from’tons. Un IgNobel vient de récompenser leurs travaux !

IgNobel Price

Avec un humour comme on les aime, le magazine américain Improbable Research attribue chaque année des prix aux travaux scientifiques les plus farfelus, ceux qui « font rire les gens et, alors, les font réfléchir ». En passant par « pourquoi les hommes vieux ont-ils des grandes oreilles ?» ou le « coefficient de friction d’une peau de banane », le IgNobel est un génial florilège. On adore !
Du coup, j’ai été trop contente d’apprendre que parmi les lauréats de la cuvée 2017 se trouve une étude intitulée « bases neuronales de l’aversion pour le fromage » par des chercheurs de notre CNRS national chéri.

Tout est dans votre tête

Je n’ose pas y croire ! Un max de gens déteste le fromage. C’est même l’aliment pour lequel l’aversion est la plus fréquente ! Sur un échantillon de 332 personnes interrogées, 6% ne peuvent pas piffrer le fromage, contre moins de 3 % pour le poisson ou la charcuterie (qui puent pas mal aussi…).
Mais d’où ça sort ça ?
Tout aussi interloqués, des scientifiques se sont intéressés à ce qu’il se joue dans le cerveau quand on se trouve face à face avec un cabécou.

L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle ne ment pas. Le pallidum ventral, une petite structure habituellement activée quand on a faim, reste muet quand on fait renifler un fromage à quelqu’un qui déteste ça. Par contre, d’autres aires cérébrales vont clignoter. Le globus pallidus et la substantia nigra sont plus actifs chez les dégoûtés que chez les passionnés. Etrange… ces secteurs sont ceux qui participent au circuit hédoniste de la récompense.

Franchement ça valait un IgNobel ! Les scientifiques ont découvert que ceux qui n’aiment pas le fromage ne sont pas des snobinards qui se la jouent. Il y a bien une différence dans les circuits. Et nos bons chercheurs du CNRS ont fait encore plus fort ! Grâce à une sombre histoire de camembert, ils montrent que « désir » et « dégoût » sont les deux faces d’une même pièce. Les mêmes zones du cerveau sont impliquées ! (Alors ? Sont pas yin-yang nos neuroscientifiques ?)

Source Micrologie à partir de:

The 2017 Ig Nobel Prize Winners

The Neural Bases of Disgust for Cheese: An fMRI Study, Frontiers in human neuroscience, 2016

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