Obèses ET en bonne santé : l’IMC inutile 1 fois sur 3

Cela fait des années que l’on nous parle d’obésité et de l’IMC, de l’indice de masse corporelle qui serait la référence absolue pour savoir si l’on est trop gros, ou trop maigre, si l’on est dans la norme ou pas.

Il faut dire que dans notre société, il y a une norme physique, un « modèle idéal » imposé dans les magazines et les médias en général et dont les courbes ne sont jamais excessives afin que l’on puisse tous se reconnaître, quelle fumisterie, puisque la beauté est toute relative et qu’elle ne se limite pas à un tour de taille standardisé. Quant à la santé, l’IMC n’est plus considéré comme étant le meilleur outil, mais comme un outil de calcul rapide qui continue d’être utilisé même si sa fiabilité est de plus en plus remise en cause.

calculer-imc

L’IMC se calcule ainsi: vous prenez votre poids en kilos et vous divisez celui-ci par le carré  de votre taille en mètre. Mais cela ne correspond pas à grand chose en fait, le calcul de l’IMC est même considéré comme étant réducteur et simpliste, catégorisant des personnes très musclées en surpoids par exemple, catégorisant des personnes dans 4 grandes catégories seulement (maigreur, normalité, surpoids, obésité) sans prendre en compte que les tissus adipeux ne sont pas tous répartis de la même manière, et que le capital-santé ne se limite pas à cette première équation.

Ce que notre société a tenté de nous imposé comme modèle de calcul, le voilà:

IMC= (Masse en kg)/ (taille en m)^2

Voici les interprétations des résultats:

  • moins de 16,5: dénutrition
  • Entre 16,5 et 18,5: maigreur
  • entre 18,5 et 24,9: corpulence normale
  • entre 25 et 30: surpoids
  • entre 30 à 35: obésité modérée
  • entre 35 à 40: obésité sévère
  • plus de 40: obésité morbide ou massive

Cet Indice de Masse Corporelle permet donc d’avoir une idée de la santé pondéral d’une personne. Si cet indice est trop faible ou trop élevé alors la santé de l’individu est à risque.

Cet IMC a ses limites, les personnes trop grandes ou trop petites, les femmes enceintes, les enfants, les sportifs intensifs et les personnes âgées se voient être exclus de l’application de cette formule.

BMI_grid_fr.svgSource: Osteopathie-64.fr

Nous sommes déjà en plein dans « le paradoxe de l’IMC », cette formule fonctionnerait, mais pas sur les personnes trop grandes ou trop petites, les femmes enceintes, les enfants, les sportifs intensifs et les personnes âgées…. D’un seul coup, il y a beaucoup moins de monde de concerné!

Cette formule, nous la devons a Adolphe Quetelet, scientifique belge qui en 1832 cherchait à définir la relation entre le poids et la taille d’une population d’adultes, lui-même ne cherchait pas à démontrer quoi que ce soit au niveau de l’obésité et des dangers que cela pourrait impliquer, ou non. Ce n’est qu’au début du 20ème siècle que les médecins ont commencé à s’intéresser à cette équation, bien après la mort de Quetelet, que les médecins se sont vraiment mis à utiliser cet équation encouragés par….les compagnies assurances qui ont commencé à comparer la taille et le poids de leurs assurés afin de démontrer que les individus en «surpoids» avaient tendance à décéder plus tôt que ceux qui avaient un poids «idéal».

Comme cela arrive souvent, le sujet étant complexe, entre les fausses routes de la médecine et de la recherche, les alternatives qui ne sont pas prises en compte, les messages qui nous sont envoyés par la société et les médias en général, et les raccourcis utiles qui intéressent plus les sociétés d’assurances que les citoyens eux-même, il y aurait de quoi dire, et nous n’avons pas le temps de lire ici un roman.

Concentrons-nous donc sur l’important, le manque de fiabilité de l’IMC qui pourtant est encore considéré par certains comme étant un outil incontournable à l’heure actuelle.Une nouvelle étude a été publiée en Février, et met un véritable coup de pied dans la fourmilière, un de plus, puisque de toute manière les plus grandes vérités ne font généralement pas trop de bruit…

Mais voilà, en février dernier, un coup de massue s’abattait sur le célébrissime IMC. En cause ? Plusieurs chercheurs de l’Université de Californie aux Etats-Unis publiaient une étude contre l’utilisation massive de l’indice de masse corporelle (IMC) [1].

Cette équipe américaine prouve dans cette large étude, publiée dans l’International Journal of Obesity, que près de 30% des personnes classées comme normales seraient en réalité en mauvaise santé métabolique.

 

Peut-être encore plus grave, mais plus de la moitié des personnes en surpoids, 29% des obèses et 16% des personnes avec une obésité moyenne à sévère seraient en réalité en bonne santé sur le plan métabolique.

Selon les chercheurs de l’Université de Californie, « se concentrer sur l’IMC en tant qu’indicateur de l’état de santé pourrait contribuer et accentuer la stigmatisation du poids […] ».

Pour tacler le célèbre indice de masse corporelle, les chercheurs se sont basés sur six variables métaboliques qui donnent une image beaucoup plus précise de l’état de santé des participants.

C’est donc en mesurant la pression artérielle, le taux de triglycérides, le cholestérol, la glycémie, la résistance à l’insuline et la fameuse C-Réactive Protéine (CRP), qui mesure quelque part l’inflammation de l’organisme, que notre groupe de chercheurs critiquent vertement certains assureurs américains qui accordent des primes selon les résultats de l’IMC.

Les auteurs n’hésitent pas à parler de mesures discriminatoires envers les personnes en surpoids ou obèses en bonne santé, et qui seraient en plus inefficaces pour améliorer réellement la santé de ces personnes [2].

Le paradoxe de l’obésité

Selon cette étude américaine, il y aurait tout de même près de 45% des personnes obèses (les trois classes confondues) qui seraient en bonne santé selon les six marqueurs métaboliques, pointant du doigt un paradoxe déjà bien connu : on peut être en surpoids et en bonne santé.

La réciproque est également vraie, notamment pour les 30% d’américains avec un poids correct mais des variables cardio-métaboliques mauvaises.

Alors bien sûr, on sait que la pratique régulière d’une activité physique y joue pour beaucoup. Certains auteurs n’hésitant pas à dire qu’il est préférable d’être obèse mais actif plutôt que fin mais faignant pour lutter contre les crises cardiaques [3].

Plusieurs autres études indiquent que la forme cardio-respiratoire est un indicateur de santé plus performant que l’IMC, et qu’il permet d’expliquer en partie pourquoi certaines personnes en surpoids sont effectivement en bonne santé [4] [5].

Comme je vous le disais, on peut également être fin ou mince, et donc avoir un IMC convenable et rassurant, mais pourtant accumuler des réserves de gras qui pourraient augmenter certains facteurs de risques [6] [7].

L’IMC : utile ou pas ?

L’étude américaine ne discrédite pas l’utilisation de l’IMC en tant que première approche exploratoire, peu coûteuse et non invasive pour avoir une idée de l’état de santé de son patient.

L’étude démontre tout de même que plus de 2/3 des personnes réellement en bonne santé, selon les critères cardio-métaboliques, avaient un IMC correct. Ceci étant dit, l’IMC n’étant pas infaillible, 30% des personnes classées comme en bonne santé ne le seraient pas vraiment. 45% des personnes en surpoids seraient elles en bonne santé.

Cette étude met l’accent sur le fait qu’il est important de prendre d’autres facteurs dans la prise en charge de l’obésité mais plus généralement dans le suivi de l’état de santé d’un patient (comme notre copain tout mince mais qui ne se bouge jamais les fesses). Il faut donc mettre l’accent sur l’activité sportive, mais également sur l’alimentation, la qualité du sommeil mais aussi veiller à entretenir de bonnes relations sociales


Références:

  • [1] Tomiyama, A. J., Hunger, J. M., Nguyen-Cuu, J., & Wells, C. (2016). Misclassification of cardiometabolic health when using body mass index categories in NHANES 2005–2012. International Journal of Obesity.
  • [2] Smith, C. F., Heneghan, C., & Ward, A. (2015). Moving Focus from Weight to Health. What Are the Components Used in Interventions to Improve Cardiovascular Health in Children?. PloS one, 10(8), e0135115.
  • [3] Pandey, A., Berry, J. D., & Lavie, C. J. (2015). Cardiometabolic disease leading to heart failure: better fat and fit than lean and lazy. Current heart failure reports, 12(5), 302-308.
  • [4] Lavie, C. J., De Schutter, A., & Milani, R. V. (2015). Healthy obese versus unhealthy lean: the obesity paradox. Nature Reviews Endocrinology, 11(1), 55-62.
  • [5] Gaesser, G. A., Tucker, W. J., Jarrett, C. L., & Angadi, S. S. (2015). Fitness versus Fatness: Which Influences Health and Mortality Risk the Most?. Current sports medicine reports, 14(4), 327-332.
  • [6] Deurenberg-Yap, M., Schmidt, G., van Staveren, W. A., & Deurenberg, P. (2000). The paradox of low body mass index and high body fat percentage among Chinese, Malays and Indians in Singapore. International Journal of Obesity & Related Metabolic Disorders, 24(8).
  • [7] Deurenberg‐Yap, M., Chew, S. K., & Deurenberg, P. (2002). Elevated body fat percentage and cardiovascular risks at low body mass index levels among Singaporean Chinese, Malays and Indians. Obesity Reviews, 3(3), 209-215.

Source: Dur-a-avaler.com

 

10 commentaires

  • Pazoozoo

    C’est un peu comme la TMI de la zigounette des messieurs…

  • Jadis

    Salut,
    merci pour l’article.
    Le muscle étant plus lourd que la graisse, il y a aussi la densité osseuse à prendre en compte, c’est un peu comme pour les CV, on forme des gens à imposer le dogme de l’éducatif et du qualificatif (le savoir est facultatif)… 5000euros un BPjeps ! Sans parler des régimes et autres fadaises. Bref, soyez en harmonie avec vous-mêmes.

  • Graine de piaf Graine de piaf

    L’obésité provient de plusieurs facteurs, soit elle est due à un dérèglement glandulaire, auquel cas si ce n’est pas une maladie au sens exact du terme c’est quand même assez grave, soit l’obésité découle d’un mode d’alimentation détestable et d’une vie physique et sportive inexistantes, et elle induit forcément des maladies en déréglant tout l’organisme.
    maintenant il y a d’autres facteurs, je ne les connais pas tous, qui font qu’une personne est obèse et en parfaite santé.
    En tout cas, perso, je ne connais pas d’obèses qui ont vécu longtemps…

  • engel

    Obèse jamais de trop…http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gifhttp://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

  • Nevenoe Nevenoe

    Effectivement il faut relativiser. Le poids ne dit pas tout mais lorsqu’on a un amas de graisse autour de la taille il n’y a pas de doute possible : c’est mauvais pour la santé.
    Je fais 1.80 m et je suis passé de 102 kg à 72 kg : pour rien au monde je ne reviendrais en arrière, je me sens en forme, dynamique, je ne suis plus essoufflé etc …

    • Oui en effet c’est un peu bizarre cet article, il n’y a rien à faire à partir du moment que votre masse de graisse dépasse une certaine limite (IMG) on est en surpoids. Voyez ici comment on s’y prend : http://entrainement-sportif.fr/masse-graisseuse-calcul.htm et quand c’est dépassé même si vous vous sentez en forme c’est pas bon point barre. On peut être en forme même 10 ans sans aucun soucis apparent j’insiste sur le APPARENT, pour ensuite avoir les pires tracas de santé en cascade. Quand on est légèrement en surpoids, il n’y a pas besoin de solution drastique une réorganisation des calories ingéré sur une journée est suffisante.

      Neveroe félicitation pour ton régime franchement, mais par contre 72 kg pour ta taille c’est peut être un peu trop light, normalement pour un homme il doit visé comme poids ce qu’il a en cm de sa taille, donc pour 1.80 m tu dois viser les 80 kg, mon homme qui ne fait que 1.68 m les fait les 72 kg sans un poil de graisse bien sûr. Maintenant c’est aussi suivant sa morphologie si tu es par-exemple de type ectomorphe (os fin métabolisme rapide, tempérament nerveux), peut être que 78 serait suffisant.

      Akasha.

  • dereco

    C’est très simple, si vous pouvez courir vite 10km ( moins de 50minutes ) sans être crevé ou courir en pente ( escalier ou vélo 200m de dénivelé, second étage de la tour Eiffel, en moins de 35 minutes, sans être exténué ) vous n’avez pas besoin de calculer votre IMC !!!!!
    Un exemple Robert Marchand, 103 ans a pédalé 450m de dénivelé en moins d’une heure !!!
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Marchand_%28cyclisme%29

    • Il ne faut pas abuser non plus, courir 10 km en 50 min cela demande de l’entrainement c’est déjà pas mal comme performance ce n’est pas donné à tout le monde. Je sais de quoi je parle j’ai pratiqué l’athlétisme durant plus de 20 ans. Une personne qui n’est pas entraînée on le teste sur des distances relativement courte, ensuite ce qu’on fait on prend le pouls si il est entre 130 et 150 c’est pas mal, ensuite on laisse la personne se reposer 2 min on reprend le pouls, si il se situe entre 100 et 90 c’est qu’il n’y a pas de soucis cardiovasculaire. Voilà c’est comme ça qu’on procède. On ne va jamais demander à une personne non entraînée de parcourir 10 km. Je ne vous dirais pas en combien de temps je parcoure les 10 km histoire de ne pas faire de jaloux^^ Bien que ma discipline était sur 400m parcouru en un peu plus de 52 sec.

      Pour le test IMC de l’article, je suis d’accord, car quand on est très musclé sans un poil de graisse l’indice vous met en surpoids. Alors qu’à l’heure actuelle beaucoup de personnes on des masses musculaires importantes et même chez les femmes.

      Akasha.