Cancer du sein : les double mastectomies préventives ont triplé

C’est un sujet extrêmement grave, le nombre de mastectomies a triplé en 10 ans aux Etats-Unis, mais pas après qu’un cancer ait été constaté, mais avant, pour réduire les risques d’être atteint d’un cancer. Stupidité? Possible, mais il serait plus censé de parler de manque d’information, car c’est avant tout là le problème, les foules ne sont pas assez informées, en pendant ce temps, la cash-machine du cancer tourne à plein régime.

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Dès que l’on touche au cancer du sein, c’est la grande hypocrisie, il faut soigner un maximum, dépister à tout va, sauf que tout ce cirque n’est en aucun cas la solution, cela en serait même le problème comme l’explique un article du site Psychomédia:

Les doutes portent sur un faible bénéfice et des risques de fausses alertes, de surdiagnostics et de surtraitements.
Selon des chiffres de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) « « pour 1000 femmes dépistées tous les 2 ans pendant 24 ans, entre 50 et 74 ans :

  • « plus de la moitié auront une fausse alerte (donnant lieu à des examens supplémentaires parfois lourds et à des biopsies dont il faut parfois attendre les résultats pendant plusieurs semaines); »
  • « 8 à 16 auront un surdiagnostic et seront traitées inutilement; »
  • « 3 à 4 décès seront évités. » »

Selon une analyse de la Collaboration Cochrane, sur 2000 femmes dépistées pendant 10 ans à partir de 40 ans, 1 décès est évité et 10 femmes sont traitées inutilement.

Les effets néfastes du surdiagnostic , soulignent les auteurs, sont nombreux:

  • « « transformation de femmes bien portantes en femmes malades » » (constituant à tort un « antécédent familial à risque » pour leur propre descendance);
  • vie altérée sur les plans physique, social, professionnel, économique, relation, affectif;
  • augmentation du niveau global d’angoisse pour toutes les femmes;
  • surtraitements (ablations de seins, chimiothérapies, radiothérapies et leurs complications);
  • symptômes de ménopause précoce dus aux traitements;
  • cancers radio-induits (de l’ordre de 1 à 20 cas pour 100 000 femmes
    au-dessus de 50 ans participant au dépistage selon l’INCA).

La brochure est accessible sur le site Cancer-rose.fr.

Source et article complet sur Psychomedia

Est-ce donc réellement une volonté de soigner et de sauver des vies qui pousse aux examens inutiles et aux mastectomies abusives? Car le dépistage peut réellement être remis en cause comme le démontre cette étude canadienne de 2014. Mieux, un article du Brittish Medical Journal s’en prend aux pratiques douteuses de la plus grande organisation américaine qui milite pour le dépistage généralisé par mammographies, et la France n’est pas à l’abri de ces critiques.

C’est véritablement un business colossal qui serait en danger si l’ensemble des femmes étaient informées de cette dérive, et dire que des médecins se montrent complices de cette mascarade…

Ces 30 dernières années, 1 million de femmes ont été traitées inutilement contre le cancer du sein aux Etats-Unis suite à de faux positifs, 1 million de victimes qui ont rempli les tiroirs-caisse des hôpitaux mais également des laboratoires pharmaceutiques qui ont comme principale réponse la chimiothérapie qui fait plus de mal que de bien.Et puis il y a la mastectomie, une opération tragique et traumatisante qui supprime chez les femmes une part de leur féminité suivant certaines ayant subit l’opération, beaucoup suivant l’exemple considéré comme étant courageux d’Angelina Jolie.

LA CHRONIQUE DU PR KHAYAT. En 10 ans aux Etats-Unis, le nombre de double mastectomies préventives réalisées en prévention d’un cancer ou d’une rechute a triplé.
Au bloc opératoire d’un hôpital de Las Vegas durant une double mastectomie réalisée pour éviter une rechute d’un cancer du sein.

Les dernières actualités de la recherche contre le cancer sont présentées pour Sciences et Avenir et en exclusivité par le Pr David Khayat, chef de service de cancérologie à la Pitié-Salpêtrière.

En dix ans le nombre de double mastectomie préventive, ou mastectomie prophylactique controlatérale, a triplé aux Etats-Unis, selon une étude publiée dans la revue spécialisée Annals of Surgery. Le taux de patientes atteintes d’un cancer du sein qui ont opté pour cette chirurgie d’ablation préventive a augmenté de 3,9 % en 2002 à 12,7 % en 2012.

Pour en arriver à ces résultats, les chercheurs ont exploité la base de données américaine de l’Institut national du cancer recensant plus de 400.000 femmes opérées sur cette période. La majorité d’entre-elles (59,6%) a subi une tumorectomie, opération consistant à enlever une partie de la tumeur ou des tissus cancéreux ; un autre sous-groupe (33,4%) a subi une mastectomie pour retirer le sein infecté (unilatérale).

Enfin, 7% des patientes ont opté pour une double mastectomie afin de réduire le risque de développer la maladie. La proportion de ces dernières tend à augmenter rapidement depuis quelques années.

Bilan, des fortunes qui sont déboursées par des victimes qui n’en sont pas pour enrichir une mafia qui soignent un mal qui n’existe pas toujours…

En cas de problème avec un véritable cancer (car oui, cela arrive aussi), il y a des méthodes, des solutions, en voici une qui donne des résultats même si elle n’est pas des plus légale…

Dernier point, comme l’expliquait l’article du Brittish Medical Journal, la France n’est pas épargnée par les actes médicaux inutiles, un petit rappel indispensable avec cet opus de Cash Investigation qui traite justement de cela:

Saison 3 Episode 5 : Santé : la loi du marché
Longtemps érigé en modèle, le système de santé français est aujourd’hui au bord de l’asphyxie. En 2014, le trou de la sécurité sociale a atteint plus de onze milliards d’euros, deux milliards de plus que prévu. En quinze ans, la dette des hôpitaux publics a été multipliée par trois. Pour sortir de cette situation catastrophique, une dangereuse course à la rentabilité s’est engagée. Multiplication des actes inutiles mais rémunérateurs, recours aux sociétés d’optimisation, médicaments à l’efficacité contestée : pendant un an, Elise Lucet et l’équipe de «Cash investigation» ont mené l’enquête. Plusieurs reportages mettent en lumière des pratiques effarantes, qui plombent le système de santé.

Quant au mouvement du « ruban rose », c’est avant tout une grosse industrie qui brasse un maximum d’argent, et qui pousse au dépistage, comme l’explique l’excellent documentaire du même nom: « L’industrie du ruban rose« .

Réalisé par Léa Pool, ce long métrage documentaire explique comment la réalité dévastatrice du cancer du sein, que les experts en marketing considèrent comme une « cause de rêve », est occultée par la brillante histoire à succès du petit ruban rose. Le cancer du sein est devenu l’enfant chéri du marketing social. Des milliers de gens marchent, courent et consomment pour appuyer la cause. Chaque année, on amasse des millions de dollars au profit de la lutte au cancer du sein. Mais où va réellement tout cet argent et à quoi sert-il exactement?

Une interview sur ce documentaire est également disponible ici pour ceux ou celles souhaitant aller plus loin sur le sujet.